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Monday, April 27, 2015

elles ont testé pour vous: l'un(t)raveling...


...un week-end nature et sportif en Haute-Ariège (garanti Tous Publics) * 

des grottes, des fleurs, des papillons et des noeuds 'rabbit': pas de doute, vous êtes en Haute-Ariège...

vu par M. (10 ans):


Il est 8 h : nous n’arrivons pas à nous lever.

Habillage : avant le petit-déjeuner, nous  nous habillons.

Petit-déjeuner : nous mangeons du muesli avec du yaourt. Avant de partir, nous préparons le pique-nique, les gourdes, les mousquetons, les vestes et l’appareil photo.
Départ pour C. : ça y est, nous partons dans la Yaris de papi. Arrivés là-bas, nous prenons nos sacs. Sur le chemin, nous rencontrons toutes sortes de choses : fleurs, papillons, arbustes et le plus stupéfiant, une grotte! Nous l’explorons. Nous voyons des petites ou grosses stalactites (mais pas en glace), nous prenons des photos puis nous sortons et nous continuons la ballade. Un peu plus loin nous tombons sur des escaladeurs et sur une autre grotte avec une sortie.
vu par J. (8 ans 1/2):


On s’est levés à 8 heures et on a eu du mal à sortir du lit. Puis on a pris le petit-déjeuner et on est partis à la montagne de C.

Sur la route, on a vu des gens qui veulent creuser une carrière et d’autres qui ne sont pas d'accord : ils ont écrit plein de pancartes. Arrivés à la montagne, on a vu un panneau sur lequel était écrit tout ce qu’on pouvait voir: les fleurs et les oiseaux. Puis on a commencé  à prendre le chemin du château. Sur le chemin, on a ramassé des bâtons de marche et un peu plus loin, on a vu la petite ville de C.

On est passés par un chemin où on a découvert une grotte ! On a visité la grotte, il faisait tout noir. Heureusement, on avait deux lampes de poche. Au début c’était étroit puis ça s’est élargi. On a vu des stalactites et des stalagmites.
À quelques pas de cette grotte, une autre! Nous nous avançons dans l’obscurité. Heureusement nous avons des lampes. Nous tombons sur une petite fente et là : une chauve-souris que nous prenons en photo. Elle n’est pas très grande, alors pour mieux la voir nous l’éclairons, mais nous pensons que nous la dérangeons.

Un peu plus loin, une énorme stalactite qui va du haut du plafond jusqu’en bas. Nous la prenons en photo puis nous sortons de la grotte, nous marchons et nous rencontrons d’autres promeneurs. J. aperçoit un sentier qui devrait rejoindre le chemin principal. Futuna va avec elle et M. va avec Wallis. À peine font-elles 200 mètres qu’elles voient J. redescendre, puis Futuna. Ils les rejoignent et expliquent que le chemin était trop glissant. Nous faisons une pause pour boire puis nous repartons. Sur les deux côtés du chemin, nous voyons des fleurs très jolies que nous prenons en photo.
À un moment, il y avait de l’eau et Futuna nous a fait traverser. On a du ressortir par l’entré. On a pris des photos de fleurs pour les redessiner à la maison, mais on n’a pas eu le temps. On a aussi vu des fraisiers sylvestres. On a continué le chemin jusqu’à la deuxième grotte : on n’avait pas besoin de lumière, mais pour aller à la sortie, il fallait traverser une pente raide et glissante. À la sortie, ça montait un peu plus, donc on s’est beaucoup servi des bâtons. On a vu de très jolis fleurs et quelques papillons qu’on a pris en photo.

Puis on a vu une autre grotte, on a eu aussi besoin des lampes : M. et moi on les tenait. On a remarqué une chauve-souris que Wallis a trouvée rigolote. On a aussi vu une stalactite géante mélangée à une stalagmite. Futuna l’a prise en photo avec nous à côté, pendant que Wallis faisait de la lumière en contre-jour. Cette fois-ci, on est sortis par la vraie sortie.
Nous trouvons des fraises des bois, traversons des arbres et arrivons à un endroit dans la roche. Nous décidons de pique-niquer là. Nous imaginons que le pain est de la peau de serpent et le jambon du mammouth.

Après le repas nous nous reposons un peu. Futuna prépare l’escalade : il fait un harnais pour enfant avec un nœud qui s’appelle nœud rabbit : on l’appelle comme ça parce qu’il ressemble à deux oreilles de lapin. Bon, tout est prêt, nous pouvons commencer ! M. grimpe tout en haut, puis J. suit. Elles s’entraînent à redescendre avec la corde. Ensuite, elles escaladent un peu plus haut et Eila les prend en photo. Une fois redescendues, nous rangeons tout le matériel.
Dehors, ça montait encore plus. On était un peu fatigués et on a bu de l’eau. Puis on a recommencé le chemin, on a vu des randonneurs et on leur a demandé l’heure : on a décidé de continuer encore un peu avant de pique-niquer. On s’est arrêté sur des cailloux et on a pique-niqué façon préhistorique : les chips étaient des ailes de chauve-souris grillées, le jambon du mammouth et le pain de la peau de serpent.

Après manger, nous sommes allés escalader une petite montagne. Wallis prenait des photos et Futuna a fabriqué un harnais car on avait oublié le vrai à la voiture. Il nous tenait la corde, c’était super bien, sauf que ça faisait un peu peur. Après nous sommes redescendus en jouant au «roi du silence».
Nous rentrons à la maison où nous faisons du papier mâché. Puis, nous allons au bord de l’Ariège faire de la slackline. J. arrive à monter toute seule et M. à faire quelques pas. Nous rentrons et après la douche, nous regardons deux épisodes de Tintin. Avant d’aller nous coucher, nous regardons les photos qui sont géniales ! Après, nous dormons : bonne nuit !
De retour à T., on a fait un atelier papier mâché, puis de la slackline et on est rentrés très fatigués.

Puis on a regardé «Tintin en Amérique» et les «Cigares du Pharaon». Après, on a mangé un gratin de pâtes un peu piquant mais très bon !





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* Un(t)raveling remercie beaucoup M. et J. pour leur contribution à ce blog, ainsi que mamie G. qui a relu, corrigé et édité les rédactions en un temps record! Bravo pour ce beau travail d'équipe...

Friday, November 21, 2014

l'heure des bilans...

Voilà, ça y est: presque sans s'en rendre compte on vient de faire un tour de cadran. Un peu plus de 12 mois d'Un(t)raveling à bord de notre ford TRANSITion! C'est un peu comme dans le film de Kim Ki Duk: automne, hiver, printemps, été... et automne. En résumé et en chiffres, cette première année d'Un(t)raveling, ça donne un peu plus de 16000km à travers 6 pays (et 1250 litres de gasoil, soit 7,8 L/100km de moyenne), environ 25 sites d'escalade (dont certains, malheureusement, sous la pluie) et 8 chantiers-projets divers auxquels on a participé, à hauteur de dix à quinze jours chacun. On a gravi quelques sommets et trempé nos pieds dans quelques lacs de montagne, mais on ne compte plus les mètres de dénivelé ni les heures de marche. On a dormi par -7°C et dans la neige, on a été témoins de l'arrivée de la mousson européenne et on n'a en revanche pas souvent eu trop chaud.
Automne, hiver, printemps, été... et automne sur la route.
Sur la route et sous la pluie.
On n'a pas chômé (plus souvent contre le gîte et le couvert que contre rétribution en argent) et passé au banc d'essai quelques systèmes d'économie (et de vie) dite "collaborative": on a fait du wwoofing, du helpx, du volontariat, du bricolage et du DIY contre gîte et couvert, du couchsurfing, des chantiers participatifs, de l'apprentissage, du troc, du travail saisonnier, du freelance et même un peu de parasitage en bonne et due forme de nos familles et amis! On a vu pas mal de pluie tomber par la fenêtre et regardé pas mal de films pendant que la pluie tombait par la fenêtre: des bons et des moins bons... On a écrasé un nombre incalculable de moustiques et on a gratté un nombre conséquent de leurs piqûres malgré tout. Tout compris - on dit bien absolument tout compris - cette année de diesel, péages, tunnels et bacs, entretien du fourgon, assurance, contrôle technique, quelques campings, gîtes ruraux, refuges ou restaurants occasionnels, gaz, nourriture et boisson dont quelques tranches de basse-côte et bouteilles de vin rouge, médicaments et consultations d'ostéopathie sporadiques, pharmacie et cosmétiques, cartes postales, timbres, cadeaux divers et variés, souvenirs, mais aussi les factures du portable, laveries et pressings, achat de livres, de guides d'escalades d'ici ou d'ailleurs, musées, monuments, remplacement de fringues, chaussures de montagne, matériel de sport en général et de grimpe en particulier, sans oublier tous les cafés au lait, cortados et autres caffe latte, véritables sésames à débloquer les wi-fi d'ici et d'ailleurs... tout ça mis bout à bout, donc, a coûté 9360 euros TTC, soit 780 euros par mois, pour deux personnes, all inclusive, même le moins avouable et le plus futile.
Le deuxième petit déjeuner: au jardin et au soleil!
On a rempli le contrat qu'on s'était fixé: vivre à deux avec moins de 800 euros par mois, c'est à dire financer intégralement l'aventure avec notre travail sur la route. Et c'est un autre aspect de l'aventure dont on est très contents!

Et puis rendus là, on remercie évidemment beaucoup amis et famille qui nous ont accueillis tout au long du voyage, pour une nuit ou pour une semaine. Plus ou moins dans l'ordre et sans oublier personne (on espère): M. K. et la petite I., les vétos de StJPP, K. S. et los dos polluelos, X. et son coloc au pied du Xindoki, W. et ses petits plats à Burgos, la belle L. et ses colocs à Pau, U. et L., D. M. et le grand petit L. pour un passage éclair par la Catalogne, nos parents, le beau M., sa MC et leur petit U., D. L. et le petit Z., M., G. et L., le clan des furets (et pas des blaireaux!): B., A., E., L. et la petite M., notre brun ténébreux préféré, A. ainsi que sa charmante maman, Ch. et ses interminables journées de tonte, la fine équipe de Clémencelle (c'est où ça?), Ma et Ma, nos australiens adorés, J. et T. et notre chère G., M. et J. en escapade romantique et sans enfants à Sin City (mais aussi avec enfants et à domicile), Gi-Gi, leur famille et tous les membres de la confrérie de la porchetta pastorale.
Atelier, cuisine et salle de bain du chantier de Clémencelle (c'est où ça?).
Un grand merci aussi, bien sûr, à tous nos hôtes de CS, wwoof, helpx et chantiers de France, de Navarre et de plus loin - ceux que l'on a déjà envie de retrouver, ceux qui nous manquent, ceux que l'on reviendra aider avec plaisir et... les autres. Il y a aussi ceux que l'on n'est pas passé voir, ceux dont les dates ne correspondaient pas, ceux qu'on devait aller voir puis la route a changé et les quelques rendez-vous manqués. Rassurez-vous, on a adoré cette première année et on est bien décidés à remettre ça. Donc à tous ceux qu'on a épargné en 2014, vous pouvez trembler et préparer la chambre d'amis: en 2015, Un(t)raveling va venir squatter vos canapés, cuisiner des trucs super bons et repeindre ou réparer quelque chose. Be prepared... Oh yeah!

Naturellement, passer une année entière à deux dans les six mètres carrés de notre cher TRANSITion! et les espaces que nos hôtes ont voulu/pu faire pour nous dans leurs réalités quotidiennes respectives n'a pas été facile tous les jours.
Se sentir chez soi n'importe où, ou presque!
Le froid, la fatigue, la faim ou le besoin pressant d'une douche ont quelquefois pesé lourd dans la balance et on sait désormais qu'il ne faut pas se lancer dans de grandes discussions sur la vie ni faire des plans à long terme avec le ventre vide ou avant une douche bien méritée. Ça n'a pas non plus été difficile, hein, comprenons-nous bien. Mais il faut reconnaître que c'est un peu plus gourmand en énergie, en enthousiasme et en capacité d'empathie que d'arriver "chez soi", allumer la télé et prendre un café ou une bière. Maintenant, disons-le sans détour: c'est extrêmement satisfaisant et épanouissant, ça fait un bien fou et ça impose une discipline difficile à imaginer depuis l'extérieur, ou à l'avance... On a la sensation d'avoir énormément appris. Appris sur l'Autre, sur nous-mêmes et sur les relations entre humains ; sur les valeurs que l'on considère fondamentales et sur ce qui nous rassure, nous fait sentir en sécurité. On a la sensation d'avoir remis quelques pendules à l'heure dans nos habitudes et nos réflexes culturels ou sociaux. On a la sensation d'avoir remis en question (non sans quelques vagues ou quelques secousses) pas mal d'idées préconçues et d'a priori sur l'intimité et l'espace privé, sur le confort, la propriété et la consommation, sur la notion même de "foyer", "home" ou "hogar": un lieu où poser les valises, s'asseoir et respirer, pour quelques jours ou pour une petite heure à l'abri du tumulte et des regards. Un espace qui n'est plus forcément matériel, mais plutôt un sentiment ou - comme beaucoup l'ont ressenti et exprimé avant nous - un état d'esprit. L'odeur du Nangchampa jaune, cette couverture qui nous suit partout, qui signifie sieste sous un arbre ou après-midi d'hiver, ou encore les quelques classiques de notre bande-son, des thèmes qui nous accompagnent en même temps qu'ils nous transportent. "Ces poissons qui s'en vont, comme le thème au long du chant", authentiques merveilles de sagesse quantique, on sait qu'ils ont le pouvoir de transformer n'importe où en ici et maintenant et on est contents de les partager:




Mais réduire notre dépendance à la matière, aux choses et en particulier à celles que l'on flanque systématiquement - moins par nécessité que par habitude - d'un adjectif possessif: mon sac, ta voiture, notre salle de bains... ne veut pas dire que nous sommes devenus, ni en passe de devenir des corps subtils, des êtres d'éther, des gaz parfaits.
Une salle de bain avec vue? Non. Un abreuvoir récup' pour brebis rustiques.
On a eu froid, on s'est sentis sales, on a failli devenir dingues après avoir passé 8 jours sans se laver la tête, on a mesuré à quel point être fatigué ou avoir soif peut rendre susceptible et irritable, n'y revenons pas. On a craqué quelques fois et on s'est retrouvés en moins de temps qu'il n'en faut pour faire bouillir un oeuf dur, installés dans la chambre proprette d'un gîte rural ou sous la douche brûlante d'un camping en rase-campagne. Nos rares mais dangereuses descentes dans les villages les samedi après-midi, à la recherche d'une belle araignée ou d'une tranche épaisse de basse-côte, sont entrées dans la tradition orale des bouchers de France et de Navarre ; il en est même en Belgie qui gardent le souvenir de nos mines déconfites devant leur offre de beefsteack fin et gris comme les feuilles d'un missel... Voici donc un petit hommage, à quelques petits luxes, grands plaisirs et objets inanimés qui ont rendu possible (ou au moins facilité) ce non-voyage:
Même perdus dans l'hiver et la brume, on garde toujours l'espoir...
- la douche chaude est sans aucun doute le premier de la liste, qu'il s'agisse d'une salle de bains conventionnelle, d'un cabine de camping, d'une baraque en palettes sur un chantier ou de la branche d'un arbre en pleine nature. Dans ce dernier cas, on recommande vivement le compagnon nomade indispensable et ultra-léger : pocket shower de Sea to summit et son complément cuisine incontournable le kitchen sink. Minuscules et faciles à transporter pour se sentir partout comme à la maison... ou presque. On précise qu'on n'a aucun intérêt commercial à vous conseiller ces produits: ni Sea to summit, ni Google, ni Amazon ne nous paient pour vous en parler et on ne gagnera pas un centime si vous les achetez. Tout au plus on sera contents de savoir qu'ils vous rendent service autant qu'à nous!
- en seconde position juste après l'eau vient la lumière... On trimballe partout, dans le camion comme dans le sac à dos (et même pour aller escalader en plein jour) une paire de lampes frontales Tikka de Petzl avec piles AAA rechargeables, mais aussi une lanterne à LED rechargeable sur 12v, 220v ou grâce à sa dynamo intégrée. Sortir en pleine nuit sous la lune, armé de papier toilette et d'un piolet pour aller creuser une petite latrine entre deux taillis est sympa, mais pouvoir s'éclairer un peu le rend quand même plus facile. Sans parler de toutes les autres activités courantes...
Le sunday brunch version Futuna & Wallis. 
- se maintenir au chaud pendant et après l'effort devient un point critique quand on n'a pas vraiment de source de chauffage autre que biologique. Hum... Sans être des malades du matériel de pointe et de la technologie au service du sport, on a fini par reconnaître qu'un bon vieil Odlo ou Capilene sous un pull, c'est drôlement efficace. On a aussi succombé à ces fringues extrêmes qui réchauffent, ventilent, isolent, compriment, soignent, massent et semblent ne jamais se salir, à tel point qu'on les garderait 24h/24 pendant des jours, qu'on dormirait et se doucherait avec... un grand merci donc, à Adidas et aux Lacaunais qui enrichissent ou renouvellent régulièrement notre garde-robe! Encore une fois, on n'est sponsorisés par personne et on ne prétend pas faire de pub.
- enfin, une fois propres, au chaud et éclairés, on n'a pas besoin de grand-chose de plus: une tranche de basse-côte de Maine-Anjou ou de Parthenaise, plus parfumées que des races à vocation bouchère stricte ; un vin de pays pas cher (rouge et du coin, de préférence) ; un oeuf frit sur un peu de salade avec de la moutarde à l'ancienne, du fromage et le plat de choix pour le soir: soupe ou bouillon de légumes de saison, avec suivant les cas du speck, du miso ou du jambon de pays. On a aussi pris l'habitude, grâce à nos chers L. et R., de faire notre propre yaourt: on chauffe un litre de lait jusqu'à la température exacte de "quand on peut y tremper un doigt 10 secondes pas plus, pas moins, sans se brûler", puis on le laisse une nuit dans un thermos en métal qui contient encore un fond du yaourt précédent.
Euh... Ça se passe de commentaires, non?
Simple et délicieux, on le petit-déjeune les matins suivants avec un peu d'avoine et un fruit et on ne le garde même pas au frais: le contenu du thermos tient le coup trois-quatre jours sans problème! On a également adopté et adapté la recette des pâtes Sayin, un grand merci à notre cher U. pour son secret: les pâtes cuites sans eau! Directement dans la sauce de leur accompagnement ou dans la crème fraîche, on les laisse couvertes à feu doux et on n'a pas besoin de faire chauffer des litres d'eau que l'on jetterait ensuite, On recommande d'éviter avec les tagliatelles et spaghettis; y préférer des farfale ou torsettes... Et pour clore le chapitre plaisirs de bouche, comment ne pas mentionner le chocolat qui soigne tous les bobos, règle tous les conflits et accompagne toutes les séances de cinéma sous la pluie sous une couverture: l'exceptionnel Lindt au zeste de citron vert! (en plus, il est fabriqué à Oloron Sainte-Marie! Conso locale, ouais!) Et merci à D. et L. qui nous l'ont fait découvrir...

Il nous faudrait parler encore des livres qui nous ont accompagné, de ceux qui nous pesaient au fond du sac depuis longtemps et ont trouvé un écho ou un terrain favorable au cours de cette année d'errance(s), ceux dont la sagesse et la sensibilité ont réchauffé et éclairé, justement, notre route (s'il fallait n'en citer qu'un, ce serait Dharma Bums, de Kerouac). Et rendre justice à une célèbre enseigne de fast-food très bien représentée sur notre territoire, dont le wifi gratuit et illimité est si puissant que l'on peut parfaitement le capter depuis le parking. Le personnel y est remarquablement patient, qui nous sert en souriant deux cafés contre trois heures d'internet installés confortablement sur des banquettes design et ne refusent jamais qu'on branche l'adaptateur secteur. Il est vrai que le prix à payer est élevé: l'eurodance et le hip-hop poubelle de Fun radio et NRJ à fond non-stop! Mal de tête garanti à la sortie. Et puis c'est vrai que quelquefois, on succombe à une portion de ces petits bâtonnets de carton salés qu'ils appellent frites... Qui a dit qu'il fallait toujours être cohérent?

Sur un bac en Hollande. Noter à droite le pot de pâte de Speculoos, aliment prodigieux à la fois gras, sucré et salé!
En résumé: on a passé une année extraordinaire, la tête pleine de quotidiens toujours renouvelés, et on ne compte en rester là. Rendez-vous donc très bientôt pour d'autres aventures, d'autres projets et toujours des Welcome to et des Handmade with love! Et un immense merci aussi bien sûr à vous qui nous suivez, de près ou de loin, dans ces colonnes!

Friday, September 12, 2014

un régime Dolo-mythique / una dieta Dolo-mítica (#7)



Jour 7: via ferrata Lipella à la Tofana de Roces (3220m) ; D+ 1290m (vf 680m)

Après le succès inattendu de notre expédition au Piz Boé, on a lancé le TRANSITion dans la descente vertigineuse du Pass Pordoï, direction Cd'A et le coeur des Dolomites. On avait envie d'une "vraie" douche, on rêvait d'une nuit au camping, on était bien décidés à prendre un jour de repos. On s'est dit que s'Il en avait pris un après avoir fait le monde en 6 six jours (rien que ça), on avait gagné le nôtre à la sueur de nos fronts. Et s'il tombait un jeudi, qu'à cela ne tienne, on en ferait un dimanche! C'était sans compter sur le passage du col de Falzarego et le petit bar-boutique de souvenirs où l'on a pris le café. Quelques photos jaunies de cimes splendides tout écharpées de brume ont attiré notre attention et nous ont poussés à jeter un oeil à notre guide de ferratas: il y en avait bien une à la Tofana de Roces, à 5km de là ; puis à notre stock d'eau: juste assez pour dîner, petit déjeuner et remplir les camel pour le lendemain. Impossible en revanche de se doucher ou de laver la vaisselle ; puis à nos provisions: un paquet de pâtes, un fond de pesto et une soupe en sachet, du muesli et un yaourt. Okay, comité de crise vite réuni, décision vite prise: pas besoin de descendre à la civilisation ce soir, on peut tenir 24 heures de plus sans douche, épuiser les stocks d'eau et de nourriture, filer la métaphore un peu plus loin et faire une dernière ferrata à la Tofana demain! La pluie viendra bien assez tôt, on s'est dit, il faut en profiter maintenant. Heureux qui comme Icare veut s'approcher trop près du soleil, ou comme l'autre là, qui s'est teint la toison… Enfin, comprend qui peut!
Día 7: via ferrata Lipella a la Tofana di Roces (3220m) ; D+ 1290m (vf 680m)

Tras el éxito inesperado de nuestra expedición al Piz Boé, lanzamos la TRANSITion por el descenso vertiginoso del Paso Pordoï, rumbo a Cd'A y el corazón de las Dolomitas. Nos moríamos por una ducha de las "de verdad", soñábamos con una noche en un camping, teníamos bastante decidido tomar un día de reposo. Si Él se tomó un descanso después de hacer el mundo en seis días (ni más ni menos) nosotros nos habíamos ganado el nuestro con el sudor de las frentes. Y que no fuera porque caía en jueves, lo íbamos a tomar como domingo igualmente! Pero no contábamos con el paso por Falzarego y su pequeño bar-tienda de souvenirs donde tomamos el café. Unas cuantas fotos amarillentas de cimas espléndidas con la niebla por bufanda llamaron nuestra atención y ojeamos de nuevo nuestra guía de ferratas: resultó que había una en la Tofana de Roces, a 5 km de allí ; luego le echamos un vistazo a nuestra reserva de agua: lo justo para cenar, desayunar y rellenar cantimploras para el día siguiente. Eso sí, nada de ducha o de lavar los platos; luego revisamos las provisiones: un paquete de pasta, un fondo de pesto y un sobre de sopa, muesli y un yogurt. El comité de crisis en reunión urgente tomó una decisión: no hay necesidad de bajar esta noche a la civilización, podemos aguantar 24 horas más sin ducha, agotar las reservas de agua y comida, llevar la metáfora un poco más lejos y hacer una última ferrata a la Tofana mañana! La lluvia llegará pronto, nos dijimos, hay que aprovechar y hay que hacerlo ahora. Boscán, tarde llegamos. ¿Hay posada…? ¡Bueno, entienda quien pueda!
On est montés se garer, dîner tôt et dormir à côté du refuge Dibona (mais ssht! c'est interdit de camper). Au pied de l'imposante Tofana, les regards perdus entre les silhouettes magiques des sommets environnants: Nuvolau, Averau et Cinque Torri, on a laissé le soleil se coucher tranquille. Juste au-dessus de la côte 2000, la nuit a été fraîche! On s'est levés avec l'aurore, histoire de pouvoir monter les 1290m de dénivelé de l'excursion, passer par le sommet si les conditions nous le permettaient et avaler le maximum de la descente avant que le temps ne se casse la gueule, pour de bon, histoire d'être à l'abri - ou du moins tirés d'affaire - quand la pluie arriverait. En une grosse heure, on a fait l'approche, bordant au pied le versant sud de la Tofana jusqu'à l'entrée de la galerie Castelletto, point de départ de la ferrata et autre vestige impressionnant de la Grand Guerre.
Subimos para aparcar, cenar pronto y dormir cerca del refugio Dibona (pero ssht! se ve que está prohibido acampar!). Al pie de la imponente Tofana, con las miradas perdidas entre las siluetas mágicas de las cimas de alrededor: Nuvolau, Averau y Cinque Torri, dejamos al sol ponerse plácidamente. Justo por encima de la cota 2000, la noche fue fresquita. Nos despertamos con el alba, para poder subir los 1290m de desnivel de la excursión, pasar por la cima si las condiciones lo permitían, hacer la mayor parte de la bajada antes que el tiempo se pusiera feo de verdad, y estar a buen recaudo o, al menos fuera de peligro, para cuando llegara la lluvia.  En una hora larga, hicimos la aproximación, bordeando por el pie la arista sur de la Tofana hasta la entrada de la galería Castelletto, punto de salida de la ferrata y  otro vestigio impresionante de la Gran Guerra.
Les frontales allumées dès la fin des deux échelles rouillées, on est montés presqu'à tâtons le long d'un étroit tunnel au marches irrégulières, percé ici et là de petites fenêtres laissant entrer le froid humide et la lumière terne d'un jour déjà en train de se couvrir. Un peu après 9 heures, on sortait à l'air libre juste derrière l'arête ouest de la Tofana, pour découvrir un paysage minéral et grandiose de tours, d'éboulis, de pierriers et de crêtes invraisemblables. Plafond bas, vent poussant des nuages noirs (qui viennent du Nord), froid de plus en plus mordant.
Con los frontales encendidos al final de las escaleras oxidadas por las que se accedía a la galería,  subimos casi a tientas por un túnel estrecho interrumpido aquí y allá por pequeñas ventanas que dejaban entrar el frío húmedo y la luz apagada de un cielo que ya se estaba tapando. Un poco después de las nueve, salíamos al aire libre justo detrás de la arista oeste de la Tofana, para descubrir un paisaje mineral y grandioso de torres, de cantizales y crestas inverosímiles. Un cielo aplastado por las nubes, cada vez más negras, y el frío cada vez más mordaz.
En fait de via ferrata longue mais relativement facile (un 2 sur 5 raisonnable dans le plus mauvais guide de ferratas jamais publié!!!), de courts passages de roches décomposée et friable protégés par un vieux câble à moitié détressé, alternant avec de longues sections de sentier exposé et difficile au bord du vide, à flanc d'éboulis ou carrément sur des névés (bien sûr, on marche maintenant orientés plein Nord-Ouest, à l'ombre)… Un faux pas pourrait être fâcheux, deux faux pas pourraient être fatals! Heureusement, avertis que les 200m d'arête sous le sommet pouvaient être enneigés, on a pris avec nous 25m de corde et un piolet, qui ont servi plus d'une fois… Presque deux heures ont passé: les vires et les terrasses rocailleuses orientées plein Nord se succèdent, entrecoupées de goulets où l'eau de fonte des neiges s'écoule et se fige en cascades et stalactites, rendant la progression sinon difficile, au moins désagréable.
En lugar de la via ferrata larga pero fácil (un razonable 2 sobre 5 en la peor guía jamás publicada!!!), nos encontramos con pasajes cortos de roca descompuesta y friable protegidos por un viejo cable deshilachado, alternando con secciones largas de sendero expuesto y difícil al filo del vacío, bordeando los cantales o claramente en neveros (por supuesto, andábamos ahora por el lado Noroeste, a la sombra…). Un paso en falso podría tener consecuencias desagradables, dos podrían ser fatales! Por suerte, veníamos avisados de que los 200 m de arista bajo la cima podían estar nevados, y llevábamos en la mochila 25 m de cuerda y un piolet, que ya nos habían sido de utilidad en alguna otra ocasión… Pasaron casi dos horas: las fajas y las terrazas rocosas orientadas hacia el Norte se sucedían, entrecortadas por canales donde el agua fundida de las nieves se escurre y solidifica en cascadas y estalactitas, haciendo la progresión sino difícil, sí por lo menos desagradable.
Plus on monte, plus le temps se gâte, la ligne de vie de la ferrata est gelée et alors qu'on commence à réaliser qu'on est trop montés pour pouvoir faire marche arrière, il se met à neiger. La fin d'une très belle série de beaux jours (six!) et on doit maintenant se dépêcher de sortir par en haut, pas par le sommet bien sûr, ni par la voie normale qui s'échappe juste au-dessus de la côte 3000m. Heureusement, il y a une autre échappatoire à 2700m, par l'épaule de Tre Ditta et le sentier qui redescend facilement au refuge de Giussani. On finit par y arriver, à Tre Ditta, avec un soupir de soulagement et en regrettant un peu le dernier morceau de ferrata et la belle arête sommitale: avec ce temps, monter à 3200m pour aller piétiner dans de la neige gelée, c'est un peu chercher les coups… Une autre fois peut-être? On va d'un bon pas pour rejoindre le refuge, où on passe 10 minutes en terrasse, juste le temps d'apprécier la vue autour d'un caffè latte et de se faire un nouvel ami*. Puis on redescend facilement au refuge Dibona et au camion, où il ne reste même plus assez d'eau pour faire cuire les pâtes. Comme si ce n'était pas suffisant, la bonbonne de gaz nous a lâchés hier soir et il faut utiliser le mini-brûleur de rando… On peut capituler sans regrets et faire une pause. Règle nº6: quand la vague arrive, il faut la prendre et la tenir. Et règle nº7: rien ne dure éternellement, et surtout pas les vagues!
Cuanto más subíamos, más tonto se iba poniendo el tiempo, la línea de vida de la ferrata estaba congelada y cuando nos dimos cuenta de que ya habíamos subido demasiado como para hacer marcha atrás, se puso a nevar. El final de una serie de (seis!) hermosos días y ahora tenemos que darnos prisa y salir por arriba, no por la cima por supuesto, ni por la vía normal que se escapa justo por encima de la cota 3000m. Afortunadamente, una escapatoria a 2700m, por la loma de Tre Ditta y el sendero desciende fácilmente al refugio de Giussani. Llegamos finalmente a Tre Ditta, suspirando aliviados y un poco arrepentidos de no haber podido disfrutar del último trozo de ferrata y la hermosa arista: con este tiempo, subir a 3200m para empantanar-nos en la nieve congelada, era meterse en la boca del lobo...En otra ocasión quizás? Llegamos a buen paso hasta el refugio donde tomamos un par de cafés calientes el tiempo justo para hacer un nuevo amigo*, y bajar hasta el refugio Dibona y a la furgo, donde no nos quedaba agua suficiente  ni para cocinarnos una pasta. Y como si no fuera suficiente, la bombona de gas nos había abandonado la noche anterior y sólo hay el pequeño fogón de excursión… Podemos capitular sin remordimientos y hacer una pausa. Regla nº6: cuando llega la ola, hay que saberla coger y aguantar. Y regla nº7: nada dura eternamente, y menos que nada las olas!
Et voilà! En une paire d'heures, on est à C. d'A., installés au camping, douchés et propres, les courses sont faites pour les prochains jours, on a bataillé pour trouver une recharge de gaz et en passant par l'Office de tourisme, on a pu récupérer une petite carte touristique de randonnées dans les environs (comprendre, de courtes marches en ligne droite et en courbe de niveau pour rallier un Refuge depuis un téléphérique voire, pour les plus courageux, rallier entre eux deux téléphériques!). C'est bon, la pluie peut s'en donner à coeur joie. Nous, on est préparés et pour ce huitième jour de notre Diète Dolo-mythique, c'est relâche.
Et voilà! En un par de horas, estamos en C. d'A., instalados en el camping, duchados y limpios, la compra para los próximos días en la alacena, dimos unas vueltas hasta dar con una tienda para la recarga de gas, recuperamos incluso un pequeño mapa de excursiones por la zona en la Oficina de Turismo (a saber, pequeños paseos en línea recta sobre la curva de nivel para llegar a un Refugio desde un teleférico y para los más valientes, de teleférico a teleférico!). Ya está bien, puede llover a cántaros si quiere. Ya estamos listos para nuestro octavo día de la Dieta Dolo-mítica, es un buen descanso..


* plus sur cette singulière amitié prochainement... / más acerca de esta singular amistad en breve...


Wednesday, June 4, 2014

Un(t)raveling, en plan séquence.


At the beginning of April, we found out Werner Herzog's unraveling documentary "Cave of forgotten dreams", about the stunningly beautiful and unique Grotte Chauvet (Chauver cave), in Ardèche, France (watch it on youtube here).

It contains some painting dating back to 33.000 years ago, about twice as old as any other cave art ever discovered in Europe! Some charcoal bare hands printed next to each other were found to be distant of 5.000 years or more - a duration that eventually makes you consider how young and "short-termed" our civilization is, and how somehow "stable" prehistoric societies must have been... Anyway, at about the same time, while learning the subtle art of sheep shearing in Couserans, we passed by the little village of Le Mas d'Azil and crossed its amazing cave, cradle of the Magdalenian settlings in Ariège and the Pyrenees. Wallis was driving and with no special intention, Futuna filmed all the way through the cave. Yesterday night we came across the footage, we played with iMovie for a while and we eventually got to this point.

Since we liked it very much, we decided to share it. Enjoy the ride!


the Cave of the Mas d'Azil, untraveled and unraveled!