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Monday, September 15, 2014

un régime Dolo-mythique / una dieta Dolo-mítica (#10)


Jour 10: via ferrata delle scalette à la Torre di Doblin (2615m, D+ 390m) et
via ferrata De Luca-Innerkofler au Monte Paterno (2740m, D+ 525m)


Après que le Saint-Pierre local nous a ouvert les portes de son paradis minéral - non sans lâcher au passage deux blagues douteuses sur l'Espagne, la crise et sa surprise de voir fonctionner notre carte de crédit - on a suivi la fameuse route mal asphaltée qui serpentait à travers champs (élysées) pour déboucher trop vite sur un parking digne d'un bon centre commercial de province, pour ne pas dire du parc Walibi-Schtroumpf (le bonheur à quelques kilomètres de Longwy). Il y avait là tout ce que l'Allemagne, l'Autriche, la Suisse et l'Italie comptent de coupés Mercedes, de Jaguar et de SUV BMW de mauvais goût, mais aussi le club hollandais des amis du coupé Mazda, la section munichoise des IDHD (Infortunés Détenteurs de Harley-Davidson) et même deux Aston Martin de provenance inconnue, étonnamment garés tout autour du refuge Auronzo, selon une loi tacite de proportionnalité inverse de leur distance à la porte en relation à leur prix. Pour ce qui est de la plèbe et donc à deux ou trois cents mètres de là, des hordes de beauf's gesticulants et bruyants s'affairaient parmi les troupeaux de leurs autobus fumants et grondants, qui avec ses bâtons télescopiques de marche nordique, qui avec son téléobjectif gros comme un saucisson à l'ail, qui, enfin, mouette parmi les mouettes, essayant de se faire passer pour Kilian Jornet… en vain. Juste derrière les autobus, enfin, reléguée tout au fond du parking, à l'abri des regards dédaigneux, la zone réservée aux camper-vans et autres camping-cars. Gratuite, plane et confortable, bénéficiant de vues à couper le souffle sur le Monte Piana, le groupe des Cadini et la face sud des Tre Cime (dont seules deux sont visibles) cette aire autorisée est sans aucun doute la plus luxueuse que nous ayons vue en deux mois en Italie! Une fois installés et non sans avoir salué nos voisins (un couple charmant de retraités allemands de Brème et un groupe de grimpeurs catalans) on a donc remonté, à pied, toute l'échelle sociale jusqu'aux Aston Martin, pour aller prendre un capuccino bien mérité au refuge Auronzo. En fait de refuge, il s'agit plutôt d'un hôtel Ibis déguisé, avec restaurant self-service à salon panoramique, boutique de souvenirs: un festival de cartes postales kitsch, porte-clefs piolets ou edelweiss et autres marmottes siffleuses en peluche… Dès que le filtre pour accéder à la montagne n'est plus la durée de la marche d'approche mais le prix du péage, on s'expose à ce genre de théâtre de variétés. "Ça fait vivre les vallées" et "C'est ce que veulent les gens"... Pour rentabiliser au maximum nos 24 heures dans le parc à thème, on a décidé d'aller dormir tôt et de se lever avant la foule pour essayer de faire deux "petites" ferratas autour des Tre Cime le lendemain. Il faut dire qu'au soir du jour 9, on commençait à bien sentir la fatigue. Sitôt dit, sitôt fait, douche tchèque, joli coucher de soleil, soupette de légumes de saison au speck et au lit.
Día 10: via ferrata delle scalette a la Torre di Doblin (2615m, D+ 390m) y
 via ferrata De Luca-Innerkofler al Monte Paterno (2740m, D+ 525m)


Después de que el San Pedro local nos abriera las puertas de su paraíso mineral - no sin soltar antes un par de bromas acerca de España, la crisis y su sorpresa al ver que nuestra tarjeta bancaria funcionaba - continuamos por la famosa carretera mal asfaltada serpenteando a través de campos (elíseos) para ir a dar enseguida a un parking digno de un gran centro comercial de provincia, por no decir que se parecía al gran parque de los Pitufos. Parecía una convención de coches deportivos Alemanes, Austríacos, Suizos e Italianos: Mercedes, Jaguar y SUV BMW de mal gusto, el club holandés del Mazda coupé, la sección muniquesa de DPHD (Desafortunados Propietarios de Harley-Davidson) e incluso dos Aston Martin de origen desconocido,  todos ellos aparcados sorprendentemente cerca, casi cercando el refugio de Auronzo, según una tácita ley de proporcionalidad inversa entre la distancia de la puerta y el precio del vehículo. En lo que respecta a la plebe, dos o trescientos metros más allá, hordas de ciudadanos medios, conservadores y sin amplitud de miras (que si no fuera porque estamos en Italia los llamaríamos sencillamente "españolitos de a pie") se agitaban escandalosos entre los autobuses humeantes y ruidosos, cada cual su locura: unos con palos telescópicos de marcha nórdica, otros con teleobjetivos gordos como salchichones, y los más gaviotas  pretendían con sus vestimentas de marca  hacerse pasar por Kilian Jornet… en vano. Justo detrás de los autobuses, relegada al fondo del parking, protegida de las miradas desdeñosas, la zona reservada a las furgonetas camper y similares. Gratuita, plana, cómoda y con excelentes vistas al Monte Piana, el grupo de los Cadini y a la cara sur de las Tre Cime. Éste era, sin asomo de duda, el más lujoso jardín que habíamos tenido en dos meses por Italia! Una vez instalados, no sin antes haber saludado a los vecinos (una amable pareja de alemanes de Bremen y un grupo de escaladores catalanes) subimos a pie por la escala social hasta los Aston Martin, para ir a tomar un capuccino en el refugio. De hecho, más que un refugio es un hotel Ibis disfrazado, con restaurante self-service, salón con vistas y tienda de souvenirs: un festival de postales kitsch, llaveros en forma de piolets, flor de edelweiss o marmotas de peluche silbadoras… A la que el filtro para llegar a la montaña deja de ser el tiempo que hay que andar para pasar a ser el precio del peaje, uno se expone a este espectáculo de circo, "Esto da vida a los valles" y "Es lo que quiere la gente", y lo que quieran. Para rentabilizar al máximo nuestras 24 horas en el parque temático, decidimos ir pronto a la cama y levantarnos antes que la muchedumbre para intentar hacer un par de ferratas al día siguiente por los alrededores de las Tre Cime. Hay que reconocer que la noche del día 9, empezábamos a sentir la fatiga. Dicho y hecho, ducha checa, puesta de sol, sopa de verduritas a la speck y pa la piltra.
Ferrata delle scalette a la Torre de Doblin: levés avec le soleil, on a laissé le parking à l'heure où les plus courageux de nos voisins se faisaient à peine chauffer le café. Le chemin qui contourne par l'Est les tours de Tre Cime gagne rapidement le petit col et le refuge de Lavaredo et nous conduit en une petite heure au refuge Locatelli, dont la terrasse est une invitation à contempler la face Nord des trois cimes les plus célèbres du panthéon alpin… On en oublierait presque les objectifs du jour. La Torre di Doblin est un petit sommet sans prétention mais très élégant, un belvédère aérien d'où les Tre Cime sont encore plus belles dans la lumière du matin. La ferrata qui remonte toute sa face nord-ouest est en fait la remise au goût du jour de l'itinéraire qui menait, durant la Grande Guerre, des bunkers de la base à l'observatoire d'artillerie situé à son sommet… Là encore, penser à la guerre, aux soldats, à l'hiver, aux combats et au front autrichien sur les crêtes d'en face donne le vertige et la nausée, plus que n'importe quel pas d'alpinisme exposé. L'ascension est raide et le parcours ludique, même si les vestiges de cheminées, murs et plates-formes de bois vermoulu jonchées de barbelé rouillé ne donnent pas particulièrement envie de rire. Si l'arrivée au sommet et le panorama depuis la croix sont merveilleux et magiques, s'en arracher pour redescendre par une autre ferrata en face sud-est, entre éboulis et marches d'escalier taillées grossièrement est un mal nécessaire. On sent le mal aux jambes du dénivelé accumulé en 9 journées actives sur 10. Les courbatures des épaules et du dos tirent, les bretelles des sacs frottent et le soleil qui a réussi à se glisser entre les nuages et entre les vêtements, a laissé quelques morsures ici et là… Le retour au plancher des vaches et au refuge Locatelli est très rapide, et après avoir hésité (la fatigue, décidément, est bien là), on décide de s'offrir quand même le Monte Paterno avant de repartir. Qui sait quand on aura l'occasion de revenir?
Ferrata delle scalette a la Torre de Doblin: despiertos con el sol, dejamos el parking y nos despedimos de los vecinos que, a esa hora, recién se calentaban el café. El camino que rodea por el este las torres de las Tre Cime llega rápidamente a un pequeño paso y nos lleva en poco menos de una hora al refugio Locatelli, donde la terraza es una invitación a contemplar la cara Norte de las tres cimas más célebres del panteón alpino… Pero no nos olvidáramos de los objetivos del día. La Torre de Doblin es una pequeña cima que sin ser pretensiosa tiene una elegancia sin par, un peñasco desde donde las Tre Cime son aún más bonitas con esta luz del alba. La ferrata que sube por la cara noroeste es de hecho un revival de un viejo camino de guerra que iba desde los búnkers a los pies de la torre pies hasta el observatorio de artillería en la cumbre… Una vez más, el pensar en la guerra, en los soldados, el invierno, los combates y el frente austríaco en las carenas del otro lado nos da vértigo y náuseas, más que cualquier paso expuesto haciendo alpinismo. El ascenso es escarpado y el trayecto lúdico, aún sin hacernos especialmente gracias las plataformas de madera carcomida cubiertas con restos de alambradas herrumbrosa, los muros que se desmoronan y las estrechas chimeneas. Si la llegada a la cima y la vista panorámica desde la cruz son mágicas y maravillosas, bajar por otra ferrata en la vertiente sureste es el mal necesario, entre guijarros y escaleras talladas groseramente en la roca. Se nota el cansancio en las piernas del nivel acumulado en los 9 días activos precedentes. Duelen las agujetas en los ombros y la espalda, las tiras de la mochila molestan y el sol que llegó a deslizarse entre las nubes y a través de las ropas dejó alguna que otra tarascada aquí y allá… La vuelta al refugio Locatelli es muy rápida, y después de algunas dudas (el cansancio está definitivamente presente), terminamos por obsequiarnos con el ascenso al Monte Paterno antes de la partida. Al fin y al cabo, quién sabe cuando podremos volver a este lugar?
Ferrata De Luca-Innerkofler au Monte Paterno: depuis le refuge, un sentier évident mène à une galerie (encore une!) de la Grande Guerre et celle-ci monte jusqu'au départ de la ferrata. On s'arrête sur un petit balcon au soleil pour finir nos restes du petit déj': un peu de pain et de speck, une banane et du muesli. Puis on allume les frontales et on attaque calmement la montée, régulière mais franchement raide, dans la galerie. Après une dizaine de minutes, on sort en pleine face Est du Monte Paterno et on suit le tracé évident de la ferrata le long d'un couloir étroit de roche friable. Quelques ressauts d'escalade facile et on rejoint la voie normale à un petit col, où il nous faut faire la queue pour la dernière partie de la montée, partiellement équipée et vraiment exposée. La brume monte très vite et une fois au sommet, on ne voit absolument rien alentour, si ce n'est le gros groupe d'allemands - une vingtaine au bas mot - qui occupe méthodiquement TOUS les rochers plats et confortables du sommet, à grand renfort de sacs à dos, cordes, nappes de pique-nique et étalages d'habits pour marquer leur territoire. On ne traîne pas et on redescend aussitôt, pour tomber sur un couple de retraités, allemands aussi, qui ont le pied peu sûr et l'air terrifiés par la brume… Elle sourit nerveusement et demande de l'aide, lui répète en boucle "tunnel? tunnel? tunnnnnnnnel!!!" en nous dévisageant. On les prend donc avec nous et on les fait descendre jusqu'au col, en leur tenant les pieds dans les ressauts et en leur disant que tout va bien et que le (bout du) tunnel n'est plus très loin. Arrivés au col, on leur montre le panneau qui indique le refuge, la ferrata de descente (si ce n'est pas par là, par où donc sont-ils montés?) et même, tout en bas, l'entrée de leur fameux tunnnnnnel!!! Ils nous saluent avec des mots d'amour et des louanges que nous ne comprenons hélas que grâce au contexte, tandis que nous descendons par la voie normale. Loin d'être facile, celle-ci est raide et exposée sur un très mauvais terrain, mais offre le grand tour du Monte Paterno par le Sud-Est, pour finalement gagner par un vire étroite un petit col d'où l'on retrouve les Tre Cime perdues dans la brume, avant de retourner au Col de Lavaredo en longeant le pied escarpée de la Croda Passaporto. À notre surprise et pour notre grand plaisir, les dernières minutes du circuit se font en rampant dans une mini-galerie aussi oppressante qu'amusante.
Ferrata De Luca-Innerkofler al Monte Paterno: pasado el refugio, un sendero evidente lleva hasta una galería (otra!) de la Gran Guerra y ésta sube hasta el inicio de la ferrata. Nos detenemos en un pequeño balcón al sol para terminar las migas del desayuno: un poco de pan y de speck, un plátano y un poco de muesli. Con las energías repuestas, encendemos los frontales y atacamos la subida sin prisa pero sin pausa, galería adentro. Al cabo de unos diez minutos, salimos a la cara este del Monte Paterno y seguimos lo que parece la traza de la ferrata a lo largo de un pasillo estrecho de roca descompuesta. Algunos resaltos de escalada fácil hasta encontrarnos con la vía normal de subida a la altura de un pequeño cuello donde hay que hacer cola para la última parte de la subida, parcialmente equipada y francamente expuesta. La bruma sube rápidamente y una vez arriba, no se ve absolutamente nada alrededor excepto un grupo numeroso de alemanes  - una veintena por lo menos  - que se distribuyen metódicamente por todas las rocas cómodas de la cima acompañados de notable despliegue de mochilas, cuerdas, chaquetas y manteles de picnic, visiblemente en un intento de asegurar(se) la zona. Así pues, no nos dormimos en los laureles de la cima y nos disponemos a bajar, seguidos ahora de cerca por una pareja de jubilados, alemanes también, con pie poco seguro y al parecer aterrorizados por la niebla. Ella sonríe nerviosamente pidiendo ayuda, y él repite sin parar "tunnel? tunnel? tunnnnnnnnel!!!" con insistencia. Los adoptamos para un trozo del camino, les ayudamos a tomar pie e intentamos tranquilizarles. De vuelta en el pequeño cuello, les mostramos el cartel que indica el refugio, la ferrata de descenso (si no es por allí, por donde deben haber subido?) e incluso más abajo a lo lejos la entrada de su famoso tunnnnnnel!!! Nos saludan con palabras cariñosas y alabanzas que no entendemos más que por el contexto y nos despedimos para bajar por la vía normal, Lejos de ser fácil, la bajada es un terreno empinado y resbaladizo pero la oportunidad para dar una gran vuelta al Monte Paterno por el sureste y luego, bordeando el escarpado pie de la Croda Passaporto llegar por una estrecha cornisa al paso donde se encuentran las Tre Cime escondidas tras la bruma. Para nuestra sorpresa y gran placer, los últimos minutos de este hermosos itinerario circular transcurren reptando por una galería minúscula tan claustrofóbica como divertida.
Retour au plein jour sous la lumière de midi, pour trouver des nuées de mouettes en liberté sur le boulevard entre les refuges Locatelli, Lavaredo et Auronzo. L'arrivée au TRANSITion! se fait au pas de course, un plat de penne rigate au pesto nous remet d'aplomb, et avant que les carrosses ne redeviennent des citrouilles, nous redevenons mortels laissant les portes du paradis se refermer derrière nous… Avec une forte probabilité de pluie pour le jour suivant et les corps qui nous demandent une trêve, on met le cap sur le col de Falzarego et les très photogéniques Cinque Torri pour, peut-être, escalader quelques couennes le lendemain. Pour l'heure, mission J10 accomplie, Buika et Chucho nous bercent sur la route qui redescend vers C.d'A., puis remonte tout en virages vers le col de Falzarego…
De vuelta a la luz del mediodía, nos encontramos con multitudes de gaviotas en libertad por el bulevar que discurre entre los refugios Locatelli, Lavaredo y Auronzo. La llegada a la TRANSITion! a paso de marcha rápida, un plato de penne rigate al pesto que nos trae de vuelta al mundo, y antes de que las carrozas se conviertan en calabazas, nos volvemos mortales dejando atrás las puertas del paraíso que se cierran tras de nosotros… Con una fuerte probabilidad de lluvia al día siguiente y los cuerpos que nos piden una tregua, ponemos rumbo al paso de Falzarego y a las muy fotogénicas Cinque Torri para escalar, si es que nos quedan fuerzas, al día siguiente. Por el momento, misión del día 10 cumplida, Buika y Chucho nos mecen en la carretera de vuelta a C.d'A., y luego zigzagueamos hacia el paso Falzarego…

Friday, September 12, 2014

un régime Dolo-mythique / una dieta Dolo-mítica (#7)



Jour 7: via ferrata Lipella à la Tofana de Roces (3220m) ; D+ 1290m (vf 680m)

Après le succès inattendu de notre expédition au Piz Boé, on a lancé le TRANSITion dans la descente vertigineuse du Pass Pordoï, direction Cd'A et le coeur des Dolomites. On avait envie d'une "vraie" douche, on rêvait d'une nuit au camping, on était bien décidés à prendre un jour de repos. On s'est dit que s'Il en avait pris un après avoir fait le monde en 6 six jours (rien que ça), on avait gagné le nôtre à la sueur de nos fronts. Et s'il tombait un jeudi, qu'à cela ne tienne, on en ferait un dimanche! C'était sans compter sur le passage du col de Falzarego et le petit bar-boutique de souvenirs où l'on a pris le café. Quelques photos jaunies de cimes splendides tout écharpées de brume ont attiré notre attention et nous ont poussés à jeter un oeil à notre guide de ferratas: il y en avait bien une à la Tofana de Roces, à 5km de là ; puis à notre stock d'eau: juste assez pour dîner, petit déjeuner et remplir les camel pour le lendemain. Impossible en revanche de se doucher ou de laver la vaisselle ; puis à nos provisions: un paquet de pâtes, un fond de pesto et une soupe en sachet, du muesli et un yaourt. Okay, comité de crise vite réuni, décision vite prise: pas besoin de descendre à la civilisation ce soir, on peut tenir 24 heures de plus sans douche, épuiser les stocks d'eau et de nourriture, filer la métaphore un peu plus loin et faire une dernière ferrata à la Tofana demain! La pluie viendra bien assez tôt, on s'est dit, il faut en profiter maintenant. Heureux qui comme Icare veut s'approcher trop près du soleil, ou comme l'autre là, qui s'est teint la toison… Enfin, comprend qui peut!
Día 7: via ferrata Lipella a la Tofana di Roces (3220m) ; D+ 1290m (vf 680m)

Tras el éxito inesperado de nuestra expedición al Piz Boé, lanzamos la TRANSITion por el descenso vertiginoso del Paso Pordoï, rumbo a Cd'A y el corazón de las Dolomitas. Nos moríamos por una ducha de las "de verdad", soñábamos con una noche en un camping, teníamos bastante decidido tomar un día de reposo. Si Él se tomó un descanso después de hacer el mundo en seis días (ni más ni menos) nosotros nos habíamos ganado el nuestro con el sudor de las frentes. Y que no fuera porque caía en jueves, lo íbamos a tomar como domingo igualmente! Pero no contábamos con el paso por Falzarego y su pequeño bar-tienda de souvenirs donde tomamos el café. Unas cuantas fotos amarillentas de cimas espléndidas con la niebla por bufanda llamaron nuestra atención y ojeamos de nuevo nuestra guía de ferratas: resultó que había una en la Tofana de Roces, a 5 km de allí ; luego le echamos un vistazo a nuestra reserva de agua: lo justo para cenar, desayunar y rellenar cantimploras para el día siguiente. Eso sí, nada de ducha o de lavar los platos; luego revisamos las provisiones: un paquete de pasta, un fondo de pesto y un sobre de sopa, muesli y un yogurt. El comité de crisis en reunión urgente tomó una decisión: no hay necesidad de bajar esta noche a la civilización, podemos aguantar 24 horas más sin ducha, agotar las reservas de agua y comida, llevar la metáfora un poco más lejos y hacer una última ferrata a la Tofana mañana! La lluvia llegará pronto, nos dijimos, hay que aprovechar y hay que hacerlo ahora. Boscán, tarde llegamos. ¿Hay posada…? ¡Bueno, entienda quien pueda!
On est montés se garer, dîner tôt et dormir à côté du refuge Dibona (mais ssht! c'est interdit de camper). Au pied de l'imposante Tofana, les regards perdus entre les silhouettes magiques des sommets environnants: Nuvolau, Averau et Cinque Torri, on a laissé le soleil se coucher tranquille. Juste au-dessus de la côte 2000, la nuit a été fraîche! On s'est levés avec l'aurore, histoire de pouvoir monter les 1290m de dénivelé de l'excursion, passer par le sommet si les conditions nous le permettaient et avaler le maximum de la descente avant que le temps ne se casse la gueule, pour de bon, histoire d'être à l'abri - ou du moins tirés d'affaire - quand la pluie arriverait. En une grosse heure, on a fait l'approche, bordant au pied le versant sud de la Tofana jusqu'à l'entrée de la galerie Castelletto, point de départ de la ferrata et autre vestige impressionnant de la Grand Guerre.
Subimos para aparcar, cenar pronto y dormir cerca del refugio Dibona (pero ssht! se ve que está prohibido acampar!). Al pie de la imponente Tofana, con las miradas perdidas entre las siluetas mágicas de las cimas de alrededor: Nuvolau, Averau y Cinque Torri, dejamos al sol ponerse plácidamente. Justo por encima de la cota 2000, la noche fue fresquita. Nos despertamos con el alba, para poder subir los 1290m de desnivel de la excursión, pasar por la cima si las condiciones lo permitían, hacer la mayor parte de la bajada antes que el tiempo se pusiera feo de verdad, y estar a buen recaudo o, al menos fuera de peligro, para cuando llegara la lluvia.  En una hora larga, hicimos la aproximación, bordeando por el pie la arista sur de la Tofana hasta la entrada de la galería Castelletto, punto de salida de la ferrata y  otro vestigio impresionante de la Gran Guerra.
Les frontales allumées dès la fin des deux échelles rouillées, on est montés presqu'à tâtons le long d'un étroit tunnel au marches irrégulières, percé ici et là de petites fenêtres laissant entrer le froid humide et la lumière terne d'un jour déjà en train de se couvrir. Un peu après 9 heures, on sortait à l'air libre juste derrière l'arête ouest de la Tofana, pour découvrir un paysage minéral et grandiose de tours, d'éboulis, de pierriers et de crêtes invraisemblables. Plafond bas, vent poussant des nuages noirs (qui viennent du Nord), froid de plus en plus mordant.
Con los frontales encendidos al final de las escaleras oxidadas por las que se accedía a la galería,  subimos casi a tientas por un túnel estrecho interrumpido aquí y allá por pequeñas ventanas que dejaban entrar el frío húmedo y la luz apagada de un cielo que ya se estaba tapando. Un poco después de las nueve, salíamos al aire libre justo detrás de la arista oeste de la Tofana, para descubrir un paisaje mineral y grandioso de torres, de cantizales y crestas inverosímiles. Un cielo aplastado por las nubes, cada vez más negras, y el frío cada vez más mordaz.
En fait de via ferrata longue mais relativement facile (un 2 sur 5 raisonnable dans le plus mauvais guide de ferratas jamais publié!!!), de courts passages de roches décomposée et friable protégés par un vieux câble à moitié détressé, alternant avec de longues sections de sentier exposé et difficile au bord du vide, à flanc d'éboulis ou carrément sur des névés (bien sûr, on marche maintenant orientés plein Nord-Ouest, à l'ombre)… Un faux pas pourrait être fâcheux, deux faux pas pourraient être fatals! Heureusement, avertis que les 200m d'arête sous le sommet pouvaient être enneigés, on a pris avec nous 25m de corde et un piolet, qui ont servi plus d'une fois… Presque deux heures ont passé: les vires et les terrasses rocailleuses orientées plein Nord se succèdent, entrecoupées de goulets où l'eau de fonte des neiges s'écoule et se fige en cascades et stalactites, rendant la progression sinon difficile, au moins désagréable.
En lugar de la via ferrata larga pero fácil (un razonable 2 sobre 5 en la peor guía jamás publicada!!!), nos encontramos con pasajes cortos de roca descompuesta y friable protegidos por un viejo cable deshilachado, alternando con secciones largas de sendero expuesto y difícil al filo del vacío, bordeando los cantales o claramente en neveros (por supuesto, andábamos ahora por el lado Noroeste, a la sombra…). Un paso en falso podría tener consecuencias desagradables, dos podrían ser fatales! Por suerte, veníamos avisados de que los 200 m de arista bajo la cima podían estar nevados, y llevábamos en la mochila 25 m de cuerda y un piolet, que ya nos habían sido de utilidad en alguna otra ocasión… Pasaron casi dos horas: las fajas y las terrazas rocosas orientadas hacia el Norte se sucedían, entrecortadas por canales donde el agua fundida de las nieves se escurre y solidifica en cascadas y estalactitas, haciendo la progresión sino difícil, sí por lo menos desagradable.
Plus on monte, plus le temps se gâte, la ligne de vie de la ferrata est gelée et alors qu'on commence à réaliser qu'on est trop montés pour pouvoir faire marche arrière, il se met à neiger. La fin d'une très belle série de beaux jours (six!) et on doit maintenant se dépêcher de sortir par en haut, pas par le sommet bien sûr, ni par la voie normale qui s'échappe juste au-dessus de la côte 3000m. Heureusement, il y a une autre échappatoire à 2700m, par l'épaule de Tre Ditta et le sentier qui redescend facilement au refuge de Giussani. On finit par y arriver, à Tre Ditta, avec un soupir de soulagement et en regrettant un peu le dernier morceau de ferrata et la belle arête sommitale: avec ce temps, monter à 3200m pour aller piétiner dans de la neige gelée, c'est un peu chercher les coups… Une autre fois peut-être? On va d'un bon pas pour rejoindre le refuge, où on passe 10 minutes en terrasse, juste le temps d'apprécier la vue autour d'un caffè latte et de se faire un nouvel ami*. Puis on redescend facilement au refuge Dibona et au camion, où il ne reste même plus assez d'eau pour faire cuire les pâtes. Comme si ce n'était pas suffisant, la bonbonne de gaz nous a lâchés hier soir et il faut utiliser le mini-brûleur de rando… On peut capituler sans regrets et faire une pause. Règle nº6: quand la vague arrive, il faut la prendre et la tenir. Et règle nº7: rien ne dure éternellement, et surtout pas les vagues!
Cuanto más subíamos, más tonto se iba poniendo el tiempo, la línea de vida de la ferrata estaba congelada y cuando nos dimos cuenta de que ya habíamos subido demasiado como para hacer marcha atrás, se puso a nevar. El final de una serie de (seis!) hermosos días y ahora tenemos que darnos prisa y salir por arriba, no por la cima por supuesto, ni por la vía normal que se escapa justo por encima de la cota 3000m. Afortunadamente, una escapatoria a 2700m, por la loma de Tre Ditta y el sendero desciende fácilmente al refugio de Giussani. Llegamos finalmente a Tre Ditta, suspirando aliviados y un poco arrepentidos de no haber podido disfrutar del último trozo de ferrata y la hermosa arista: con este tiempo, subir a 3200m para empantanar-nos en la nieve congelada, era meterse en la boca del lobo...En otra ocasión quizás? Llegamos a buen paso hasta el refugio donde tomamos un par de cafés calientes el tiempo justo para hacer un nuevo amigo*, y bajar hasta el refugio Dibona y a la furgo, donde no nos quedaba agua suficiente  ni para cocinarnos una pasta. Y como si no fuera suficiente, la bombona de gas nos había abandonado la noche anterior y sólo hay el pequeño fogón de excursión… Podemos capitular sin remordimientos y hacer una pausa. Regla nº6: cuando llega la ola, hay que saberla coger y aguantar. Y regla nº7: nada dura eternamente, y menos que nada las olas!
Et voilà! En une paire d'heures, on est à C. d'A., installés au camping, douchés et propres, les courses sont faites pour les prochains jours, on a bataillé pour trouver une recharge de gaz et en passant par l'Office de tourisme, on a pu récupérer une petite carte touristique de randonnées dans les environs (comprendre, de courtes marches en ligne droite et en courbe de niveau pour rallier un Refuge depuis un téléphérique voire, pour les plus courageux, rallier entre eux deux téléphériques!). C'est bon, la pluie peut s'en donner à coeur joie. Nous, on est préparés et pour ce huitième jour de notre Diète Dolo-mythique, c'est relâche.
Et voilà! En un par de horas, estamos en C. d'A., instalados en el camping, duchados y limpios, la compra para los próximos días en la alacena, dimos unas vueltas hasta dar con una tienda para la recarga de gas, recuperamos incluso un pequeño mapa de excursiones por la zona en la Oficina de Turismo (a saber, pequeños paseos en línea recta sobre la curva de nivel para llegar a un Refugio desde un teleférico y para los más valientes, de teleférico a teleférico!). Ya está bien, puede llover a cántaros si quiere. Ya estamos listos para nuestro octavo día de la Dieta Dolo-mítica, es un buen descanso..


* plus sur cette singulière amitié prochainement... / más acerca de esta singular amistad en breve...


Thursday, September 11, 2014

un régime Dolo-mythique / una dieta Dolo-mítica (#6)



Jour 6: via ferrata Cesare Piazzeta au  Piz Boé (3150m) ; D+ 920m (vf 380m)

Réveillés depuis environ six heures du matin, on regardait sans entrain le mouvement des nuages dans le ciel. Ceux-là même qui, la veille, nous avaient forcés à opter pour un plan B et nous avaient offert, comme clou de leur spectacle atmosphérique, un énorme orage tout en pluie et en éclairs. On était descendus dormir un peu en-dessous du Passo Pordoï, au lieu de se poser au départ de la voie, en raison de la forte densité de panneaux "camping-caravaning interdit" et autres "campers no", peu motivés par la possibilité d'une irruption nocturne de préposés importuns (par un temps pareil, qui aurait eu l'idée de mettre un képi dehors pour venir nous verbaliser?) On est sortis du lit vers sept heures, avec toujours de sérieux doutes quant à notre tentative au Piz Boé.
Si on a appris une chose au fil des mois, c'est qu'il faut se plier aux rythmes locaux et pour mieux les comprendre, il est souvent utile d'avoir recours à la sagesse populaire. On avait entendu, en route vers le Col Rodella le jour précédent que "Se il Sassolungo ha un cappello, il tempo sarà bello. Se il Sassolungo ha un asciabola, il tempo sarà brutto"! Ceci dit, en plus de populaires, la sagesse se caractérise par une portée géographique réduite et de là où nous étions, on ne voyait ni chapeau, ni écharpe, ni même le Sassolungo… On a donc commencé à arpenter les environs à la recherche d'une réponse, jusqu'à trouver une VW westfalia immatriculée dans le Jura, avec à son bord un duo de montagnards. On leur a demandé s'ils avaient l'intention d'aller à la Cesare Piazzeta et ils nous ont répondu que oui en souriant, mais en nous montrant la table de camping dépliée tout contre le panneau "camping interdit", ils nous ont expliqué que ça allait se lever, qu'ils attaqueraient après le petit déj. Rassérénés par l'idée de ne pas nous retrouver tout seuls dans la via et peut-être dans le pétrin, on a décidé d'y aller. Une fois nos doutes dissipés, on avait même l'impression que le soleil brillait (un peu).
Día 6: via ferrata Cesare Piazzeta al Piz Boé (3150m) ; D+ 920m (vf 380m)

Despiertos desde las seis de la mañana, contemplábamos estuporosos la evolución de las nubes en el cielo. Las mismas que el día anterior nos habían forzado a elegir un plan B y que habían culminado su espectáculo atmosférico con una enorme tormenta eléctrica y lluvia. Habíamos dormido un poco más abajo del Paso Pordoï y no en el mismo pie de la vía porque estaba plagado de carteles anti-camping-caravaning y no queríamos carabinas inesperadas (aunque con ese tiempo a quién se le iba a ocurrir subir a ponernos una multa en plena noche!). Salimos de la cama a eso de las siete aún con serias dudas de sí debíamos abordar o no ese Piz Boé.

Si hay algo que vamos aprendiendo a medida que pasan los meses es que hay que acostumbrarse a los ritmos de un lugar, y a menudo para entenderlos es útil echar mano de la sabiduría popular. Alguien nos había dicho subiendo el Col Rodella el día anterior que "Se il Sassolungo ha un cappello, il tempo sarà bello. Se il Sassolungo ha un asciabola, il tempo sarà brutto"!

Sin embargo, los refranes son además de populares muy locales y desde donde estábamos no se veía ni el sombrero ni la corbata ni al mismísimo Sassolungo... Empezamos a merodear por la zona, como buscando una respuesta cuando vimos una VW westfalia francesa de Jura con un par de excursionistas y les preguntamos si tenían también intención de hacer la Cesare Piazzeta. Asintieron sonrientes pero, señalando la mesa de camping apoyada en el cartel de prohibido acampar, nos dijeron que arrancarían después del desayuno. Animados por la idea de no estar solos decidimos finalmente ir y de hecho, con las dudas disipadas, incluso parecía que hacía mejor día.
La marche d'approche est belle, d'un peu plus d'une heure, et démarre d'un ossuaire allemand de la Grande Guerre. Le chemin monte doucement mais sans hésiter et surmonte l'un après l'autre les ressauts rocheux à peine couverts d'herbe, jusqu'au pied d'une imposante masse de pierre verticale qui se perd dans les nuages.
Pleins d'entrain et les corps réchauffés par le soleil autant que par la marche, on a attaqué sans problèmes les 100 premiers mètres, réputés (selon notre guide) "extrêmement difficiles" et supposés "requérir une force physique hors du commun" (sic.). Il faut dire que la Cesare Piazzeta est - toujours d'après ce livre que nous ne recommandons à personne - une cinq mousquetons (sur cinq). Le reste de la ferrata remonte la paroi le long d'une arête aérienne, alternant entre sentier exposé et passages verticaux toujours protégés par un câble d'acier bien tendu.
Le plus délicat, ce n'est finalement pas la ferrata en elle-même (technique mais amusante, agréable et toujours bien équipée), mais plutôt la sortie au sommet: une quarantaine de minutes d'un sentier exposé, où il est difficile de repérer les cairns parmi la pierraille, et où tout alentour n'est qu'un immense vide tout plein de brume. C'est là qu'on est contents d'avoir le pied sûr! On est arrivés tout en haut et un peu au-dessus des nuages pour découvrir un refuge et sa terrasse panoramique. Du coup, on a pu commander le café au lait le plus haut de notre vie (pour l'instant)!
La aproximación es una linda caminata de algo más de una hora que parte de un Osario alemán de la Primera Guerra Mundial; el camino sube suave pero decididamente y va superando los resaltos rocosos apenas cubiertos de verde hasta una imponente masa de roca vertical que se pierde entre las nubes. 
Con el cuerpo caliente del sol y de la caminata, y los ánimos en plena forma subimos sin problema los primeros 100 metros reputados en la guía por ser "extremadamente difíciles" y requerir "una fuerza física fuera de lo común" (sic). Y es que la Cesare Piazzeta tenía ni más ni menos que cinco mosquetones (el máximo) en nuestra nada recomendable guía. El resto de la vía sube siguiendo por una arista, alternando tramos de sendero y tramos verticales siempre asegurados con un cable de acero bien tenso.
Quizás lo más delicado no fue la ferrata en sí, algo técnica pero sobretodo divertida y bien asegurada sino la salida al camino que nos llevaría a la cima, cuarenta minutos de sendero donde apenas se distinguían los hitos del resto de piedras esparcidas por el monte, con muchos tramos expuestos a la nada llena de niebla. Ahí sí que nos fue bien andar con paso seguro! Llegamos arriba de todo y por unos minutos por encima de la nube para descubrir en la misma cima un refugio y su terraza panorámica. Allí pues, tomamos el cafe con leche más alto de nuestras vidas (hasta la fecha, esta claro)!
L'itinéraire de descente est une magnifique promenade à travers le massif du Piz Boé: univers martien, silencieux et peuplé de mouettes astronautes multicolores, évoluant lentement depuis le vaisseau spatial qui les dépose à intervalles réguliers à quelques jets de pierres du sommet. On a également pu y voir quelques surprenantes créatures acclimatées à ces contrées (des espèces endémiques peut-être?). Une fois passée la zone d'atterrissage du vaisseau, on a fini la descente courant et sautant, en authentiques saltimbanques de pierriers et de prairies (non sans offrir à nos chaussures quelque bain impromptu): sans plus croiser de mouettes ni d'astronautes mais en entendant ici et là quelque marmotte avertissant le fond de la vallée de notre arrivée.
El camino que hicimos de bajada fue un hermoso paseo con vistas a todo el macizo del Piz Boé: un entorno marciano, silencioso, lleno de gaviotas astronautas de colorines que se movían lentamente alrededor de donde les depositaba a intervalos regulares, y no tan lejos de la cima, una nave espacial. Vimos también algunas criaturas curiosas que habitaban este rincón del planeta (especies endémicas quizás?). Una vez pasada el punto de desembarque de dicha nave, terminamos la bajada saltimbanqueando por las tarteras y praderas de montañas (no sin llevarnos algún chapuzón de pie gratis), donde no vimos más gaviotas, ni astronautas pero sí escuchamos alguna marmota alertando de nuestra llegada al fondo del valle.

Tuesday, September 9, 2014

un régime Dolo-mythique / una Dieta Dolo-mítica (#4)


Jour 4: via ferrata Kaiserjäger au Col Ombert (2670m) ; D+ 770m (vf 250m)


Rendus là, il nous a fallu passer aux choses sérieuses: quatrième jour consécutif sans pluie, on ne pouvait décemment pas continuer les échauffements. Levés sans réveil avec le soleil (R.I.P. J.J.G.), on a remonté le petit et souriant Val di Fassa jusqu'au terminus de la route, pris les sacs et un bon rythme puis enfilé le sentier raide en direction du refuge Forcella de Sant Nicolò. On a eu droit en prime à 3 km à pied(s) de piste goudronnée à la Nouakchott - une plaque de bitume deci-delà, à croire que les habitants du coin ont emporté le reste chez eux pour construire leur maison avec - interdite à la circulation, sauf celle des mercedes et fiat avec immatriculation locale qui se garent tranquillement au vrai terminus de la route faisant fi des panneaux...). Oh Ford! on en a doublé des mouettes* sur le chemin! On a aussi doublé un duo de ferratistes italiens déguisés en alpinistes qui, après nous avoir demandé le chemin (à nous!!! ah ah ah et malgré leus i-Diot avec appli GPStupide en main...) et nous avoir minutieusement examinés des deux têtes aux quatre pieds, nous ont quand même glissé "mais, vous, savez, elle est très dure cette via ferrata, hein". Sans blague? Ils avaient un petit air de mouettes, eux aussi et on les retrouvera au prochain paragraphe...
Día 4: via ferrata Kaiserjäger al Col Ombert
(2670m) ; D+ 770m (vf 250m)

Una vez allí, tocaba pasar ya a los asuntos serios: era el cuarto día consecutivo sin lluvia, por decencia no podíamos continuar más con el calentamiento. Nos despertamos con el sol, sin despertador (como en la canción de J.J.G.), subimos por el pequeño y sonriente Val di Fassa hasta que no había más carretera, cogimos las mochilas y un buen ritmo y por un sendero empinado llegamos hasta el refugio de Forcella de Sant Nicolò. Y de regalo, 3 km más que los demás a pie por una pista asfaltada (al estilo Nouakchott: apenas asfaltada, cualquiera diría que los locales se han llevado a sus casas lo que falta) por la que está prohibida la circulación, excepto la de mercedes y fiats con matrícula local que aparcan impasiblemente en el verdadero final de la carretera, haciendo caso omiso de los carteles… Oh Ford! adelantamos unas cuantas gaviotas* en el camino! También una pareja de ferratistas italianos disfrazados de auténticos montañeros que, después de habernos preguntado por el camino del refugio (i-Diot con GiliPS en mano…) y de habernos examinado minuciosamente de los cuatro pies a las dos cabezas, nos dejaron caer un "pero vosotros sabéis que es muy dura esta ferrata, no?" Psé, será posible?!! De hecho ellos también tenían un cierto aire gaviotil hay que reconocer… Hablaremos de este par más adelante...
Dès le refuge, atteint en une petite heure et demie, la vue s'ouvre d'une croupe herbeuse jonchée de vaches estivantes à l'immensité des Dolomites occidentales: massif du Piz Boé, groupe du Sassolungo, Marmolada et quelques autres dont nous n'avons pas encore retenu les noms. Le spectacle est magique et il faut se faire violence pour s'arracher à la contemplation et se remettre en marche. L'accès à la ferrata est bien indiquée et le Col Ombert, malgré ces modestes 2670m, règne sur la vallée avec des faux airs de Midi d'Ossau. Dix minutes de plus on est à pied de voie, où l'on discute avec un autre duo d'italiens, des seniors, qui se préparent à partir devant nous. Ils sont en train de tirer sur leurs longes dans le premier ressaut du bas, déversant et protégé par un câble rouillé qui semblent de la première guerre, quand un couple d'Allemands sortis cinq minutes avant eux se met en devoir de redescendre. Quand elle arrive au sol, elle est livide, les yeux dans le vide et les jambes qui tremblent. Lui présente exactement les mêmes symptômes mais tente malgré tout une moue qui se veut blasée genre "on est redescendu parce qu'ELLE avait peur, hein". Oui, oui. Bon. les papis souffrent, il y en a un qui passe finalement tandis que le second, que Futuna a pourtant poussé avec une épaule et encouragé de ses conseils précieux "n'ayez pas peur! mettez le pied ici! posez le genou là! appuyez la fesse sur ce caillou! là-haut la main droite! non, l'autre main droite!" après qu'il a laissé passer Wallis, finit par abandonner. Il fait demi-tour sous les commentaires des deux italiens un peu mouettes arrivés jusque là entre temps et qui attendaient leur tour en piaffant d'impatience. Ils ont abandonné au même endroit et sont repartis penauds, portant à 3 sur 8 le nombre d'alpinistes assez chanceux pour monter au sommet. Une fois sortis des 30 premiers mètres franchement "durs" (il faut tirer sur les bras et savoir poser les pieds, il ne faut pas être impressionné mais ça se fait très bien),
En el refugio, al que llegamos en algo menos de hora y media, la vista se abre desde una loma herbosa cubierta de vacas veraneando hasta la inmensidad de las Dolomitas occidentales: el macizo del Piz Boé, el grupo del Sassolungo, la Marmolada y algunas otras que no conseguimos recordar. El espectáculo es mágico y violenta tener que arrancarse a uno mismo del momento de contemplación para continuar la marcha. La ferrata está bien indicada y el Col Ombert, a pesar de sus modestos 2670m, reina sobre el valle con aires vanidosos de Midi d'Ossau. Diez minutos más y llegamos a pie de vía donde charlamos con otro par de italianos, éstos sénior, que se preparaban para salir delante nuestro. Colgaban ya de las cintas de su disipador en el primer resalto, bastante desplomado y protegido con un cable algo oxidado que parecía de la primera guerra mundial, cuando una pareja de alemanes que había salido cinco minutos antes hace señales de volver a bajar por donde había subido. Ella llega al suelo pálida, la mirada perdida y las piernas que apenas le sostenían. Él, presentando exactamente los mismo síntomas, intenta hacerse el machote con una cara que dice algo así como "hemos bajado porque ELLA tenía miedo eh?!" Sí, sí. Venga. Los abuelitos estaban sufriendo también, uno de ellos superó finalmente el paso inicial mientras que el segundo, tras ser empujado física y moralmente por Futuna con palabras de ánimo como "no tenga miedo! ponga el pie aquí ! ponga la rodilla ahí! apoye el trasero en la roca si hace falta! ahí arriba la mano derecha! no, la otra mano derecha!" eso después de haber dejado pasar a Wallis, terminó por abandonar. Dio media vuelta con los cuchicheos de fondo del par de italianos gaviotas que acababan de llegar al pie de la ferrata y que esperaban su turno. Los mismos que como los alemanes y el abuelito abandonaron la ascensión en el mismo lugar y se fueron con la cola entre las piernas, llevando a 3 sobre 8 el total de alpinistas con suficiente suerte para subir a la cima.
le reste de la voie est très agréable et toujours gazeux, la roche assez moyenne par endroits et l'équipement vieillissant. Il y a trois autres petits murs raides et lisses à surmonter, qui ont donné du fil à retordre au senior que nous avons accompagné et attendu jusqu'en haut. Règle nº4: en montagne, quand on tombe en chemin sur un alpiniste solo, on a l'obligation morale de s'assurer qu'il arrive à bon port. Une fois son souffle retrouvé, il nous a avoué fièrement à 2670m qu'il venait de fêter ses 65 ans et n'avait pas l'intention d'en rester là. Vues à couper le souffle depuis le sommet, mais le temps qui commençait à se gâter nous à invités à redescendre vite fait. Au cours de notre descente, on a suivi de loin la sienne jusqu'aux retrouvailles avec son collègue. Par l'arête opposée, facile, puis un pierrier très raide, on a rejoint un petit col protégé par des bunkers et des murs en ruines, vestiges de la première guerre mondiale dans sa version alpine. Si les cimetières militaires oubliés entre les blés dorés des Ardennes nous avaient marqués, les souvenirs de la Grande dans ces montagnes froides et austères, nous ont simplement glacé les sangs. Imaginer l'hiver, les batailles, le froid, la neige, les tranchées, l'altitude, les blessures sous le gel et tous ces kilomètres de barbelé... Toute cette pluie de fer, de feu d'acier de sang / C'est une pluie de deuil, terrible et désolée - comme il avait raison Prévert - Quelle connerie la guerre, Barbara!

Passé le col, la descente vers la vallée d'où l'on était partis s'est faite un peu longue mais est passée sans histoires, comme les nuages au-dessus de nos têtes. En arrivant au TRANSITion! on a ouvert en grand les portes et on a offert aux mouettes qui regagnaient leurs Audi et leur Mercedes un spectacle qu'ils regardaient en coin sans vraiment oser mais sans parvenir à détourner les yeux: deux hippies du tiers-monde de l'Europe qui manifestement vivaient dans leur fourgonnette Ford, en train de faire cuire des nouilles et une bolognaise maison (mmmmmh!) sur un camping gaz, parlant fort (comme les gens du Sud) et offrant à la morsure timide du soleil un tout petit peu plus de peau que la quantité tolérable! Ooooh! Cette bolognaise maison: oignon, ail, poireau, carotte et thon à l'huile déglacés au vinaigre avant d'ajouter la tomate...

Le reste de la journée a été classique: translation vers l'objectif du lendemain, choix d'un spot, douche (sèche), dîner et au lit! Prochainement, la suite.
Una vez superados los 30 primeros metros francamente "difíciles", el resto de la vía es muy agradable y expuesto (y qué lindas vistas al patio!) a pesar de la roca desconchada en ocasiones y del herraje algo deteriorado. Hay tres otros pequeños muros lisos y empinados que hay que superar, que hicieron sudar al abuelito que acompañamos y esperamos hasta el final de la vía. Regla nº4: en la montaña, cuando te encuentras en el camino con alguien que va solo, tienes la obligación moral de asegurarte de que llega a buen puerto. Nos confesó con orgullo a 2670m de altura que acababa de cumplir 65 años o no tenía ninguna intención de pararse ahí. Unas vistas desde la cima que dejan sin resuello, pero el tiempo empezaba a encapricharse nos invitaban a la bajada sin más dilación. De bajada, seguimos con el rabillo del ojo su descenso hasta el reencuentro con el colega. Por la arista opuesta, fácil, tras una tartera escarpada, fuimos a dar a un pequeño paso protegido con búnkers y muros en ruinas, vestigios de la primera guerra mundial en su versión alpina. Si los cementerios militares olvidados entre trigos dorados de las Ardennes nos marcaron, los recuerdos de la Gran Guerra en estas frías e inhóspitas montañas, nos helaron la sangre. Imaginar el invierno, las batallas, el frío, la nieve, las trincheras, las heridas bajo el hielo y todos estos kilómetros de alambrado. Tu nombre y tus hazañas fueron olvidados / Antes de que tus huesos se secaran. Y la mentira que te asesinó está enterrada / Bajo otra mentira más honda (de The Italian soldier shook my hand). Cuánta razón tenía Georges Orwell.
Una vez superado el paso, el descenso hacia el valle de donde habíamos salido se hizo largo pero sin muchas historias. Llegando a la TRANSITion! abrimos las puertas de par en par y ofrecimos a las gaviotas que poco a poco iban llegando hasta sus Audis y sus Mercedes un espectáculo que obervaban de reojo pero sin quitarnos la vista de encima: dos hippies tercermundistas que manifiestamente viven en esta furgoneta Ford, cocinándose una pasta a la boloñesa casera (mmmmmh!) en un camping gaz, hablando fuerte (como buenos sureños!) y entregando sus cuerpos (algo más desnudos de lo tolerable) al tímido mordisco de un sol de tarde! Ooooh! Esta boloñesa casera: cebolla, ajo, puerro, zanahoria y atún reducidos con vinagre antes de añadir un poco de tomate...

El resto del día fue como habitualmente: traslado hacia el objetivo del día siguiente, elección de un sitio, ducha (checa), cena y a la cama! En breve, más episodios.