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Friday, November 21, 2014

l'heure des bilans...

Voilà, ça y est: presque sans s'en rendre compte on vient de faire un tour de cadran. Un peu plus de 12 mois d'Un(t)raveling à bord de notre ford TRANSITion! C'est un peu comme dans le film de Kim Ki Duk: automne, hiver, printemps, été... et automne. En résumé et en chiffres, cette première année d'Un(t)raveling, ça donne un peu plus de 16000km à travers 6 pays (et 1250 litres de gasoil, soit 7,8 L/100km de moyenne), environ 25 sites d'escalade (dont certains, malheureusement, sous la pluie) et 8 chantiers-projets divers auxquels on a participé, à hauteur de dix à quinze jours chacun. On a gravi quelques sommets et trempé nos pieds dans quelques lacs de montagne, mais on ne compte plus les mètres de dénivelé ni les heures de marche. On a dormi par -7°C et dans la neige, on a été témoins de l'arrivée de la mousson européenne et on n'a en revanche pas souvent eu trop chaud.
Automne, hiver, printemps, été... et automne sur la route.
Sur la route et sous la pluie.
On n'a pas chômé (plus souvent contre le gîte et le couvert que contre rétribution en argent) et passé au banc d'essai quelques systèmes d'économie (et de vie) dite "collaborative": on a fait du wwoofing, du helpx, du volontariat, du bricolage et du DIY contre gîte et couvert, du couchsurfing, des chantiers participatifs, de l'apprentissage, du troc, du travail saisonnier, du freelance et même un peu de parasitage en bonne et due forme de nos familles et amis! On a vu pas mal de pluie tomber par la fenêtre et regardé pas mal de films pendant que la pluie tombait par la fenêtre: des bons et des moins bons... On a écrasé un nombre incalculable de moustiques et on a gratté un nombre conséquent de leurs piqûres malgré tout. Tout compris - on dit bien absolument tout compris - cette année de diesel, péages, tunnels et bacs, entretien du fourgon, assurance, contrôle technique, quelques campings, gîtes ruraux, refuges ou restaurants occasionnels, gaz, nourriture et boisson dont quelques tranches de basse-côte et bouteilles de vin rouge, médicaments et consultations d'ostéopathie sporadiques, pharmacie et cosmétiques, cartes postales, timbres, cadeaux divers et variés, souvenirs, mais aussi les factures du portable, laveries et pressings, achat de livres, de guides d'escalades d'ici ou d'ailleurs, musées, monuments, remplacement de fringues, chaussures de montagne, matériel de sport en général et de grimpe en particulier, sans oublier tous les cafés au lait, cortados et autres caffe latte, véritables sésames à débloquer les wi-fi d'ici et d'ailleurs... tout ça mis bout à bout, donc, a coûté 9360 euros TTC, soit 780 euros par mois, pour deux personnes, all inclusive, même le moins avouable et le plus futile.
Le deuxième petit déjeuner: au jardin et au soleil!
On a rempli le contrat qu'on s'était fixé: vivre à deux avec moins de 800 euros par mois, c'est à dire financer intégralement l'aventure avec notre travail sur la route. Et c'est un autre aspect de l'aventure dont on est très contents!

Et puis rendus là, on remercie évidemment beaucoup amis et famille qui nous ont accueillis tout au long du voyage, pour une nuit ou pour une semaine. Plus ou moins dans l'ordre et sans oublier personne (on espère): M. K. et la petite I., les vétos de StJPP, K. S. et los dos polluelos, X. et son coloc au pied du Xindoki, W. et ses petits plats à Burgos, la belle L. et ses colocs à Pau, U. et L., D. M. et le grand petit L. pour un passage éclair par la Catalogne, nos parents, le beau M., sa MC et leur petit U., D. L. et le petit Z., M., G. et L., le clan des furets (et pas des blaireaux!): B., A., E., L. et la petite M., notre brun ténébreux préféré, A. ainsi que sa charmante maman, Ch. et ses interminables journées de tonte, la fine équipe de Clémencelle (c'est où ça?), Ma et Ma, nos australiens adorés, J. et T. et notre chère G., M. et J. en escapade romantique et sans enfants à Sin City (mais aussi avec enfants et à domicile), Gi-Gi, leur famille et tous les membres de la confrérie de la porchetta pastorale.
Atelier, cuisine et salle de bain du chantier de Clémencelle (c'est où ça?).
Un grand merci aussi, bien sûr, à tous nos hôtes de CS, wwoof, helpx et chantiers de France, de Navarre et de plus loin - ceux que l'on a déjà envie de retrouver, ceux qui nous manquent, ceux que l'on reviendra aider avec plaisir et... les autres. Il y a aussi ceux que l'on n'est pas passé voir, ceux dont les dates ne correspondaient pas, ceux qu'on devait aller voir puis la route a changé et les quelques rendez-vous manqués. Rassurez-vous, on a adoré cette première année et on est bien décidés à remettre ça. Donc à tous ceux qu'on a épargné en 2014, vous pouvez trembler et préparer la chambre d'amis: en 2015, Un(t)raveling va venir squatter vos canapés, cuisiner des trucs super bons et repeindre ou réparer quelque chose. Be prepared... Oh yeah!

Naturellement, passer une année entière à deux dans les six mètres carrés de notre cher TRANSITion! et les espaces que nos hôtes ont voulu/pu faire pour nous dans leurs réalités quotidiennes respectives n'a pas été facile tous les jours.
Se sentir chez soi n'importe où, ou presque!
Le froid, la fatigue, la faim ou le besoin pressant d'une douche ont quelquefois pesé lourd dans la balance et on sait désormais qu'il ne faut pas se lancer dans de grandes discussions sur la vie ni faire des plans à long terme avec le ventre vide ou avant une douche bien méritée. Ça n'a pas non plus été difficile, hein, comprenons-nous bien. Mais il faut reconnaître que c'est un peu plus gourmand en énergie, en enthousiasme et en capacité d'empathie que d'arriver "chez soi", allumer la télé et prendre un café ou une bière. Maintenant, disons-le sans détour: c'est extrêmement satisfaisant et épanouissant, ça fait un bien fou et ça impose une discipline difficile à imaginer depuis l'extérieur, ou à l'avance... On a la sensation d'avoir énormément appris. Appris sur l'Autre, sur nous-mêmes et sur les relations entre humains ; sur les valeurs que l'on considère fondamentales et sur ce qui nous rassure, nous fait sentir en sécurité. On a la sensation d'avoir remis quelques pendules à l'heure dans nos habitudes et nos réflexes culturels ou sociaux. On a la sensation d'avoir remis en question (non sans quelques vagues ou quelques secousses) pas mal d'idées préconçues et d'a priori sur l'intimité et l'espace privé, sur le confort, la propriété et la consommation, sur la notion même de "foyer", "home" ou "hogar": un lieu où poser les valises, s'asseoir et respirer, pour quelques jours ou pour une petite heure à l'abri du tumulte et des regards. Un espace qui n'est plus forcément matériel, mais plutôt un sentiment ou - comme beaucoup l'ont ressenti et exprimé avant nous - un état d'esprit. L'odeur du Nangchampa jaune, cette couverture qui nous suit partout, qui signifie sieste sous un arbre ou après-midi d'hiver, ou encore les quelques classiques de notre bande-son, des thèmes qui nous accompagnent en même temps qu'ils nous transportent. "Ces poissons qui s'en vont, comme le thème au long du chant", authentiques merveilles de sagesse quantique, on sait qu'ils ont le pouvoir de transformer n'importe où en ici et maintenant et on est contents de les partager:




Mais réduire notre dépendance à la matière, aux choses et en particulier à celles que l'on flanque systématiquement - moins par nécessité que par habitude - d'un adjectif possessif: mon sac, ta voiture, notre salle de bains... ne veut pas dire que nous sommes devenus, ni en passe de devenir des corps subtils, des êtres d'éther, des gaz parfaits.
Une salle de bain avec vue? Non. Un abreuvoir récup' pour brebis rustiques.
On a eu froid, on s'est sentis sales, on a failli devenir dingues après avoir passé 8 jours sans se laver la tête, on a mesuré à quel point être fatigué ou avoir soif peut rendre susceptible et irritable, n'y revenons pas. On a craqué quelques fois et on s'est retrouvés en moins de temps qu'il n'en faut pour faire bouillir un oeuf dur, installés dans la chambre proprette d'un gîte rural ou sous la douche brûlante d'un camping en rase-campagne. Nos rares mais dangereuses descentes dans les villages les samedi après-midi, à la recherche d'une belle araignée ou d'une tranche épaisse de basse-côte, sont entrées dans la tradition orale des bouchers de France et de Navarre ; il en est même en Belgie qui gardent le souvenir de nos mines déconfites devant leur offre de beefsteack fin et gris comme les feuilles d'un missel... Voici donc un petit hommage, à quelques petits luxes, grands plaisirs et objets inanimés qui ont rendu possible (ou au moins facilité) ce non-voyage:
Même perdus dans l'hiver et la brume, on garde toujours l'espoir...
- la douche chaude est sans aucun doute le premier de la liste, qu'il s'agisse d'une salle de bains conventionnelle, d'un cabine de camping, d'une baraque en palettes sur un chantier ou de la branche d'un arbre en pleine nature. Dans ce dernier cas, on recommande vivement le compagnon nomade indispensable et ultra-léger : pocket shower de Sea to summit et son complément cuisine incontournable le kitchen sink. Minuscules et faciles à transporter pour se sentir partout comme à la maison... ou presque. On précise qu'on n'a aucun intérêt commercial à vous conseiller ces produits: ni Sea to summit, ni Google, ni Amazon ne nous paient pour vous en parler et on ne gagnera pas un centime si vous les achetez. Tout au plus on sera contents de savoir qu'ils vous rendent service autant qu'à nous!
- en seconde position juste après l'eau vient la lumière... On trimballe partout, dans le camion comme dans le sac à dos (et même pour aller escalader en plein jour) une paire de lampes frontales Tikka de Petzl avec piles AAA rechargeables, mais aussi une lanterne à LED rechargeable sur 12v, 220v ou grâce à sa dynamo intégrée. Sortir en pleine nuit sous la lune, armé de papier toilette et d'un piolet pour aller creuser une petite latrine entre deux taillis est sympa, mais pouvoir s'éclairer un peu le rend quand même plus facile. Sans parler de toutes les autres activités courantes...
Le sunday brunch version Futuna & Wallis. 
- se maintenir au chaud pendant et après l'effort devient un point critique quand on n'a pas vraiment de source de chauffage autre que biologique. Hum... Sans être des malades du matériel de pointe et de la technologie au service du sport, on a fini par reconnaître qu'un bon vieil Odlo ou Capilene sous un pull, c'est drôlement efficace. On a aussi succombé à ces fringues extrêmes qui réchauffent, ventilent, isolent, compriment, soignent, massent et semblent ne jamais se salir, à tel point qu'on les garderait 24h/24 pendant des jours, qu'on dormirait et se doucherait avec... un grand merci donc, à Adidas et aux Lacaunais qui enrichissent ou renouvellent régulièrement notre garde-robe! Encore une fois, on n'est sponsorisés par personne et on ne prétend pas faire de pub.
- enfin, une fois propres, au chaud et éclairés, on n'a pas besoin de grand-chose de plus: une tranche de basse-côte de Maine-Anjou ou de Parthenaise, plus parfumées que des races à vocation bouchère stricte ; un vin de pays pas cher (rouge et du coin, de préférence) ; un oeuf frit sur un peu de salade avec de la moutarde à l'ancienne, du fromage et le plat de choix pour le soir: soupe ou bouillon de légumes de saison, avec suivant les cas du speck, du miso ou du jambon de pays. On a aussi pris l'habitude, grâce à nos chers L. et R., de faire notre propre yaourt: on chauffe un litre de lait jusqu'à la température exacte de "quand on peut y tremper un doigt 10 secondes pas plus, pas moins, sans se brûler", puis on le laisse une nuit dans un thermos en métal qui contient encore un fond du yaourt précédent.
Euh... Ça se passe de commentaires, non?
Simple et délicieux, on le petit-déjeune les matins suivants avec un peu d'avoine et un fruit et on ne le garde même pas au frais: le contenu du thermos tient le coup trois-quatre jours sans problème! On a également adopté et adapté la recette des pâtes Sayin, un grand merci à notre cher U. pour son secret: les pâtes cuites sans eau! Directement dans la sauce de leur accompagnement ou dans la crème fraîche, on les laisse couvertes à feu doux et on n'a pas besoin de faire chauffer des litres d'eau que l'on jetterait ensuite, On recommande d'éviter avec les tagliatelles et spaghettis; y préférer des farfale ou torsettes... Et pour clore le chapitre plaisirs de bouche, comment ne pas mentionner le chocolat qui soigne tous les bobos, règle tous les conflits et accompagne toutes les séances de cinéma sous la pluie sous une couverture: l'exceptionnel Lindt au zeste de citron vert! (en plus, il est fabriqué à Oloron Sainte-Marie! Conso locale, ouais!) Et merci à D. et L. qui nous l'ont fait découvrir...

Il nous faudrait parler encore des livres qui nous ont accompagné, de ceux qui nous pesaient au fond du sac depuis longtemps et ont trouvé un écho ou un terrain favorable au cours de cette année d'errance(s), ceux dont la sagesse et la sensibilité ont réchauffé et éclairé, justement, notre route (s'il fallait n'en citer qu'un, ce serait Dharma Bums, de Kerouac). Et rendre justice à une célèbre enseigne de fast-food très bien représentée sur notre territoire, dont le wifi gratuit et illimité est si puissant que l'on peut parfaitement le capter depuis le parking. Le personnel y est remarquablement patient, qui nous sert en souriant deux cafés contre trois heures d'internet installés confortablement sur des banquettes design et ne refusent jamais qu'on branche l'adaptateur secteur. Il est vrai que le prix à payer est élevé: l'eurodance et le hip-hop poubelle de Fun radio et NRJ à fond non-stop! Mal de tête garanti à la sortie. Et puis c'est vrai que quelquefois, on succombe à une portion de ces petits bâtonnets de carton salés qu'ils appellent frites... Qui a dit qu'il fallait toujours être cohérent?

Sur un bac en Hollande. Noter à droite le pot de pâte de Speculoos, aliment prodigieux à la fois gras, sucré et salé!
En résumé: on a passé une année extraordinaire, la tête pleine de quotidiens toujours renouvelés, et on ne compte en rester là. Rendez-vous donc très bientôt pour d'autres aventures, d'autres projets et toujours des Welcome to et des Handmade with love! Et un immense merci aussi bien sûr à vous qui nous suivez, de près ou de loin, dans ces colonnes!

Friday, October 31, 2014

a very merry (un)birthday to... us!


Thursday, October 23rd 2014. A week left to complete our nomadic round-the-clock: twelve months on the road in our van TRANSITion!, living, working, volunteering, exploring and climbing. In a word, un(t)raveling... As we drove around Millau heading north-east to the gorgeous gorges de la Jonte, the mid-morning sun gave us a warm welcome. Medieval castles in ruins and gothic cathedrals of multicolour limestone emerging from the round green slopes, silver waters making their way through the bushes of oaks, wineyards, orchards and picturesque tiny villages. After last year's visit, it was indeed very nice to see the beautiful landscape around us with no rain, no mist, no fog. And quite exciting to discover a huge and almost too-good-to-be-true natural playground along the banks of le Tarn, la Jonte and - just a bit further, la Dourbie. "This time - Futuna said to himself as Wallis negociated a sharp curve before passing along the Bleu des Causses cheese coop - nothing will stop us from climbing!" Poor little thing, for thou did not know how true thy promise would prove to be...

the Gorgeous of the Jonte from the car park (and from left to right):
Capluc, le Révérend, Pégase, la Cathédrale, le Cirque des Vases, la Roche décollée and le Bitard.

Anyway, the twenty-five kilometer drive along la D907 finally took us through le R., a lovely village even tinier than the previous ones we had crossed, but world famous as the main entry and base camp to the gorges and their many climbing sectors. Behind the cross and ruins of le Capluc, stood in a quiet and wavy line of magnificent carved rocks the impassive shapes of Le révérend, Pégase, the Cathédrale, the Vases de Sèvre et de Chine, the Roche décollée, Le Bitard, La Licorne and Fusée. If many sport routes of all grades can be found along the gorges, these are particularly renowned for their multipitch climbing, tipically of 3-4 and up to 7-8 pitches, both bolted and trad. Despite the diferences in grade and style, most local climbs have in common their tough and old-school grading and equipment. Understand: when la Jonte's surprisingly expensive, vague and misleading climbing guidebook describes a V+ fully bolted route, you have to be prepared for anything ranging from a V+ fully bolted route to an exposed strenuous tricky 6a+ with 5 spits in about 30 meters (true story!). But any local would tell you this is the unique, second-to-none charm of la Jonte: its old school touch and thrilling big time adventure flavor... This statement is even the very introduction of the guidebook, poorly translated in no less than five languages. Printed in a drooling festival of black-and-orange Halloween-like confusing jumble of text and drawings, the authors explain "this second edition paid for 6 years of equipment and maintenance of the climbing sectors". No kidding! With a spit every 5+ meters, I bet the 25 euros of one sold guidebook are enough to equip a whole sector... Anyway, we'll have many opportunities to complain about this tough guys' philosophy during the next few days. As a french climber and blogger says (link below): "A la Jonte, il faut savoir deux choses : premièrement, on n'y va pas pour poser des dégaines mais pour grimper (dicton d'un grimpeur anonyme). Ensuite, "équipé loin" se dit "équipé athlétique". Quand on sait tout cela, on est armé!". But let's make a fresh start and enter the thick of it: a whole week of climbing un-birthday celebration under the sun!

from the second belay of Les femmes et les grimpeurs...
Day one: just a little bite! Les femmes et les grimpeurs d'abord (90m - V+/6a) is a perfect introduction to climbing in la Jonte. Nice and easy, comfortably bolted but it gives you a taste of what to expect: air, views, vultures and fine climbing... A special mention for the beautiful last pitch, steep and straight up the wall to the foot of the gorgeous Vase de Sèvre. While abseiling down the neighbour Crise éléphantine, a couple of climbers passed us along in a narrow trail equipped with wires and fixed ropes and got to the ground in less time than we needed to unravel the jammed ropes. Many thanks to the f---ing local guidebook that says: "descent abseiling the 2 pitches of Crise éléphantine" without mentionning the easy and comfortable via ferrata-like trail!
the line of Les femmes et les grimpeurs ; a happy family at the second belay ; the mom in the last pitch (V+/6a).
Day two: just a little bit! following the advice of an unknown but friendly and talkative would-be-local from Montpellier, we headed to the left side of le Bitard sector to try one of his must do's: the long traverse of La diagonale du gogol (140m - 6a+) that passes all the way behind the Roche décollée, to end up far left in the Cirque des Vases, pretty close to the Vase de Chine. The first two V pitches climb straight up an easy wall, where falling is not a concern but not an option either, because of the air between the bolts... The third one (V+) is a steady traverse passing in the shade of the Roche décollée, expertly lead climbed by Wallis who complained a little bit about the greediness of the avarice of the equipment. The fourth pitch and main course is a short but very steep little 6a+ wall with a couple of awkward moves to get off an overhanging slippery crack. Powerful and not too easy to read, it took Futuna two attempts to get rid of the crux and make it to the belay. Fifth pitch is another V+ traverse with fewer bolts than you'd dream of (and expect) that takes you to a breathtaking balcony with a view. And last but not least, the most enjoyable pitch crosses the slick face of a dihedral before climbing all the way up its twenty meter central overhanging crack, powerful and pleasant. Once she got to the top, Wallis declared something like "I understand the name of the route, now. The diagonale is quite obvious, but you do need to be a gogol (a retard) to wanna climb or recommend that!". Ha ha ha. Back down to earth, we took the van to the Belvédère des vautours car park and needed nothing but a warm-ish "solar" shower and a plentiful pasta with cheese and red wine to call it day and go to bed early! While climbing and particularly when Wallis leads or when Futuna is suffering, we do not always take the camera off the backpack. Here is a link to a very nice climbing blog (in fwench) with nice pictures of this route and some more we also climbed here and there... I guess we should ask them how they deal with shooting and chasing pics while they lead climb, because I often refuse to take the risk to break our dear little Lumix as I did with the former (and way less sexy) Cybershot.
enjoying a short rest in the sun and stretching the finger toes at the fifth belay...
the amazing views from the last pitches of the route: the Roche décollée (left) and the Vase de Sèvre (right).
Day four: just a little bight. after a 24 hour break of uncertain weather, social networking, remote tele-conferencing and climbing gear hunting down in Millau, we took no risks on the cloudy morning of this fourth day and headed to the easy and enjoyable Le Révérend (110m - V+). Classic among the classics, the route does not have a single tricky move or crux, although some sections (especially the traverse in the second pitch, a decent V) are bolted with a bit of distance. This can be a bit of a problem for climbers who try their first multipitch and are used to sport bolting. Generally, most routes at la Jonte require you to be comfortable in the grade you climb: we successfully tried up to 6b - a fall or mistake can be pretty scary - but had to give up the nasty 6c pitch of the route just right of Le bitard (if you post us the name of the route, we'll send you a postcard from somewhere as a reward!) because the next bolt proved impossible to reach (for us). Anyway, back to the topic... Last pitch is a beautiful, nice and very fun thick crack taking you to the top of a needle just a few meters below the summit of le Révérend. What a nice and aerial, high mountain atmosphere for such a short and easy climb! It started to rain just as we prepared the rope for abseiling down, so we decided to safely hike along the Jacques Brunet trail towards Capluc, then back down to the start of the route and to the car park (about an hour in total). Shower, lunch/dinner and the begining of our F.F.Coppola cycle with "The godfather I", in bed with double blanket and a cup of tea! Al made us an offer we couldn't refuse...
the line of Le Révérend from the GR trail ; Wallis reaching the third belay ; the view of beautiful La cathédrale.
Day five: just a little B (plan)? We were determined to climb Biotone and Crise éléphatine at the Cirque des vases. When we got at the foot of the first one, two rope parties were already stepping each other's fingers in both of them. We thought of La gueule du look as a good alternative, walked there only to find a rope party about to start. Plan B aborted. We followed the gorge, talked with the providential moustache-bearing-former-neighbour-of-Futuna's-sister-who-happened-to-be-climbing-there-on-that-day and he recomended we tried another easy classic among the easy classics: Le bitard (100m, V+), combined with À nous la légion, a tough two-pitches (an impressive V+ traverse and a hard 6a diagnoal crack), with the cherry on top: a overhanging abseiling down from the top of the route back to the summit of Le Bitard. We got there as a young couple started the route and waited for about 45 minutes: too tired to walk and too lazy to look for a plan D. The first four pitches (Le Bitard) are easy and, yes, really easy. Nice pockets and holds all along, a surprisingly varied rock - particularly beautiful in the second pitch - a slightly more physical, continuous section along the third pitch and an impressive patio with stunning views and vultures on the rock* to get to the top. The combo with À nous la légion is worth it, but not too much. Jumping from the top of le Bitard pilar to the main wall, with nothing but the rope on your shoulder and the belayer sitting behind you is but an aperitive for the poorly bolted 25 meter traverse along a thin ridge: first to be used with your feet, then (once all hand holds have suddenly disappeared) lowering as you can to hang to it with your hands and traversing with your feet in the void... But this is tipically worse for the second, so I won't complain. The 6a pitch is, sorry to say, hard for the grade: working your way along a diagonal crack on a very steep and eventually overhanging wall, hands and eels desperately searching the round lip for a hold. And as you'll guess, not too many bolts... Once you reach the top, your reward is a 20+ meter overhang to abseil down, what the Fwench call a fil d'araignée ("spider wire"), hanging from the ropes with no body part touching the wall, with no other option than spinning around weirdly until you eventually land on the small flat terrace of le Bitard. The friction hitch gets very hot as you fail to decide whether it's better to hurry up or to slow down... You should have seen Futuna's face!
classic Le bitard: nice and easy second pitch, impressive traverse of the fifth pitch and about to abseil down from the top.
Day six: after talking with several climbers and observing a couple of rope parties struggling with the route, we decided NOT to climb the mythical Arête ouest of la Roche décollée and chose, instead, the straight line of La gueule du look (120m - 6a), a long scar that goes all the way up the south face of la Roche. We had heard the first pitch was long and the crappy local guidebook mistakingly showed the first belay anchor much lower than it actually was. We had heard a fifty meter rope was slightly too short and thought a sixty meter one would do the trick. After a nice promenade up an alpine-style crack, Futuna got stuck with just a few meters of rope left and no clue about where to expect the belay anchors. He felt lucky already that the line was extremely clear (follow the crack, follow the crack, follow the crack), because each next bolt could in no way be seen with bare eyes!
a party up La gueule du look, at Roche décollée.
So, after an improvised belay was set a about 55 meters from the ground (a long sling around a boulder, a bolt and a comfrotable ridge for the feet), Wallis got up a good ten-to-twelve meters to an old, rusty anchor you would never use, unless explicitely told to (in a route description on a guidebook, for example). From there, she belayed Futuna up the last few meters of this exhausting 60 meter first pitch of a fairly easy 6a! The rest of the route was of the exact same "follow the crack" style, with distant bolts and an invisible second belay, hidden deep inside the crack... Even with this one, we completed the route in three pitches and still wonder what the actual sequence should be. Anyway... The last pitch was a lot of fun, especially when the crack opened wider and deeper, requiring you to sneak inside then choose your side. These last ten or fifteen meters had plenty of most welcome amazing holds and pockets, where one put their hands with great joy and relief, only to discover they were litterally full of vulture poop. Yummy! Once you reached the top, the way down was easy from the north side of la Roche: a short section abseiling down from an old oak, a steep trail and another comfortable section abseiling down to the ground, very close to the start of l'Arête. Hungry and tired, we decided to make the most of the day and headed straight to Biotone (90m, 6a+), which we climbed with haching feet and extreme thirst. Futuna managed to miss a belay again, resulting in another 50+ meter pitch that left him devastated. Wallis leadclimbed the last pitch and had the honour to settle at the surprisingly uncomfortable last belay, while no pictures were taken during the whole ascent... Long story made short: 200+ meters in 8 pitches of a generous 6a under a bright sun, a lot of complications and confusions with almost no water, but two beautiful and highly recomendable routes, indeed!
la gueule du look: the line, the way up to the "first" belay, the "second" belay inside the crack.
the last meters of the last pitch: watcha where where the vultures poop and don't you...
Day seven: determined to play a vibrant finish to this climbing symphony in spite of our state of fatigue, we woke up late and headed to the deepest part of les gorges, after a couple of young enthusiasts told us about Gallo loco. But we needed more, or so we thought! We ended up climbing L'air du temps (140m, 6b) instead. After a surprisingly hard first V+ pitch (did we miss something there?)combined with the second one (a nice V) to try and save some time, the third one was a beautiful 6a crack. Quite physical but really enjoyable, it only served to prepare us for the big piece of meat: a thin and technical 6b whose crux came right between the last bolt and the belay, By the way, why the hell were they so distant? A nasty and very long lateral move, with virtually no feet at all and nothing but a slippery roundish piece of crap for the right hand took Futuna a couple of attempts and a good fall before clipping the anchor. Fifth pitch was a short chimney followed by a short traverse to a cozy terrace. The last and sixth one would have been the average nice and easy 6a, if only Futuna hadn't mistakingly climbed the first half of the neighbour overhanging 7a+, resting at each and every bolt and thinking something like "Ford! I reckon I'm tired but this 6a is probably the hardest I've climbed so far". Ha ha ha... Let's be honest and recognize that the marvelous local guidebook clearly says you "have to be careful there and head to the left in order to follow the route"... We reached the top, drained and happy, walked along the cliff until the comfortable anchors and abseiled down with the sunset, enjoying the daylight until the very last minute, had a delicious last warm-ish "solar" shower and plentiful pasta with cheese and red wine, and happily called it a week!
l'air du temps: the (hard) fourth pitch, the last meters of the last pitch of the last climb and the way down.
Epilogue: the story behind the story. On the morning of the second day, Futuna woke up with a sore shoulder but decided to say nothing and keep climbing. "It doesn't hurt while I climb, he said to himself, so if I keep climbing, it's gonna be alright". Poor simple-minded ingenuous little thing... As our readers can imagine, it only got worse as Futuna stuck to his promise to climb, climb and climb as long as the sun would keep shining. Almost one month and 3 osteopathy consultations, he still has his left arm tied to his chest, does nothing but social networking, blogging and online press reading, and accepts the opioid pills his mother offers him every other night to get some sleep... But hey, after a rainy year of unclimbing frustration, what would YOU have done in his place?


* Because they've been with us and around us all the time during these seven days on the rocks,
we want to give our warmest thanks to the feathery team of the vautours fauve (Gyps fulvus) of
the Gorgeous of the Jonte. Your support and presence were most appreciated, fellahs! 
Here are a few pictures of them, from us to you:

Tuesday, October 14, 2014

ils ont testé pour vous: l'Un(t)raveling...

... une rencontre camarguaise et une contribution de G. à ces colonnes!

Mercredi 8: temps lumineux au départ de Bélaséra, mais en roulant vers l'Est, nuages de plus en plus menaçants contre lesquels le soleil se bat aussi bravement et vainement que G. contre l'assoupissement qui l'assaille jusqu'à la gare de péage de M. où elle reprend le co-pilotage avec le sérieux et l'efficacité habituels.
Levant émincé sur son lit de cresson et cheval blanc en sauce camarguaise.
Aux abords de St. G., recherche d’un coin « idéal » pour casser la croûte, recherche toujours délicate car l’«idéal» pour F. est un banc sur la place de l’église d’un village, alors que G. rêve d’un bucolique tapis de mousse sous un arbre à la ramure bruissant sous la brise… Pour cette fois, ce sera un bord de chemin en terre détrempée par les intempéries des jours précédents, une demie fesse posée sur un vieux poteau électrique en équilibre instable, entourés d’herbes sèches et piquantes… En fait d'herbes, ce sont des moustiques particulièrement agressifs voire venimeux au vu des impacts sur bras, mains et chevilles – d’où un départ précipité après un échange de civilités avec un local ravi de causer à «des Ariégeois».
Nid propret camarguais, faïence et ferronnerie d'art.
Une dizaine de kilomètres plus loin, grâce au ballon accroché au portail et à la clé cachée sous le pot de fleurs, c’est l’installation dans un charmant petit nid propret: bois lasuré et pierres apparentes, dallage, jonc de mer et linge de maison dans une harmonie de blanc, taupe et ocre, couronnes de bienvenue, cages à oiseaux en fil de fer, poules et lapins en céramique, bouquets séchés et… encore des moustiques! Petite sieste avant l’arrivée de W&F, en furgo et en fanfare. Puis goûter, bavardages et promenade dans et autour du village.

Jeudi 9: beau temps et grand vent, autant aux Stes-M.-de-la-M.: belle cathédrale fortifiée, lumineuse à l’extérieur et sombre dedans, entourée de sa nuée de vendeuses de médailles miraculeuses, et de tous les attraits d’une station balnéaire ordinaire (cafés, restos, boutiques de fringues et de seaux en plastique…), que pendant la traversée de la Camargue sur une piste empierrée, malaisée, nid-de-poulée et longeant des lambeaux de Vaccarès où des flamands roses en ligne sur un pied posent pour la photo tandis que de rares taureaux, moins nombreux que les panneaux mettant en garde contre leur présence, partagent la lande poussiéreuse avec quelques chevaux d'un blanc sale. Pas la moindre maison de Gardian en vue, pas un champ, ni même un seul pied de saladelle… Vous avez dit Camargue?
Brochette de flamands façon Vaccarès et son panaché d'ex-voto, sucré-salé de nuages et algues.
Casse-croûte de plein vent à la terrasse d’une auberge fermée au bord du Vaccarès, puis P. St-L.: grand vent, mer démontée, kite-surfers, embruns iodés et exfoliation naturelle au sable! Les maillots et serviettes emportés en passagers clandestins par une G. toujours aussi « adolescente » (sic.) et rêveuse restent dans le sac!

 Vendredi 10: toujours du beau temps alors que tempête et inondations sévissent dans le Gard et l’Hérault. Les B. de P.: voitures, cars, touristes, échoppes « aux saveurs/ couleurs/ senteurs… de Provence », beauté des murs en pierre et de la vue sur les Alpilles, mais à mille lieux du souvenir flou de G. d’un lieu rocailleux et désertique.
Bouquets d'arbustes méditerranéens à la mode des Baux, leur vitrail Renaissance à la grand-rue.
St R. de P.: agréables allées de platanes, vieilles rues et belles maisons aux ferronneries intéressantes, mais toujours les boutiques-à-touristes « provençales » et étonnamment, quelques difficultés à se faire servir à manger à 13h30. Au détour d’une rue, une caverne d’Ali Baba retient longuement l’attention – et suscite l’émerveillement de – F. Puis visite d'A. enfin, sur le chemin du retour : après avoir longé un Rhône tumultueux et boueux, surprise lumineuse des arcades dorées des arènes surgissant sur le ciel bleu en haut d’une ruelle en pente. L’amphithéâtre bien protégé de ses hautes grilles (et accessoirement d’un sas d’entrée!) et la longue allée des Alyscamps: ombragée, apaisante (et accessoirement payante!). Les vers sont sur les lèvres, mais plus l’auteur : il faudra attendre l’internet pour retrouver Paul Jean Toulet le Palois (dont on peut voir le buste au Parc Beaumont de Pau) et l’intégralité du poème. Souper revigorant et mérité, autour d’une marmite de moules à la catalane façon W&F*.
Gratin de vieilles pierres à l'arlésienne, sa salade gallo-romaine et sa fondue d'alyscamps.
Samedi 11: malgré une matinée maussade, départ courageux mais tardif vers Le G. du R. : grand soleil, pas de vent mais hélas ! pas de maillots cette fois…Délicieux casse-croute sur les roches plates d’une digue, entourés de mouettes et goélands, puis départ précipité pour A. M. en raison d’une virulente attaque de moustiques. Touffeur moite sur le bourg médiéval fortifié, fête foraine, décibels, odeurs, grouillements humains, difficultés (encore !) à se faire servir un petit café. Retour au gite, au calme, aux activités de chacun, réconfortantes tagliatelles à l’émincé de poireaux accompagné d’un petit rouge des sables local.

Dimanche 12: ciel menaçant et gros nuages noirs, mais retour sans encombre à Bélaséra et reprise des activités normales. Poursuite de la course contre la pluie, effrénée et désespérée, pour Wallis et Futuna...
Impasse de lapin chasseur, croquants de vieille brocante et son coulis de plus de 40 ans de complicité.


* et à la demande générale, la recette des Moules façon W&F:

pour 4 personnes, on se procurera:

- 2,5 kg (généreux) de moules (on compte 500-600 g par tête et on arrondit),
- 2 beaux oignons, 1 carotte, 1 branche de céleri,
- 1 bouteille (ou brique) de vin blanc de cuisine,
- 100 à 120 g de bleu d'auvergne, de fourme ou de roquefort,
- 2 gousses d'ail, 1 feuille de laurier, sel, poivre et un doigt de crème fraîche liquide.


Mettre au fond d'une grande cocotte du beurre ou de l'huile d'olive (ça c'est culturel, ça se discute pas...) et éventuellement un talon de jambon coupé en dés, voire du chorizo. Y faire dorer l'ail et la feuille de laurier, puis ajouter l'oignon coupé en fine rondelles et laissé quelques minutes au sel. Ajouter ensuite la carotte et le céleri émincés et laisser mijoter sans couvrir.
Wallis & Futuna après avoir préparé et mangé leurs fameuses
moules (ça se passe de commentaires...)

Pendant ce temps, laver (brosser et arracher le byssus) les moules en écartant toutes celles qui sont cassées, ouvertes ou qui ont l'air vides (légères). C'est long et pénible, et sans cette étape, nous on mangerait des moules 3 fois par semaine...

Couvrir le fond bien doré de vin blanc, peut-être pas toute la bouteille mais pas loin (le reste se boit au goulot pendant la cuisson des moules, de préférence avec une grimace de dégoût). Quand l'alcool s'est évaporé (au bout de quelques minutes), on peut jeter le fromage "bleu" en petits morceaux et les moules puis laisser couvert un petit quart d'heure. On soulèvera le couvercle de temps en temps entre 2 lampées de vin blanc pour vérifier que les moules s'ouvrent et que l'odeur est envoûtante.

Couper le feu, verser le doigt de crème et bien remuer, puis servir accompagné d'un gros vin rouge, de bon pain et/ou de riz blanc. Voilà!