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Thursday, February 23, 2017

CONtes de la FOLiENS ordinaire

et autres histoires.

À titre emprunté, on ne devrait pas trop regarder les dents. Et encore moins lui tripoter les syllabes. On le rendra donc à qui de droit, en même temps qu'un hommage de circonstance - sobre et subtil. Voilà, ça devrait faire l'affaire...

Antiquités Brocante, mais pas seulement: Pension de famille dans son jus, aussi!
Tout ça parce qu'on n'avait nulle part où ranger une vieille édition de poche jaunie qui traînait depuis longtemps et que faute d'autre chose à se mettre sous la dent, Futuna avait décidé de le lire. Et puisqu'il y était, de jouer un peu avec. Pourtant, le décor était plus buccolique que Bukowski. Pourtant, il évoquait davantage une idylle dans un motel à la Wong Kar Wai que la vie dans un bordel au Texas. Mais c'est l'occasion qui fait le larron, non? Et retourner à la case départ a ceci de bon qu'on recommence, réinvente, refait et reconstruit. Mais aussi qu'on fait des trucs qu'on n'avait pas ou n'aurait pas fait "en temps normal".

C'est quoi un temps normal, d'abord?

Bien. On venait de rentrer de notre non-voyage au bout du monde. Et comme au bon vieux temps, on n'avait plus vraiment de chez nous, sauf un petit lit sur 4 petites roues. Wallis avait donc cherché du travail saisonnier de vétérinaire sanitaire pour les premiers mois de l'année. N'importe où, ou presque. Elle en avait même trouvé, qu'elle avait accepté. Elle avait fait tout ça depuis le Japon. Ouais. Sur internet, avec un entretien par Skype. Elle est comme ça, Wallis. Rien ne lui résiste. Cause she's cool, you know? L'affaire se passait pas très loin d'Oradour-sur-Glane (ceci explique cela), au beau milieu de nulle part la Charente limousine. Futuna, quant à lui, comptait retourner au Pays Basque comme tous les ans et attendait pour ça que le téléphone sonne. Eh oui! Futuna est adorable bien qu'un tantinet moins proactif. Faut dire qu'il avait déjà des traductions/révisions pour occuper tout son mois de janvier.

tout y est: la vierge, le kitsch postal et le mobilier "vintage" (pour ne pas dire désespérément ringard), les portraits de famille et l'ivoi'art...
"Bah", il s'était dit. "Quite à passer mes journées le cul sur une chaise et le nez collé à un écran, autant que ce soit auprès de ma blonde!". Pas proactif, le mec, mais romantique: autant qu'on veut. Et puis cet ordinateur, il fallait bien le poser sur un bureau et avoir une chaise à y poser devant... Il avait donc suivi le mouvement, chargé sa couenne et son sac à dos dans le 2c15 et avait remonté la N20 avec elle jusqu'à Brive-la-Gaillarde. Là, ils avaient tourné à gauche, puis enfilé comme autant de perles à un collier des départementales z-à  leurs roues. Ils s'étaient garés devant un vieux chapiteau bouffé de mousse (un dancing depuis longtemps déserté), pour s'installer sur les conseils de leurs vétos-et-patrons dans une pension que l'on aurait pu (en espérant ne blesser personne) qualifier de miteuse.

quelqu'un a dit "un motel à la Wong Kar Wai"? Mais... c'est l'hôtel de Shining!
Jugez plutôt: l'enseigne qui donne le ton sur la façade, le bric-à-brocante poussiéreux au rez-de-chaussée, l'odeur de moisi dans l'escalier, la moquette élimée le long du couloir et la salle de bains sur le palier. Pour rendre à César, il faudrait aussi signaler les pensionnaires alcolos qui éclusent et fument du soir au petit matin, toutes fenêtres fermées dans la cuisine commune. Qui semblent sortis de la monographie Wikipedia sur la cirrhose. Qui mieux que personne, plantent le décor alla Bukowski. Et qui, en allant se coucher, titubent dans le couloir et grattent à notre porte en miaulant et en chantant "Ay, quiero hacerte el amor esta noche"... Bon, comme nous a dit la taulière quand on est allés se plaindre "c'est plutôt flatteur!", comme s'ils désignaient la plus jolie fille de la ville. Non madame, c'est pas flatteur, c'est juste relou, en fait. Vous nous direz, ça ou des jumelles mortes en robe à fleurs et un petit garçon avec un tricycle, c'est vrai qu'on ne perdait pas au change (pardi!).

Sinon bah, le coin était joli et Bukowlique ; on était au bord de la Vienne, pas les pieds dans l'eau mais presque ; on se sentait bien dans la campagne charentaise (disons qu'elle nous allait comme une pantoufle un gant, ha ha!) ; on explorait ce qu'on pouvait pendant et après le travail. C'était plutôt plat, mais toujours pittoresque. Il y avait des chateaux en ruines sur des buttes en marnes, du bocage pas normand avec du bétail paîssant, des sentiers escarpés et même, des dérivations pour  personnes moins agiles! Si, si: le grand mariage zen de l'authentique et du trou-du-cul du monde à 4 heures de Paname... En lieu et place de la chatte blanche, on avait un chat gris un peu con qui passait son temps à gratter à la fenêtre des toilettes pour entrer, traverser la chambre et aller gratter à la porte pour sortir dans le couloir. On est même tombés tout à fait par hasard sur un bled avec le même nom qu'un ancien président de la République, dont la stratégie pour nous arracher un second mandat faisait encore recette. En cette période pré-électorale, on vérifiait que - décidément - la politique est l'art d'enculer les mouches et de refaire du neuf avec du vieux: "Ça marche, ça marche! Ils te suivent, n'arrête pas de souffler dans ton pipeau!". Fin de la parenthèse.

sans intention ni message cachés: trois femmes, trois poulets, douze singes volants qui ne sont jamais arrivés à baiser et pas de chaussettes!

La routine s'était installée assez vite et c'était rassurant: après le p'tit déj, Wallis partait vers 8h et Futuna se mettait au travail (après avoir traîné un peu au lit en lisant le journal ou ce vieux recueil de nouvelles jauni par les années) jusqu'à l'heure de préparer le repas de midi. Cons comme le Christ, nos alcoolos de service fumaient dans la cuisine, tapaient dans nos réserves et chuchottaient avec des airs de conspirateurs dès qu'on était dans les parages. Wallis passait manger à un moment variable entre 12h et 13h30, prenait un café puis repartait. Rebelote l'après-midi. Traductions/révisions, éventuellement les courses puis c'était le soir. Le mois de janvier était passé très vite, un peu comme un rêve. Et puis un jour, un peu comme après un rêve, le réveil avait sonné. Enfin, pas exactement: c'est le téléphone qui avait sonné. C'était le pays basque / il fallait y aller / c'était urgent. Le zoo libéré, des brebis partout, vite! Tu peux être là hier? Il fallait aussi déménager des affaires en Ariège au passage. Soudain, il y avait des traductions dans la pile d'attente... Bref, en l'espace de 48 heures, c'était le stress, il fallait se séparer, tout plaquer, courir et tel le petit ramoneur - vaillant et enthousiaste - il fallait retourner au charbon et au pas de course, siou plaît!

après Kramer contre Kramer, Panoramique contre Panoramique ou "comment troquer un cauchemar orange  pour un horizon bleu".

On pourrait presque dire qu'une fois là-bas, dans le plus petit coin de Navarre, tout n'était que luxe, calme et volupté. Mais ce serait mentir: prophylaxie sanitaire la journée, traductions la nuit et un projet secret dont vous entendrez peut-être parler dans quelques mois si tout va bien (et non: ce n'est pas ce que vous imaginez!). Ajoutez à ça qu'au détour d'une visite sanitaire, j'ai vécu avec l'ennemi public nº1, alias Hugues Aufray et vous aurez presque la teneur des carnets d'un suicidé en puissance! J'exagère, c'était bien quand même. Voilà, cette fois je crois que je les ai tous glissés dans ce post, je vais donc pouvoir conclure... Excusez-moi une seconde, c'est mon téléphone. Voyons:

- Allô? Oui, c'est moi. Quoi? Euh, pardon, comment?
- ...
- On en a oublié un?
- ...
- Il faut que je leur raconte aussi quand nous sommes allés au festival de la Bédé d'Angoulême
retrouver notre cher A. et ses potes? Et où nous avons eu des discussions très animées, en particulier
le jour où nous avons parlé de James Thurber?
- ...
- D'accord! Merci beaucoup en tout cas! Oui, c'est ça. Au revoir!


et à la demande générale: le jour où nous avons péché des cace-dédis.


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Monday, October 19, 2015

Zen y el arte del cicloturismo

El pasado fin de semana, aprovechando una visita inesperada del Lorenzo, fuimos a andar por el monte. Preciosa excursión al Montcalm y la Pica d'Estats (podéis leer aquí el correspondiente post si os apetece). Pero larga, muy larga. Tan larga que a Wallis, le dolió mucho la rodilla derecha durante la bajada y después.

por suerte, uno de los escasos carriles de bici pasaba por donde nosotros...
Así que, llegado el viernes y con la rodilla aún sensible, cuando Futuna empezó a preparar mochilas para ir rápido al Carlit por el estanque del Lanoux (preciosa cara norte) antes del invierno, hubo una especie de pequeña revolución en el hogar: "¿cómo, qué? ¿pero qué dices? ¿andar otra vez? ¿con lo que me dolió? ¿serás un monstruo sin corazón? ¿pedazo de verdugo sin piedad?" etc. Bueno, la historia no fue así, pero (y creo que es más divertido así) así lo contamos... Y se llegó fácil- y pacíficamente a la decisión de hacer una ruta en bici, inspirados por un lado por el ejemplo de nuestros amados U. & L., expertos en cicloturismo de verano y por otro lado, por las andanzas con ruedas de nuestro querido (aunque muy virtualmente) Albert Sans, cuyo vidaje seguimos a distancia. Y como no, por los inolvidables paseos junto a (o más bien detrás) del hombre-máquina ciclista más diesel que conocemos, nuestro adorado M. Una ruta en bici, pues. ¡Ole! ¡Qué bien! En el fondo es lo mismo. Y en la superficie: en lugar de cargarlo todo en los hombros, cargas unas alforjas - que no dejan de ser unas especies de pequeñas mochilas cutres, cuadradas, rígidas e incómodas de llevar - que por suerte puedes sujetar de la bici en lugar de metértelas en la espalda. En fin...

primera pausa en el pueblo fantasma de Celles ; el castillo Cathare de Roquefixade en su peñon ; el inicio del Chemin des Filatiers.
La ruta, la definimos en un plis gracias al Google maps: haríamos el "Chemin des filatiers": una vía verde de 39 km que va de Lavelanet a Mirepoix, recorriendo por una antigua vía férrea el país d'Olmes (No de Sherlock. Ni de Katie), en los confines del Ariège y del Aude.

Paréntesis historicultural y fantasioso: el país d'Olmes es una zona conocida localmente por su antigua tradición textil y universalmente por su terrible, lenta y triste decadencia desde la década de los ochenta, fruto de la deslocalización de la industria del sector hacia el sureste asiático, donde la mano de obra era (y sigue siendo) más barata. Un drama social finalmente clásico en la vieja Europa - como lo ilustra, por ejemplo, cualquier película de Ken Loach -, encarnado en las grises y desconchadas fachadas de las humildes casas obreras alineadas, con una húmeda monotonía, a lo largo de las calles con nombres de pájaros que dejaron de cantar años atrás (a veces Futuna tiene eso de exagerar en lo dramático). Desempleo, deflación, depresión, tabaquismo, alcoholismo, éxodo rural... A ver, el país de Olmes también nos dio un portero de Copa del Mundo de primera, calvo y mítico. Y unos castillos de los Cátaros. Y creo que no me dejé nada de interés ya...

cicloturismo de alto riesgo: superando la terrible subida de Nalzen para luego adentrarse hacia el centro de la tierra!
Para llegar a Lavelanet, nos esperaban nada menos que 30 km de carreteras secundarias, bonitas y soleadas. "Para calentar motores", nos dijimos...  La idea era acampar cerca de Mirepoix, después de unos muy honestos 70 kilómetros, para cerrar el circuito al día siguiente, remontando el valle de la Ariège unos 55 kilómetros hasta nuestro querido hogar. Dos días, un poco más de 120 kilómetros con desnivel muy moderado y todo el chiringuito en las alforjas: tienda, esterillas, sacos gordos, estufa, cantina, comida, ropa de abrigo, agua, calzoncillos de recambio... bueno, lo clásico. Gracias a la Xtracycle, fue fácil cargarlo todo y ni nos dio demasiado miedo, a pesar de que se trataba de nuestra primera salida. Bueno, Wallis era la veterana aquí, ya que en su tierna juventud, había hecho cicloturismo. Pero al parecer, había sido eso muy a lo hippie de San Pedro: por caminos costeros, con cestos de mimbre, pareos y fruta fresca, y mucha playa al ritmo de 12 o 15 kilómetros por día, lo justo para secar el bañador entre chapuzón y chapuzón... o así lo cuenta (bueno, realmente no lo cuenta así en absoluto, pero "nos" parece más divertido).

yuhuuu! el juego de las 7 tipos, ¿sabrás encontrarlas todas?
Hacía un frío del copón al sol cuando arrancamos, con las campanadas de las once de la mañana, abrigados como los de la peli Everest. El primer tramo fue realmente sin historias - llano y tranquilo - excepto UNA subida fácil para llegar al pueblo de Nalzen, donde nos tomamos un sucedáneo de café con leche acompañado de fougasse aux olives y queso, para celebrar que solo quedaba bajar! Llegamos a Lavelanet en algo menos de dos horas en total, contentos y frescos todavía. Curiosamente, por eso de la depresión y estas cosas que contamos antes, mientras uno cruza Lavelanet, parece que los colores se van desaturando poco a poco. Como si el gris fuera una especie de enfermedad de piel indolente e insidiosa cuya progresión pasa desapercibida... Hasta que de repente, mirándote en un charco de agua, ¡te ves casi casi en blanco y negro! Este curioso fenómeno se va potenciando a medida que pasa uno tiempo en el País d'Olmes, como ocurre con el agua y la bolsa de té, solo que al revés. Y a diferencia de los espíritus o los vampiros, esto no desaparece en las imágenes fotográficas, como a continuación podrán apreciar... - efecto de gritos fantasmagóricos. Muy bien. Sacando nuevamente nuestros providenciales guantes, gorros, "buffs" y abrigos de invierno, emprendimos sin tardar el Chemin des Filatiers.

Futuna por el chemin des filatiers, en el país d'Olmes ; Wallis por el chemin des filatiers, en el país d'Olmes.
Si bien es llana, la vía verde a menudo se encuentra cubierta de hojarasca (¡qué liiiindo!), de gravilla (¡qué desagradaaaable!), o de arena (¡qué duuuuuuro!), así que pedaleas a muerte, haces fuerza mucho, te cansas bastante y avanzas poco. Pasamos por los parajes del lago de Montbel, una de las Mecas del turismo de ocio en Ariège (hace 25 años) y resistimos al canto de sus sirenas para, al menos, llegar a Chalabre antes de comer. Fue sorprendente ver como esos últimos seis kilómetros de la - por entonces bien avanzada - mañana se nos hicieron eternos, y sentir con que felicidad abandonamos los perfilados sillines de plástico por un austero banco de piedra medieval en el viejo mercado cubierto del bonito y concurrido (??) pueblo audense. Pan, queso, salsichón y café con leche y chocolate hicieron allí un verdadero milagro. Y si la estancia en Chalabre acabó con nuestros colores, un buen trago de vino tinto nos regaló unas brillantes y muy claras visiones psicodélicas de caballos y caballeros sacados de un remoto pasado... Le faugères Mas Olivier es definitivamente un vino recomendable, rico y a buen precio!

Wallis en la puerta de los infiernos ; al llegar a Chalabre ; premio en la pausa picnic ; la procesión va por... el centro-pueblo.
¡Fantástico! Una vez desaparecidos los de la mesa romboide, también nos subimos a la respectiva montura para terminar el tramo que quedaba del chemin des filatiers, es decir, el que nos llevaría a Mirepoix pasando por Camon y Lagarde. Cuanto más bajaba el sol, más frío hacía otra vez. La perspectiva de cocinar en el viento del anochecer y pasar una larga noche de tienda con esterillas y sacos, por algún prado húmedo con olor a vaca, nos preocupaba menos - al final - que la de despertarnos en el rocío helado, desayunar a la sombra y empezar a pedalear con los cuerpos encogidos por el frío, sufriendo en silencio hasta que el sol nos despertara a eso de las doce o incluso la una...

los protagonistas, mimetizados ya en su entorno: en cincuenta sombras de gris.
La conclusión que nos iba resonando en las cabezas (cada uno con la suya, eh! aunque con sorprendente conexión) era la siguiente: "estamos a mediados de octubre, el verano ya pasó y lo que no pudimos hacer en julio y agosto, lamentablemente tampoco lo vamos a recuperar ahora; hay que ser gilipuertas para meterse con las bicis en este rincón perdido del piemonte pirenaico y pensar que será bonito y cómodo". Realmente, bonito lo fue. Pero cómodo... Y poco a poco, cada uno por su cuenta, empezamos a imaginar en apurar el día al máximo, pasar Mirepoix de largo y cubrir de un tirón los siguientes 25 kilómetros, no hasta Varilhes (que quedaba más lejos pero en el trayecto de nuestro hipotético día dos), sino hasta Pamiers, donde podríamos pillar uno de los últimos trenes del día con rumbo a Latour-de-Carol y aterrizar a nuestro querido hogar para devorar una cena y pegarnos una ducha, ambas calientes y con sabor a gloria!

Una vez metida en la respectiva cabeza semejante idea, ya no hay vuelta atrás Como mucho, el orgullo individual hace que ninguno de los dos quiere ser el/la que primero suelta la propuesta, haciendo muestra de lo que se podría interpretar - en su contra - como debilidad, o peor: fofismo! Entonces, el/la otro/a le podría contestar: "- Bueeeeno, yo estoy muy bien y me apetecía bastante dormir así a la intemperie y estas cosas. Pero si estás cansado/a, con frío y miedo metidos en el cuerpo, pues... daaaaaale! Volvamos a casa, que lo necesitas...". Por la mayor suerte de todos, llega bastante rápido, este punto en el que el ego se queda apagado y una voz tímida se arriesga a decir: "- ¿Y si? ... - ¡Claro que sí! Me parece una gran idea, vamos pa' casa ya!". Y listo. Dicha la misa, amén y la puerta está por aquí. Solo nos faltó algo de Bach en el gran órgano celestial para enterinar el trato...

otra vez cruzando puentes ; instantáneo en pleno chemin des Filatiers ; naturaleza salvaje bajo el sol del mediodía.
Y así, entrando en Mirepoix pasadas las seis y con una última hora de luz por delante, nos lanzamos sin descanso a la transitada D119, con la firme intención de llegar a Pamiers... Apenas nos tomamos los cinco minutos obligatorios para admirar les couverts médiévaux et leurs touristes en terrasse. Un espectáculo typico del pequeño pero cotisado pueblo ariégeois... El nivel de cansancio era ya honestamente patente (y considerable), teniendo en cuenta los 30+40 kilómetros que teníamos en las piernas y los cuerpitos (y en el trasero!), la carga de las bicis y la falta de entrenamiento (para los protagonistas de esta aventura épica, "ir en bici" significaba básicamente "ir a comprar pan" o "llevar la ropa al laundromat"). Cansancio, pues. Pero al fin y al cabo, lo peor de este tramo fue la naturaleza del terreno: una carretera principal y más transitada que todo lo que habíamos visto a lo largo del día. Y al anochecer!

Cultivándonos en el trayecto ; luego en la medieval y concurrida Mirepoix, joya turística de l'Ariège del levante.
Hubo mucho tráfico por allí entre las seis y las ocho: gente cansada y rallada por su largo día, turistas volviendo a sus B&Bs con ganas de una cerveza con chips, camiones, tractores y máquinas agrícolas varias, motos... Teníamos cascos, eso sí, pero luces no: ¿quien iba a imaginar que terminaríamos a la noche? Futuna sufría como una mala cosa. Wallis sentía hasta el último detalle de la orografía de su isquion. Íbamos el uno pegado al otro como en los tramos con viento del Tour. Los frontales atados detrás de las bicis hicieron el papel bastante digno, aunque nos pitaban en ráfaga, adelantándonos en la larga recta entre el aeródromo de Les Pujols y la entrada de Pamiers. Llegamos allí a las 19:43, cansados y con las entrepiernas doliendo no: lo siguiente. Por muy poco nos perdimos el primer tren y nos tocó esperar hasta la 20:50.

En resumen y en color: el bonito circuito, el plan inicial y... la paliza real!
El corto tramo entre la estación de llegada y nuestra amada madriguera fue corto pero encantado por sueños de pizzas del Dr. Höetker y fantasías casi eróticas de sopas de sobre Kñorr. Ducha, cena, equipajes abandonados por el suelo de la cocina y a las 22:15, en la cama, fritos y felices, apagando luces y llamándolo a day (en spanglés en el texto)!

O sea, y a modo de conclusión: en lugar de 125 kilómetros en dos días, objetivo razonable y muy decente para unos novatos con carga y sin entrenamiento (o eso es lo queremos escuchar, por lo menos), terminamos haciendo un poco menos de 100 kilómetros en un día (y unos treinta más en tren, que no cuentan, pero casi que sí, a estas alturas!), saliendo de casa a las once de la mañana y volviendo a las... diez de la noche! Lo más desagradable de la experiencia? Cuando el dolor en la entrepierna se suma al frío, aún está bien. Lo más desagradable de la experiencia, pues? Cuando el dolor en la entrepierna se hace tan intenso que borra la sensación de frío en el resto de cuerpo... Lo más agradable de la experiencia? Prácticamente todo lo demás: el paisaje, el aire, el hecho de moverse estando casi sentado y lo poco que cansa, al final, andar en bici. Y el ritmo al que se mueve uno, que es intermedio entre ir a pie e ir en moto, con las ventajas de los dos y casi ningún inconveniente. Excepto por el dolor en la entrepierna - vale la pena decirlo para acabar con estas cuestiones prácticas.

Chalabre en la hora de la siesta, ilustrando como pocas veces los versos de J.M. de Heredia:
"Où le feuillage épais tamise un jour pareil, Au velours sombre et doux des mousses d'émeraude".
Entonces, se preguntarán algunos: el fin de semana que viene, ¿qué haremos? Pues yo diría que nos iremos a escalar, o cuidaremos del huerto, o nos dedicaremos a escribir unos varios posts que se retrasaron en los últimos dos meses, mientras nos zampamos pizzas del Dr. Höetker y sopas de sobre Kñorr...


Friday, December 26, 2014

"La vraie liberté c'est le vagabondage"

Vingt ou vingt-cinq ans ont passé mais je garde un souvenir très clair de cette phrase, inscrite au bas d'une affiche sur le mur de la chambre de mes parents: une fenêtre rustique, ouverte en grand sur un paysage de campagne avec, au loin, des montagnes enneigées. L'affiche a depuis longtemps disparu, j'ai quitté cette maison en 1996 pour aller étudier à Toulouse et mes parents ont de toute façon déménagé deux fois depuis. Mais ces quelques mots et l'image de cette fenêtre ouverte sont encore présents dans ma tête comme si je les avais vus hier. En regardant en arrière, je ne saurais dire pourquoi ils ont marqué à ce point l'enfant puis l'adolescent que j'étais alors ; ni combien ils auront influencé celui que je suis devenu. Mais il faut reconnaître qu'il y a quelque chose de très fort dans cette affirmation.
L'affiche de Randonnées Pyrénéennes: vingt ans après, pas une ride!
D'abord, la vraie liberté. Pas n'importe laquelle, ni juste "la" liberté. Encore moins une de pacotille ou un succédané: la VRAIE liberté. Déjà que la liberté, c'est pas évident à manipuler comme idée, alors la vraie... pour un enfant de 8 ou 10 ans, ça doit peser lourd. Et si en plus c'est écrit sur un poster et épinglé au mur de la chambre des parents, ça risque bien de devenir parole d'évangile! La vraie liberté c'est le vagabondage, donc. Allons bon. Qu'est ce que c'est que ça? En voilà un mot mystérieux, qui perturbe, impressionne, suscite la méfiance. Le vagabond, c'est celui qui fait peur ou qu'on montre du doigt dans les histoires: sale et hirsute, tour à tour voleur de poules ou voleur d'enfants, il est taciturne s'il n'est pas franchement méchant. Du coup, on a vite fait d'imaginer le vagabondage comme une activité peu recommandable. La faim, le froid, les poux, la rapine... Alors, que celui-ci justement soit le chemin vers la Vraie liberté, ça fait réfléchir. D'autant plus que cette affiche, elle entre par les yeux, comme on dit outre-Pyrénées: la fenêtre ouverte, le ciel bleu, la campagne, les montagnes dans le fond... Le terrain de jeu est immense et à portée de main.

Cette affiche je viens de la retrouver sur internet. En la regardant aujourd'hui, je la retrouve en tous points fidèle à mon souvenir. Je remarque l'opinel sur le marbre de l'évier, le bénitier et le rameau au-dessus du calendrier sur le mur, le savon et la brosse dans son bocal en verre. Chacun de ces quelques objets évoque, raconte une histoire de vie simple, de gestes quotidiens, d'habitudes. Mais toujours le regard s'échappe - inexorablement - il s'évade, saute par la fenêtre. Il fait l'école buissonnière et prend le large... Comme pour nous dire que le vagabondage commence là, dehors, juste de l'autre côté du mur. Et que la liberté est une décision pas si difficile à prendre. Bill Hicks nous le disait carrément "it's a choice that you can make right now: between fear and love". Il s'agit bien de ça, au fond. Et plus je la regarde, plus je mesure à quel point la rhétorique de cette image est puissante, efficace. Même pour (surtout pour?) des yeux d'enfant. Je me dis que ce n'est peut-être pas un hasard si le vagabondage, si un certain vagabondage en tout cas, n'a cessé de me parler, m'attirer, me séduire ; que ce n'est peut-être pas un hasard si je suis ici aujourd'hui. Force est de constater que rien n'a changé: le vagabondage est peut-être bien la vraie liberté, la seule qui en vaille la peine, mais le vagabond a toujours la même (mauvaise) presse que dans les contes pour (grands) enfants.
Voleur de poules ou dompteur de poux, on l'appellera hippie avec raillerie et condescendance dans le meilleur des cas et traveler si son papa lui a acheté un VW California toutes options métallisé pour promener ses chiens et ses doutes existentiels entre Arcachon et Avoriaz. Mais pour la grande majorité, vagabonder n'est pas une option raisonnable, pas un choix sérieux. C'est tout au plus un enfantillage, un refus de grandir ou une fuite en avant. Marrant comme s'accrocher avec l'énergie du désespoir à un modèle de vie toxique et délétère en prétendant que tout va bien est au contraire présenté comme la voie de la maturité: étudie, travaille, consomme, endette-toi et surtout, ne remets rien en question! En résumé: sois un adulte. Il y a une phrase de Bernard Moitessier dans La longue route qui m'a beaucoup marquée (merci encore à Nico de m'avoir mis ce magnifique bouquin entre les mains!). Avant le départ, quand il veut faire comprendre à ses enfants combien il est important de suivre ses rêves, même si ce n'est pas facile, même si ça peut paraître dur à accepter ou à faire accepter: l'importance vitale de s'écouter, d'écouter la petite voix qui murmure dans la tête "parce que sinon c'est le troupeau". En montagne comme sur mer et peut-être bien dans la vie en général la vraie liberté, c'est décidément le vagabondage...

Pour s'en convaincre, il suffit de pousser la porte du (vrai) monde et de (re)mettre un doigt dans l'engrenage de la vie officielle. À ceux qui souhaiteraient tenter l'expérience, on conseillera de commencer doucement. Ils pourront essayer de mettre à jour leur carte vitale à la faveur d'une consultation médicale, par exemple. Ils découvriront que le nom de leur médecin traitant énoncé par un(e) employé(e) de la caisse primaire d'assurance maladie ne leur évoque absolument rien. Pas même le souvenir d'une vieille otite à la fin des années 90. Ils affronteront alors la dure vérité: les informations contenues dans leur dossier sont obsolètes! Aïe! Et c'est grave docteur? Plutôt, oui, car dans l'optique d'un futur et bien hypothétique remboursement de leurs frais médicaux (ils n'y ont pas mis les pieds depuis 2011, chez le médecin, mais on a vite fait de leur mettre sur le dos le déficit de la Sécu à ces fainéants...), ils devront apporter au plus vite des justificatifs adéquats. Ah, les justificatifs! Le mot est lâché. Ils sont d'autant plus indispensables au vagabond qu'ils lui sont inaccessibles. Essayer de remplir une déclaration d'impôts, d'ouvrir un compte bancaire, d'acheter ou de vendre un véhicule, de demander une attestation de résidence dans un pays de l'Union Européenne auprès du Consulat d'un pays tiers de la même Union Européenne, voire - pour les plus joueurs - essayer de faire toutes ces choses là plus ou moins à la fois dans les semaines qui précèdent Noël est un excellent moyen d'en prendre conscience. Sans un justificatif de domicile, rien de tout cela n'est possible. On a beau être citoyen et gagner sa vie (donc payer des impôts), sans une facture d'électricité on n'est rien. C'est là que tout commence et tout finit: le justificatif de domicile, nouvel alpha et nouvel omega de la religion bureaucratique. Vivre dans une camionnette ou une roulotte pose donc problème dès que l'on prétend rester un membre à part entière de la société et rien ne semble avoir été prévu pour faire face à cette situation, comme si elle ne concernait qu'une très petite frange de la population. Étymologiquement parlant: les marginaux.

En effet, depuis le Moyen-Âge, nous apprend Robert Castel dans ses volumineuses autant que remarquables Métamorphoses de la question sociale, les vagabonds ont posé problème. Leur sédentarisation fut l'un des objectifs des castes dirigeantes, à commencer par l'église catholique bien avant les seigneurs ou "l'État". Ainsi le recensement et le rattachement à une communauté locale, furent les premiers moyens de lutte contre le nomadisme et la liberté des individus. Être pauvre, passe encore - la charité permettant aux riches et aux puissants de se sentir bons et généreux (lire à ce sujet l'édifiante revue que fait Bill Gates du best-seller de Thomas Piketty, avec pour principale conclusion qu'au lieu de répartir la richesse pour réduire les inégalités, il vaut mieux laisser l'argent entre les mains des riches et compter sur leur penchant naturel à la philantropie! Vous je ne sais pas, mais moi ça m'a donné une furieuse envie de lui coller mon pied au c-à notre bienfaiteur de l'humanité). Pauvre oui, mais pas n'importe comment: pas un pauvre qui vit librement et voit du pays. Faut pas demander le beurre et l'argent du beurre non plus! Pauvre oui, mais enchaîné à un clocher ; pauvre local, connu et recensé. En un mot, un pauvre de la communauté. L'Église a donc inventé de réserver l'aumône aux seuls nécessiteux inscrits de leur propre chef sur les registres paroissiaux et ce, dès le XIIième siècle si mes souvenirs sont bons. Une société stable et prospère, comprend-on au fil des pages du bouquin, a davantage besoin de travailleurs sédentaires (d'autant plus prompts à payer des impôts et soutenir leur seigneur en cas de problème qu'ils s'y sentiront attachés), que de nomades libres (et éventuellement pauvres) qui vont et viennent à leur guise, au fil des saisons ou au gré des humeurs. Dans le même ordre d'idées, avoir un crédit sur le dos est une formidable invitation à la sédentarité et un vaccin à grande échelle contre la bougeotte - professionnelle ou géographique. L'ordre (et le contrôle) social reposent depuis longtemps déjà sur notre incapacité croissante à nous déplacer, alors même que les migrations sont habilement présentées comme les stigmates de la précarisation... Sauf bien sûr quand il s'agit de vider les campagnes pour entasser les pauvres dans des cages autour de centres, fussent-ils urbains ou commerciaux.
Pourtant, dans L'empire, Ryszard Kapuscinski nous explique avec une nostalgie délicieusement poétique que "certains croient que c'est poussé par la misère que l'homme se retirait au désert, quand il n'avait plus d'autre choix. Et ça a toujours été précisément le contraire. Au Turkmenistan, allaient au désert ceux qui possédaient des bêtes, c'est à dire précisément les mieux lotis: le nomadisme était le privilège des riches. [...] Pour le nomade, le passage à la vie sédentaire fut toujours un dernier recours, un échec vital, une dégradation. Un nomade, il n'y a que par la force qu'on peut le contraindre à la vie sédentaire: il y faut un impératif économique ou politique. Pour lui, la liberté que procure le désert n'a pas de prix." Allez dire ça au gars qui doit signer votre contrat d'assurance-auto: "Un justificatif de domicile? Non, je n'en ai pas vraiment... J'habite dans le véhicule. Oui, bien sûr que c'est un choix. J'ai un travail, oui oui. Mais un domicile pour l'instant, non. Voyez-vous, la liberté que procure le désert n'a pas de prix. Hum... Voilà."

En version espagnole, ça donne l'inscription sur le padrón municipal et c'est très amusant aussi. Chaque mairie de quartier peut en délivrer une attestation dont la durée de validité est de trois mois. Il faut pour ça fournir une quittance de loyer ou un bail ou une facture d'électricité ou de gaz. À la rigueur une déclaration d'hébergement signée par le propriétaire ou un locataire "légitime" du logement. C'est pratique dans une ville comme Barcelone où la plupart des gens de moins de 35 ans (dont environ la moitié est sans emploi depuis 2013, d'ailleurs) sous-louent des chambres et partagent des apparts sans aucune forme de contrat. Ça interdit d'office l'accès au remarquable système de santé publique gratuite, au droit de vote et à toute une flopée de services publics, ça complique terriblement toutes les démarches avec le Trésor, l'achat ou la vente d'un véhicule, l'acquittement des taxes et impôts correspondants, l'accès au statut de résident pour le stationnement dans la rue au tarif de résident (tarif prohibitif sans cela), le paiement éventuel des contraventions que l'on ne reçoit de toutes façons pas faute d'avoir pu fournir une adresse postale valide à l'Administration etc... Tout le monde essaye donc, un peu à la manière des chaises musicales, de trouver un appartement où un ami d'ami voudra bien rédiger une attestation d'hébergement bidon qui permettra de décrocher le sacro-saint padrón... On est loin du vagabondage mais c'est déjà très discriminant.
...ci de bien vouloir patienter... vous êtes en communication avec le service...

Ironiquement, on veut nous convaincre dans le même temps, que proposer des chambres en sous-location a-légale à la journée ou à la semaine, sur internet, grâce à une entreprise qui se siffle 5% ou plus sur chaque transaction mais sans aucune forme de prélèvement social, taxe ou "redistribution", sans cotisation ni couverture pour le loueur et sans aucun type de régulation, c'est chic et branché! Il y a même eu des cyniques pour baptiser ça "économie collaborative" et nous faire avaler que ce bed and breakfast aérien créait du lien et permettait aux uns et aux autres d'y trouver leur compte en arrondissant leurs fins de mois! Mais on parlera de ça dans un autre post... Pour exporter son véhicule vers la France (parce que, par exemple, on s'y installe et quitte donc l'Espagne), il faut présenter à un guichet de la Délégation Régionale de Circulation les justificatifs de paiement de l'impôt de circulation des deux dernières années et un certificat de non-gage. On peut les demander par internet ou à un autre guichet, mais ils seront de toutes façons envoyés à l'adresse postale enregistrée dans le système. Pas moyen de mettre celle-ci à jour sans un nouveau justificatif de padrón. "Mais enfin, si j'habitais encore ici je n'aurais pas besoin d'exporter mon véhicule!" En vain... De retour en France, on passera quelques délectables journées à faire la queue dans tout un tas de délégations et autres antennes de services décentralisés pour y recevoir des listes de pièces à joindre à tout un tas de dossiers et autres demandes de formalités simplifiées. La formalité simplifiée est une oxymore bien française qui n'est pas sans rappeler les explications de Jacques Chirac aux journalistes. Chaque fois qu'il disait "Laissez-moi vous parler franchement" ou "Je vais être tout à fait sincère avec vous, M. d'Arvor", on savait qu'il allait en lâcher une grosse... La formalité simplifiée, c'est une promesse de dizaines de pièces à fournir en double. Malheur à qui passerait la porte d'une sous-préfecture de province sans avoir fait une photocopie de TOUTES les pièces à fournir. Si votre slip a encore son étiquette Dim (ou Calvin Klein, hein, la lutte des classes n'est plus à ça près), faites-en une copie et joignez-la à votre dossier. Au fait, la photocopieuse à pièces du hall de la sous-préfecture est en fait une cabine téléphonique déguisée: elle est hors-service et avale irrémédiablement toute la monnaie qu'on est assez naïf pour lui confier.


De toutes façons c'est trop tard, si vous n'aviez pas toutes les photocopies au moment où on vous a appelé, vous avez perdu votre tour et le guichet va bientôt fermer. Demain ce sera exceptionnellement fermé et si vous attendez lundi parce que de toutes façons on fait le pont, l'extrait d'acte de naissance sera caduc, ou le contrôle technique, ou votre RIB, ou le ciel vous tombera sur la tête sans crier gare. Difficile de ne pas repenser à Terry Gilliam et son génial Brazil... De fait, il se peut même que vous vous retrouviez interné dans un centre de détention pour présumés terroristes, c'est arrivé à d'autres parce qu'on avait trouvé à leur domicile des dépliants avec les horaires de la SNCF, preuve accablante qu'ils préparaient un attentat contre les lignes de chemin de fer ou avaient en tête d'en voler les caténaires. Quelle meilleure illustration que de marginal à terroriste il n'y a qu'un pas: les banques européennes, dans une vaste opération de lutte contre le blanchiment de capitaux et le terrorisme, sont mandatées par les gouvernement pour demander à (comprendre "exiger de") leurs clients de mettre à jour leurs "données personnelles", qui incluent évidemment une adresse postale valide, mais aussi nom de l'employeur et revenu brut annuel (wtf???). Consternant, mais obligatoire. En signant le document que l'on est "tenu de leur renvoyer dans les meilleurs délais", on les autorise à croiser ces informations avec celles détenues par la Sécurité Sociale: pas de case à cocher, ni à décocher. Et ma banque se targue d'être la première banque "éthique, citoyenne et différente" d'Europe. Je ne la nommerai pas ici, il ne me manque plus qu'un procès en diffamation. Donc, avoir un compte courant mais pas de domicile fixe constitue en Europe un délit de faciès, ça, c'est fait. Alors que dans le même temps, le Bill Gates dont on parlait un peu plus haut offre - apprend-on sur Forbes.com - 65 millions de dollars aux banques pour "permettre l'accès à un compte courant aux pauvres qui en sont privés". Et de se répandre en éloges sur l'homme qui aura à lui seul éradiqué la misère, la poliomyélite et le désespoir (sic.). Le père noël philanthrope a encore frappé et je crois que je vais aller vomir...
vagabondages entre Navarre, Béarn et Aragon: au col du Pourtalet et au Cirque de Gavarnie.
Bon voilà, il ne nous reste plus qu'à éteindre la télé pour retourner le nez au vent sur les routes des Pyrénées entre Navarre, Aragon et Béarn, à attendre que la Guardia civil ou la Policia foral nous gratifient d'un de ces contrôles musclés dont elles ont le secret pour achever de nous convaincre du danger que l'on représente pour la (bonne) société et pour le sommeil du contribuable... N'en doutez plus, elle vaut son prix mais la vraie liberté c'est le vagabondage!