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Friday, September 12, 2014

un régime Dolo-mythique / una dieta Dolo-mítica (#7)



Jour 7: via ferrata Lipella à la Tofana de Roces (3220m) ; D+ 1290m (vf 680m)

Après le succès inattendu de notre expédition au Piz Boé, on a lancé le TRANSITion dans la descente vertigineuse du Pass Pordoï, direction Cd'A et le coeur des Dolomites. On avait envie d'une "vraie" douche, on rêvait d'une nuit au camping, on était bien décidés à prendre un jour de repos. On s'est dit que s'Il en avait pris un après avoir fait le monde en 6 six jours (rien que ça), on avait gagné le nôtre à la sueur de nos fronts. Et s'il tombait un jeudi, qu'à cela ne tienne, on en ferait un dimanche! C'était sans compter sur le passage du col de Falzarego et le petit bar-boutique de souvenirs où l'on a pris le café. Quelques photos jaunies de cimes splendides tout écharpées de brume ont attiré notre attention et nous ont poussés à jeter un oeil à notre guide de ferratas: il y en avait bien une à la Tofana de Roces, à 5km de là ; puis à notre stock d'eau: juste assez pour dîner, petit déjeuner et remplir les camel pour le lendemain. Impossible en revanche de se doucher ou de laver la vaisselle ; puis à nos provisions: un paquet de pâtes, un fond de pesto et une soupe en sachet, du muesli et un yaourt. Okay, comité de crise vite réuni, décision vite prise: pas besoin de descendre à la civilisation ce soir, on peut tenir 24 heures de plus sans douche, épuiser les stocks d'eau et de nourriture, filer la métaphore un peu plus loin et faire une dernière ferrata à la Tofana demain! La pluie viendra bien assez tôt, on s'est dit, il faut en profiter maintenant. Heureux qui comme Icare veut s'approcher trop près du soleil, ou comme l'autre là, qui s'est teint la toison… Enfin, comprend qui peut!
Día 7: via ferrata Lipella a la Tofana di Roces (3220m) ; D+ 1290m (vf 680m)

Tras el éxito inesperado de nuestra expedición al Piz Boé, lanzamos la TRANSITion por el descenso vertiginoso del Paso Pordoï, rumbo a Cd'A y el corazón de las Dolomitas. Nos moríamos por una ducha de las "de verdad", soñábamos con una noche en un camping, teníamos bastante decidido tomar un día de reposo. Si Él se tomó un descanso después de hacer el mundo en seis días (ni más ni menos) nosotros nos habíamos ganado el nuestro con el sudor de las frentes. Y que no fuera porque caía en jueves, lo íbamos a tomar como domingo igualmente! Pero no contábamos con el paso por Falzarego y su pequeño bar-tienda de souvenirs donde tomamos el café. Unas cuantas fotos amarillentas de cimas espléndidas con la niebla por bufanda llamaron nuestra atención y ojeamos de nuevo nuestra guía de ferratas: resultó que había una en la Tofana de Roces, a 5 km de allí ; luego le echamos un vistazo a nuestra reserva de agua: lo justo para cenar, desayunar y rellenar cantimploras para el día siguiente. Eso sí, nada de ducha o de lavar los platos; luego revisamos las provisiones: un paquete de pasta, un fondo de pesto y un sobre de sopa, muesli y un yogurt. El comité de crisis en reunión urgente tomó una decisión: no hay necesidad de bajar esta noche a la civilización, podemos aguantar 24 horas más sin ducha, agotar las reservas de agua y comida, llevar la metáfora un poco más lejos y hacer una última ferrata a la Tofana mañana! La lluvia llegará pronto, nos dijimos, hay que aprovechar y hay que hacerlo ahora. Boscán, tarde llegamos. ¿Hay posada…? ¡Bueno, entienda quien pueda!
On est montés se garer, dîner tôt et dormir à côté du refuge Dibona (mais ssht! c'est interdit de camper). Au pied de l'imposante Tofana, les regards perdus entre les silhouettes magiques des sommets environnants: Nuvolau, Averau et Cinque Torri, on a laissé le soleil se coucher tranquille. Juste au-dessus de la côte 2000, la nuit a été fraîche! On s'est levés avec l'aurore, histoire de pouvoir monter les 1290m de dénivelé de l'excursion, passer par le sommet si les conditions nous le permettaient et avaler le maximum de la descente avant que le temps ne se casse la gueule, pour de bon, histoire d'être à l'abri - ou du moins tirés d'affaire - quand la pluie arriverait. En une grosse heure, on a fait l'approche, bordant au pied le versant sud de la Tofana jusqu'à l'entrée de la galerie Castelletto, point de départ de la ferrata et autre vestige impressionnant de la Grand Guerre.
Subimos para aparcar, cenar pronto y dormir cerca del refugio Dibona (pero ssht! se ve que está prohibido acampar!). Al pie de la imponente Tofana, con las miradas perdidas entre las siluetas mágicas de las cimas de alrededor: Nuvolau, Averau y Cinque Torri, dejamos al sol ponerse plácidamente. Justo por encima de la cota 2000, la noche fue fresquita. Nos despertamos con el alba, para poder subir los 1290m de desnivel de la excursión, pasar por la cima si las condiciones lo permitían, hacer la mayor parte de la bajada antes que el tiempo se pusiera feo de verdad, y estar a buen recaudo o, al menos fuera de peligro, para cuando llegara la lluvia.  En una hora larga, hicimos la aproximación, bordeando por el pie la arista sur de la Tofana hasta la entrada de la galería Castelletto, punto de salida de la ferrata y  otro vestigio impresionante de la Gran Guerra.
Les frontales allumées dès la fin des deux échelles rouillées, on est montés presqu'à tâtons le long d'un étroit tunnel au marches irrégulières, percé ici et là de petites fenêtres laissant entrer le froid humide et la lumière terne d'un jour déjà en train de se couvrir. Un peu après 9 heures, on sortait à l'air libre juste derrière l'arête ouest de la Tofana, pour découvrir un paysage minéral et grandiose de tours, d'éboulis, de pierriers et de crêtes invraisemblables. Plafond bas, vent poussant des nuages noirs (qui viennent du Nord), froid de plus en plus mordant.
Con los frontales encendidos al final de las escaleras oxidadas por las que se accedía a la galería,  subimos casi a tientas por un túnel estrecho interrumpido aquí y allá por pequeñas ventanas que dejaban entrar el frío húmedo y la luz apagada de un cielo que ya se estaba tapando. Un poco después de las nueve, salíamos al aire libre justo detrás de la arista oeste de la Tofana, para descubrir un paisaje mineral y grandioso de torres, de cantizales y crestas inverosímiles. Un cielo aplastado por las nubes, cada vez más negras, y el frío cada vez más mordaz.
En fait de via ferrata longue mais relativement facile (un 2 sur 5 raisonnable dans le plus mauvais guide de ferratas jamais publié!!!), de courts passages de roches décomposée et friable protégés par un vieux câble à moitié détressé, alternant avec de longues sections de sentier exposé et difficile au bord du vide, à flanc d'éboulis ou carrément sur des névés (bien sûr, on marche maintenant orientés plein Nord-Ouest, à l'ombre)… Un faux pas pourrait être fâcheux, deux faux pas pourraient être fatals! Heureusement, avertis que les 200m d'arête sous le sommet pouvaient être enneigés, on a pris avec nous 25m de corde et un piolet, qui ont servi plus d'une fois… Presque deux heures ont passé: les vires et les terrasses rocailleuses orientées plein Nord se succèdent, entrecoupées de goulets où l'eau de fonte des neiges s'écoule et se fige en cascades et stalactites, rendant la progression sinon difficile, au moins désagréable.
En lugar de la via ferrata larga pero fácil (un razonable 2 sobre 5 en la peor guía jamás publicada!!!), nos encontramos con pasajes cortos de roca descompuesta y friable protegidos por un viejo cable deshilachado, alternando con secciones largas de sendero expuesto y difícil al filo del vacío, bordeando los cantales o claramente en neveros (por supuesto, andábamos ahora por el lado Noroeste, a la sombra…). Un paso en falso podría tener consecuencias desagradables, dos podrían ser fatales! Por suerte, veníamos avisados de que los 200 m de arista bajo la cima podían estar nevados, y llevábamos en la mochila 25 m de cuerda y un piolet, que ya nos habían sido de utilidad en alguna otra ocasión… Pasaron casi dos horas: las fajas y las terrazas rocosas orientadas hacia el Norte se sucedían, entrecortadas por canales donde el agua fundida de las nieves se escurre y solidifica en cascadas y estalactitas, haciendo la progresión sino difícil, sí por lo menos desagradable.
Plus on monte, plus le temps se gâte, la ligne de vie de la ferrata est gelée et alors qu'on commence à réaliser qu'on est trop montés pour pouvoir faire marche arrière, il se met à neiger. La fin d'une très belle série de beaux jours (six!) et on doit maintenant se dépêcher de sortir par en haut, pas par le sommet bien sûr, ni par la voie normale qui s'échappe juste au-dessus de la côte 3000m. Heureusement, il y a une autre échappatoire à 2700m, par l'épaule de Tre Ditta et le sentier qui redescend facilement au refuge de Giussani. On finit par y arriver, à Tre Ditta, avec un soupir de soulagement et en regrettant un peu le dernier morceau de ferrata et la belle arête sommitale: avec ce temps, monter à 3200m pour aller piétiner dans de la neige gelée, c'est un peu chercher les coups… Une autre fois peut-être? On va d'un bon pas pour rejoindre le refuge, où on passe 10 minutes en terrasse, juste le temps d'apprécier la vue autour d'un caffè latte et de se faire un nouvel ami*. Puis on redescend facilement au refuge Dibona et au camion, où il ne reste même plus assez d'eau pour faire cuire les pâtes. Comme si ce n'était pas suffisant, la bonbonne de gaz nous a lâchés hier soir et il faut utiliser le mini-brûleur de rando… On peut capituler sans regrets et faire une pause. Règle nº6: quand la vague arrive, il faut la prendre et la tenir. Et règle nº7: rien ne dure éternellement, et surtout pas les vagues!
Cuanto más subíamos, más tonto se iba poniendo el tiempo, la línea de vida de la ferrata estaba congelada y cuando nos dimos cuenta de que ya habíamos subido demasiado como para hacer marcha atrás, se puso a nevar. El final de una serie de (seis!) hermosos días y ahora tenemos que darnos prisa y salir por arriba, no por la cima por supuesto, ni por la vía normal que se escapa justo por encima de la cota 3000m. Afortunadamente, una escapatoria a 2700m, por la loma de Tre Ditta y el sendero desciende fácilmente al refugio de Giussani. Llegamos finalmente a Tre Ditta, suspirando aliviados y un poco arrepentidos de no haber podido disfrutar del último trozo de ferrata y la hermosa arista: con este tiempo, subir a 3200m para empantanar-nos en la nieve congelada, era meterse en la boca del lobo...En otra ocasión quizás? Llegamos a buen paso hasta el refugio donde tomamos un par de cafés calientes el tiempo justo para hacer un nuevo amigo*, y bajar hasta el refugio Dibona y a la furgo, donde no nos quedaba agua suficiente  ni para cocinarnos una pasta. Y como si no fuera suficiente, la bombona de gas nos había abandonado la noche anterior y sólo hay el pequeño fogón de excursión… Podemos capitular sin remordimientos y hacer una pausa. Regla nº6: cuando llega la ola, hay que saberla coger y aguantar. Y regla nº7: nada dura eternamente, y menos que nada las olas!
Et voilà! En une paire d'heures, on est à C. d'A., installés au camping, douchés et propres, les courses sont faites pour les prochains jours, on a bataillé pour trouver une recharge de gaz et en passant par l'Office de tourisme, on a pu récupérer une petite carte touristique de randonnées dans les environs (comprendre, de courtes marches en ligne droite et en courbe de niveau pour rallier un Refuge depuis un téléphérique voire, pour les plus courageux, rallier entre eux deux téléphériques!). C'est bon, la pluie peut s'en donner à coeur joie. Nous, on est préparés et pour ce huitième jour de notre Diète Dolo-mythique, c'est relâche.
Et voilà! En un par de horas, estamos en C. d'A., instalados en el camping, duchados y limpios, la compra para los próximos días en la alacena, dimos unas vueltas hasta dar con una tienda para la recarga de gas, recuperamos incluso un pequeño mapa de excursiones por la zona en la Oficina de Turismo (a saber, pequeños paseos en línea recta sobre la curva de nivel para llegar a un Refugio desde un teleférico y para los más valientes, de teleférico a teleférico!). Ya está bien, puede llover a cántaros si quiere. Ya estamos listos para nuestro octavo día de la Dieta Dolo-mítica, es un buen descanso..


* plus sur cette singulière amitié prochainement... / más acerca de esta singular amistad en breve...


Monday, September 8, 2014

un régime Dolo-mythique / una Dieta Dolo-mítica (#3)

l'entrée en matière... / la entrada en materia...

Jour 3: escalade à Forti di Civezzano (couennes) et... entrée en matière

Comptant sur un jamais deux sans trois météorologique, on avait repéré un beau secteur de couennes près de T., au lieu-dit La V. Parking au pied des voies, orientation sud, au bord d'un ruisseau etc. En un mot: idéa-yllique. Arrivés là la nuit tombée, assez fatigués après une longue journée de ferratas (voir le régime Dolo-mythique #2), on a un peu déchanté. La banlieue La V. aurait mérité de s'appeler La Zone: voitures brûlées, blocs d'immeubles murés, parkings jonchés de bouteilles cassées et de traces de pneus, locaux qui nous regardent de travers et qui jouent des phares sur notre passage. Parmi les infos du topo trouvé sur internet, on a relu ce conseil en apparence anodin: ne rien laisser en vue dans les voitures, vols fréquents. Ça a suffi à nous redonner des forces pour conduire une demi-heure de plus, sortir de T. et se planter en pleine montagne pour dormir à l'entrée d'un village dont on ne pourrait pas donner fut-ce l'initiale.

Tout près de là, on a donc changé notre fusil d'épaule pour aller transpirer un peu et tirer d'un sommeil millénaire le petit secteur de Forti de Civezzano. En descendant dans un vallon boisé par un sentier presque disparu, on a eu la sensation d'être les explorateurs qui re-découvrirent les temples d'Angkor. Sur des parois couvertes de mousse et de lierre, ruisselant d'humidité, on a cherché quelques parabolts inox et des peintures rupestres indiquant sans équivoque le départ de voies oubliées: C'È CHI DICE NO o LADRI DI SPIT BASTARDI. En fait, comme souvent, on exagère un peu: les secteurs principaux étaient encore équipés de frais et le pied de falaise confortable. Très belle petite barre calcaire style Gelida, verticale et déversante, avec de belles fissures et des pas de bloc sur gros bacs, mais un caillou à peine touché: même les plus petites prises tiennent super bien. Un régal. Les avant-bras ont chauffé assez vite, le soleil cognait malgré les arbres et on a tiré notre révérence après 5 voies courtes mais explosives. Juste assez pour avoir envie d'une douche au grand air…
Día 3: escalada deportiva en Forti di Civezzano y entrada en materia

Confiando en que no hay nunca dos sin tres, para el tiempo también, habíamos encontrado un bonito sector de deportiva cerca de T., en la localidad de La V. Parking a pie de vía, orientación sur, al borde de un arroyo, etc. En una palabra: idea-dílico. Llegamos allí, bien entrada la noche,  después de un largo día de ferratas (ver dieta Dolo-mítica #2) y fue una estrepitosa decepción. Los arrabales de La V. deberían llamarse La M: coches incendiados, bloques de pisos clausurados, parkings alfombrados de botellas rotas y derrapadas de coches robados, fauna local que nos mira de reojo y hace señales de luces a nuestro paso. Releyendo la reseña encontrada por internet, nos paramos en un detalle aparentemente anodino: no dejéis nada a la vista en los coches, los robos son frecuentes. Esto fue suficiente para darnos ánimos y conducir media hora más, salir de T. y parar en plena montaña, a la entrada de un pueblo de cuyo nombre no podríamos dar ni la inicial. 

Bien cerca de allí, cambiamos de chaqueta para ir a sudar un poco y despertar de su letargo el pequeño sector de Forti de Civezzano. Bajando por el sendero casi desaparecido de una boscosa cañada, nos sentimos como exploradores re-descubriendo los templos de Angkor. Sobre las paredes cubiertas de musgo y yedra, que chorreaban de humedad, buscamos algunos parabolts y pinturas rupestres que nos indicaron inequívocamente la salida de estas vías olvidadas: C'È CHI DICE NO o LADRI DI SPIT BASTARDI. De hecho, como suele pasar, estamos exagerando un poco: los sectores principales habían sido equipados recientemente y el pie de vía era bastante cómodo. Una pequeña linda pared de caliza al estilo Gelida, vertical y desplomada con sensuales fisuras y pasos de bloque sobre grandes salientes, pero una roca apenas escalada: incluso las presas más pequeñas aguantaban super-bien. Un caramelo. Los antebrazos calentaron bastante rápido, el sol nos sacudía bien a pesar de los árboles así que hicimos una reverencia después de 5 vías cortas pero bastante explosivas. Lo justo para tener ganas de una ducha al fresco…
Dans l'après-midi, on a roulé vers les Dolomites et avant d'entrer dans le vif du sujet, on a fait une pause à Z. pour y visiter le magasin d'usine et l'outlet du magasin d'usine de LaSportiva, fleuron de l'industrie locale et orgueil de la vallée. "Made in Val di Fiemme dal 1928" est la devise du coin. Les chaussures d'approche de Wallis, achetées pour l'occasion (pas qu'on soit des consommateurs forcenés, mais il lui en fallait absolument depuis longtemps déjà), sont fabriquées en… Chine! et la principale préoccupation de la marque semble être le choix des couleurs de sa prochaine collection. Je ne sais plus qui écrivait que le marketing d'un produit coûte actuellement environ 10 fois plus cher que le produit lui-même, mais ici, à Z. on est sûrs que c'est vrai!

Heureusement la journée s'est achevée pas loin de M. à l'entrée des grandes Dolomites, entourés de sommets exubérants et de panneaux "UNESCO World Heritage". Ici aussi, le marketing fait rage et les sentiers battus sont difficiles à éviter. Tout est méthodiquement organisé pour que le randonneur/campeur/visiteur/alpiniste consomme, paye et raque… Mais bon, qu'est ce qu'on pouvait attendre d'un endroit aussi (dolo)mythique? Et ce n'est qu'un début. Règle nº3: "veiller à ne pas prendre la lanterne du bon Dieu pour la vessie d'un canard sauvage".
A lo largo de la tarde, circulamos hacia las Dolomitas y antes de meter las manos en la masa, hicimos una pausa en Z. para visitar la tienda de fábrica de LaSportiva, la flor y nata de la industria local y el orgullo del valle. "Made in Val di Fiemme dal 1928" es el lema del lugar. Las botas de aproximación de Wallis, compradas para la ocasión se fabrican en...China! (no es que seamos consumidores empedernidos, pero Wallis necesitaba unas botas para andar ya). La principal preocupación de la marca parece ser la elección de los colores de su próxima colección. Ya no me acuerdo de quien era que escribía que el marketing de un producto cuesta hoy en día alrededor de 10 veces lo que el producto en sí, pues aquí, en Z. estamos absolutamente convencidos de que es así! 

Por suerte el día concluyó no muy lejos de allí, en M., a la entrada de las grandes Dolomitas, rodeados de cimas exuberantes y de carteles de "Patrimonio Mundial de la UNESCO". Aquí también, el marketing hace estragos y los caminos trillados son difíciles de evitar. Todo está metódicamente organizado para que el excursionista/acampante/visitante/alpinista consuma, pague y apechugue…Bueno, qué nos esperábamos de tan (dolo)mítico lugar? Y esto no es más que el comienzo. Regla nº3: "tener cuidado de que no les vendan gatos por churras o liebres por merinas".



Sunday, September 7, 2014

un régime Dolo-mythique / una Dieta Dolo-mítica (#2)



Jour 2: vias ferratas Rio Sallagoni (D+ 210m) et Monte Albano (D+ 420m, f 290m)

Pour ce deuxième jour ensoleillé (comprendre "où il ne pleuvait pas à torrent"), on avait pensé faire la Che Guevara au Monte Casale, une ferrata classique du coin. Seulement voilà, le temps était incertain et se lancer de but en blanc dans 7-8 heures de montée exposée et descente réputée difficile nous paraissait un peu téméraire (comprendre "stupide"). On a donc préféré opter pour deux ferratas plus courtes: une première le matin et si le temps tenait bon, l'autre pour l'après-midi… On a découvert depuis que les critères de durée, d'engagement et de difficulté du guide de via ferrata qu'on a acheté étaient discutables (comprendre "assez obscurs pour ne pas dire grotesques") et que rien ne s'y avérait être vraiment ce qu'il promettait… On y reviendra plus tard.

La ferrata du Rio Sallagoni est courte et amusante, plutôt facile en dépit des hurlements d'un enfant envoyé derrière nous par ses parents (les salauds!) et dont les pieds ne touchaient pas les barreaux métalliques tandis qu'il pendouillait tristement de ses longes tendues, incapable d'en clipper et déclipper les mousquetons. Bref, il y a des fois où les vacances sportives en famille tournent court. Pour ne pas dire au drame. Tant pis pour eux, nous on s'est bien amusés. La ferrata se déroule dans un canyon que l'on remonte à quelques mètres au-dessus de l'eau, tout en parois bombées, en reflets du soleil et en glou-glous charmants. Elle est intéressante pour la perspective qu'elle offre sur ce petit canyon luxuriant, mais aussi pour la queue de 30-40 personnes qui s'était formée à l'entrée alors qu'on redescendait à pied vers le parking. Sortis assez tôt, on a progressé loin du tumulte et de la foule, et on a adoré les deux ponts suspendus et les vues sur ce trou de verdure où chante une rivière, à croire que Rimbaud connaissait le coin… Avec encore des airs de paradis perdu et vierge, quelques vasques invitaient au bain, qui n'avaient rien à envier à celles de la sierra de Guara. On a donc craqué et Futuna nous a joué un remake de la pub' Tahiti douche, sans transiger sur les consignes de sécurité pour autant. Règle nº2: "rafraîchis-toi chaque jour avec quelque chose de neuf" (au sens propre comme au sens figuré).

Vite plié, on a filé vers le Monte Albano et son sanctuaire kitsch avec aire de pique-nique et secteur de bloc, où on a avalé nos sandwiches et pris un peu le frais avant d'attaquer le parcours en plein sous le soleil de 13 heures! La face rocheuse du Monte Albano est parcourue par une via ferrata classée 5 mousquetons sur 5 dans notre guide, autrement dit: "très difficile". Elle était réputée physique, verticale, déversante, à bras et exposée. On s'est dit que si on la faisait, on saurait à quoi s'en tenir pour le reste du bouquin et pour les vias plus alpines des Dolomites… Arrivés au départ, un couple d'allemands assis sur un tronc regardait fixement la ligne de vie, amarrée à environ 4 mètres du sol. Lui, fumant nerveusement une cigarette, elle refaisant una y otra vez les lacets de ses chaussures… Ils nous ont gentiment invités à passer devant, car ils "voulaient y réfléchir un peu" (sic.). Wallis a donc escaladé tranquillement le court dièdre qui la séparait du premier point d'attache, suivie par Futuna, avant de remonter en sifflotant une première section assez raide. Quand on a tourné la tête et regardé en bas, ils étaient partis… Bref, tout ce matériel neuf acheté pour rien. À part ça, c'est une ferrata agréable, avec une vue magnifique et des passages exposés très beaux et, euh, exposés. La ligne qui remonte toute la paroi est naturelle et les ajouts de ferraille sont limités au strict minimum, ce qui rend indispensable de jouer avec les prises naturelles du caillou, un calcaire tricolore de toute beauté, avec les colonnettes et sculptures en gouttes d'eau de rigueur. Bref, c'est vrai que ça réveille un peu plus que celle du Rio Sallagoni, mais 5 mousquetons, faut pas exagérer.

Vite fait bien fait, mais un peu fatigués quand même, on a repris le TRANSITion! et mis le cap au nord, non sans s'arrêter goûter l'eau de la piscine municipale de R., sa douche chaude et son caffè latte (soluble). On a dormi pas loin de T., mais c'est déjà une autre histoire...
Día 2: vías ferratas Rio Sallagoni (D+ 210m) y Monte Albano (D+ 420m, f 290m)

Para este segundo día soleado (léase "día en qué no llovía a cántaros"), pensamos en hacer la vía Che Guevara al Monte Casale, una ferrata clásica del lugar. Sólo que, bueno, el tiempo no era muy estable y tirarse con los ojos vendados a 7-8 horas de subida expuesta y descenso con fama de difícil nos parecía un poco temerario (léase "estúpido"). Preferimos pues optar por dos ferratas más cortas: una por la mañana y otra por la tarde. Descubriríamos más tarde que los criterios de duración, compromiso y dificultad de la guía nuestra de vías ferratas eran discutibles (léase "bastante crípticos por no decir grotescos") y que nada resultaba ser realmente lo que prometía… Volveremos más tarde a este tema. 

La ferrata de Rio Sallagoni es corta y divertida, más bien fácil a pesar de los gritos de un niño al que mandaron sus padres tras nuestro (los sinvergüenzas!) y al que no le llegaban los pies a los barrotes metálicos, con lo que colgaba tristemente de las cintas incapaz de chapar o deschapar los mosquetones. En fin, en ocasiones las vacaciones deportivas familiares terminan como el rosario de la Aurora. Por no decir en pequeños dramas. La ferrata avanza por un cañón que remontamos algunos metros por encima del agua, entre paredes abombadas, reflejos de sol y gluglús cautivadores. Es interesante por la perspectiva que ofrece de este pequeño y exuberante cañón, pero también por la cola de 30-40 personas que se había formado en la entrada cuando bajábamos a pie hacia el parking. Habiendo salido bastante pronto, progresamos por la vía lejos del tumulto y la muchedumbre y nos encantaron los dos puentes suspendidos y las vistas a ese hoyo de verde donde canta un río, como si Rimbaud conociera el lugar… Aún con aires de paraíso perdido y virgen, algunas pozas invitaban a bañarse y no tenían nada que envidiar a las de la sierra de Guara. Entonces fue cuando caímos en la tentación y Futuna nos hizo un insólito remake del anuncio de gel de ducha Tahiti, sin saltarse las recomendaciones de seguridad. Regla nº2: "refrescarse con algo nuevo cada día" (en sentido literal como figurado).

En un pispás, estábamos de camino al Monte Albano y su santuario kitsch con área de picnic y un sector de bloque, donde nos zampamos los bocadillos y tomamos el fresco un rato antes de atacar el itinerario bajo un sol de justicia a la una del mediodía! La cara rocosa del Monte Albano es recorrida por una via ferrata clasificada con 5 sobre 5 mosquetones en nuestra guía, dicho de otro modo: "muy difícil". Supuestamente iba a ser física, vertical y desplomada, requiriendo fuerza de brazos y es expuesta. Pensamos que si podíamos hacer esta, ya sabíamos lo que nos esperaba para el resto del libro y para las vías más alpinas en las Dolomitas… Cuando llegamos al inicio de la vía, una pareja de alemanes sentados sobre un tronco miraba fijamente la línea de vida, que empezaba a unos 4 metros del suelo. Él fumando un cigarrillo nerviosamente, ella atándose una y otra vez los cordones de las botas… Nos invitaron amablemente a pasar delante suyo, ya que "querían pensárselo un poco" (sic.) Entonces Wallis escaló tranquilamente el corto diedro que le separaba del primer punto de anclaje, seguido por Futuna, antes de subir silvando por una primera sección bastante empinada. Cuando giramos la cabeza para echar un vistazo hacia abajo se habían ido… En fin, tanto material nuevo comprado pa' na'. A parte de esto, es una ferrata agradable, con unas vistas magníficas y tramos expuestos muy bonitos y ejem, expuestos. La línea que sube por la pared es bastante natural y el herraje añadido es estrictamente el mínimo, lo que hace indispensable jugar con las presas naturales de la roca, una caliza tricolor preciosa, con las chorreras y esculturas en gotas de agua que le corresponden. Total, es verdad que despierta un poco más que la del Rio Sallagoni, pero 5 mosquetones, tampoco hay que exagerar.

Fue coser y cantar, pero cansaditos igualmente cogimos el TRANSITion! y salimos rumbo al norte, no sin haber probado el agua de la piscina municipal de R., su ducha caliente y su caffè latte (de máquina). Dormimos a las afueras de T., pero eso ya es otra historia...



Saturday, September 6, 2014

un régime Dolo-mythique / una dieta Dolo-mítica (#1)


La rentrée arrive, l'automne aussi (tiens, c'est drôle, on n'a pas vu passer l'été…)! Puisque la traditionnelle opération bikini n'est pas vraiment à l'ordre du jour, on vous propose notre régime Dolo-mythique de (re)mise en forme: 



Jour 1: longue voie au Piccolo Dain: "le stranie voglie di Amelie" (250m ; V+)

Un samedi matin qui ne payait pas de mine, le soleil est revenu sans préavis. Ça tombait bien, on était à Sarche, au pied du Piccolo Dain, avec les sacs préparés et une escalade en vue. Règle numéro 1 de notre régime: même si la météo annonce de la pluie, toujours avoir un objectif défini, les sacs préparés, un topo griffonné sur un bout de papier et un réveil réglé sur 6h (montagne) ou 7h (escalade). On est toujours à temps de pousser le volet et regarder le ciel, comme disait ce cher St John Perse, puis se rendormir sans regrets s'il fait vilain dehors… Or là, pas un nuage. "La journée sera belle si l'on en juge par cette aube". Il soufflait juste un vent à décorner les boeufs et qui nous faisait douter un peu. On en a discuté avec un grimpeur local qui nous a dit d'y aller. On l'a écouté, on a bien fait.

Le petit déjeuner vite avalé et la promesse d'une belle journée en perspective, on a garé le TRANSITion derrière le stade et on est montés à travers bois par un sentier très raide, puis le long d'une vire abrupte avec quelques cordes fixes pour donner confiance. On a remonté un pierrier en tirant à vue vers ce qu'on pensait être le pied de voie et en 50 minutes environ, on était au départ de "Le stranie voglie di Amelie", en français: les désirs bizarres d'Amélie… Facile et très agréable, c'est une voie très bien équipée (parfois trop) mais de philosophie classique. En effet, elle remonte tout au long du bord sud-est du Piccolo dain, cherchant la ligne de faiblesse et évitant les principales difficultés de la paroi. On évolue d'abord par une série de dièdres et de terrasses (L1, L2 et L3, V), puis sur une magnifique dalle couchée rayée d'une fissure évasée (L4 et L5, V+) assez surprenante et toujours facile. Le meilleur de la voie se fait désirer, puisque L6 et L7 (V mais beaucoup plus aériennes) sortent de l'arête et débouchent sur la face en longeant au plus près les gros toits juste sous le somment. La première sortie sur la face au milieu de la L6 est facile mais exposée et spectaculaire, tandis que le relais de la L7 est un nid suspendu à plus de 300 mètres des arbres et 500 du plancher des vaches! Il vaut son pesant de gaz et on referait la voie rien que pour sentir l'estomac qui se noue sur des longueurs pourtant sans aucune difficulté… La L8, longue d'une dizaine de mètres, ne vaut que pour s'échapper, rejoindre le sentier de descente et pouvoir enfin enlever les chaussons. En résumé: une petite heure d'approche, deux heures et demie de plaisir dans la voie, en alternant les longueurs en tête et une grosse heure de descente.

En prime, on a eu droit à un déjeuner, un café et une douche au soleil du début d'après-midi, sur le parking désert du stade, avant d'aller flâner au pied du Monte Casale pour chercher un petit secteur d'escalade qu'on n'a jamais trouvé. Dans une vieille carrière abandonnée, un fauteuil à moitié bouffé par l'humidité et un parapluie d'aspect neuf ont attiré notre attention: en apparence abandonnés là par hasard, leur orientation ne laisse pourtant pas place au doute: il doit y avoir à Sarche un Dharma Bum local coutumier de la contemplation silencieuse...
Empieza el curso, el otoño también (ahora que lo pienso, no hemos tenido prácticamente verano…)! La tradicional operación bikini no está ya a la orden del día, así que os proponemos nuestra dieta Dolo-mítica para la (re)puesta en forma:



Día 1: vía larga en el Piccolo Dain: "le stranie voglie di Amelie" (250m ; V+)

Un sábado cualquiera por la mañana, el sol volvió sin previo aviso. Nos iba perfecto, pues nos encontrábamos en Sarche, al pie del Piccolo Dain, con las mochilas preparadas y una escalada en el planín. Regla número 1 de nuestra dieta: incluso si la previsión meteorológica anuncia lluvia, hay que tener siempre algún tipo de objetivo en mente, las mochilas preparadas, la reseña esbozada en algún trozo de papel y el despertador programado a las 6h (trekking) o a las 7h (escalada). Siempre estamos a tiempo de abrir las ventanas y mirar el cielo, como decía St John Perse, y volver a la cama sin remordimientos si hace mal tiempo ahí fuera… Pues ahí fuera, no había ni una nube. "El día será bueno a juzgar por este alba". Soplaba sólo un viento de mil demonios que nos hacía dudar un poco. Comentamos brevemente la cuestión con un escalador local que nos animó a subir sin problema. Hicimos bien de hacerle caso.

Un rápido desayuno y la promesa de un buen día en perspectiva, aparcamos la TRANSITion detrás de un polideportivo y subimos a través del bosque por un sendero muy empinado. Luego reseguimos una terraza abrupta asegurada con algunas cuerdas fijas. Subimos por una tartera a ojo hacia lo que pensábamos que era el pie de vía y en unos 50 minutos más o menos, estábamos en el inicio de "Le stranie voglie di Amelie", en castellano: Los curiosos antojos de Amélie... Sencilla y muy agradable, es una vía muy bien equipada (demasiado en ocasiones) pero que se desarrolla como si fuera una vía clásica. De hecho, sube a lo largo del borde suroeste del Piccolo dain, buscando la línea de las debilidades y evitando los principales desafíos de la pared. La vía empieza progresando por una serie de diedros y terrazas (L1, L2 y L3, V), y luego por una magnífica placa tumbada rasgada por una fisura ensanchada (L4 y L5, V+) bastante sorprendente e igualmente fácil. Sin embargo, lo mejor de la vía se hace esperar hasta los largos L6 y L7 (V pero mucho más expuestos) que salen de la arista y desembocan en la cara principal de la pared, resiguiendo de cerca unos grandes techos justo debajo de la cima. La primera salida a la cara principal de la pared a mitad del L6 es un tramo relativamente fácil pero expuesto y espectacular, mientras que la reunión del largo L7 es un nido suspendido a más de 300 metros de los árboles y a 500 del prado donde pastan las vacas! Vale su peso en aire y recomendaríamos la vía aunque sólo sea para sentir como el estómago se va haciendo pequeño largo tras largo sin ser para nada difícil el ascenso… El L8, un largo de poco más de una decena de metros, es simplemente el largo necesario para salir a buscar el camino de descenso y poderse quitar por fin los pies de gato. En resumen: algo menos de una hora de aproximación, dos horas y media de placer en la vía, alternando los largos de primero y una hora larga de bajada.

Como bonus, nos ganamos la comida, un café y una ducha al sol de sobremesa, en el parking (desértico) del polideportivo, antes de ir a gandulear al pie del Monte Casale para buscar un pequeño sector de escalada que nunca llegamos a encontrar. En una vieja cantera abandonada, llamaron nuestra atención una butaca roída por la humedad y apoyado en ella un paraguas que tenía pinta de nuevo: parecían abandonados allí por casualidad y sin embargo la forma en cómo estaban colocados no dejaba lugar a dudas. Tiene que haber en Sarche un Dharma Bum local aficionado a la contemplación silenciosa...