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Friday, April 17, 2020

pendant ce temps, ils envoient du lourd! (2 sur 3)

ép.2: joyeuses Pâques les lapins!


Dans l'épisode précédent, on vous a expliqué et présenté brièvement la première étape du gros chantier qu'on a décidé, en 2019-2020, de déléguer à une entreprise d'artillerie de maçonnerie lourde. Ce qu'on ne vous a pas révélé (et qu'on ne vous dira pas non plus aujourd'hui) c'est exactement OÙ on compte arriver. Autrement dit, quel est le projet initial, pensé par l'architecte du CAUE, dessiné et peaufiné par nos amis M. & A., puis dimensionné par le bureau d'étude de nos maçons préférés... On attendra le troisième et dernier épisode de cette petite grande aventure pour vous dévoiler tout le truc. Voilà, vous êtes prévenus: si le suspense vous saoûle, faut sauter directement au nº3!

l'étable qu'on a reçue avec les clefs de la maison ; vidée avec l'aide inestimable de G. ; puis hourdie, ferraillée et prête à couler!
Après quelques jours de silence radio, nos merveilleux maçons (on passe des noms et des coordonnées, avec des recommandations +++ et les yeux fermés, à tous les Ariégeois intéressés, soit dit en passant) ont appelé pour nous dire "Dick Laurent is dead". Ah, non. Ça c'est autre chose*. Ils ont appelé pour nous dire "She's THE girl". Ah, non. Ça c'est autre chose*. Ils ont appelé pour nous dire "The owls are not what they seem". Ah, non. Ça c'est autre chose*. Bref, ils ont appelé pour nous dire "tout est arrangé, ce sera pour mercredi". Reconnaissez que c'est presque aussi sybillin que du David Lynch, mais au moins, mis en contexte, on savait quoi faire de cette information... Quelques jours avant la date fatidick Laurent, un employé d'un lointain parent du fils aîné de M. Lafarge en personne est venu contrôler la largeur de la rue et celle du portail, pour voir à quelle toupie et à quelle pompe il faudrait s'en remettre. Une City et une Standard avec 8m3, sans doute.
le rare spectacle d'une pompe à béton qui s'étire au petit matin.
Ou le contraire, peut-être? Bref, la veille du jour J, le policier rural/employé communal est venu poser des barrières et des panneaux de signalisation afin d'empêcher le stationnement devant et autour du portail. Puis le mercredi M est arrivé: avec les premières lueurs de l'aube, tout le monde est apparu comme dans une rencontre du 3ème type. Le rafut, les panneaux, les barrières, le va-et-vient continu d'engins et de gars casqués n'ont d'ailleurs pas empêché la "charmante" infirmière libérale qui tourne dans le secteur, de venir garer (comme presque tous les jours depuis presque 3 ans) son p----n de Citroën Cactus de m---e juste à l'angle de la place et du jardin - donc pile sur le trajet de la délicate manoeuvre en marche arrière de la toupie avec ses 8m3 de béton! On l'adore, vraiment. Si si. D'ailleurs, on en profite pour lui redire qu'on ne veut pas qu'elle se gare devant le portail ; que "j'en ai pour 5 minutes" ne constitue ni une excuse ni un motif valable pour le faire ; que d'ailleurs, 5 minutes pour saluer, doucher, habiller, prendre la tension et faire une piqûre à une vieille qui vit seule, c'est soit un mensonge, soit de la maltraitance médicale ; qu'on ne va pas lui demander la permission à chaque fois qu'on veut entrer ou sortir de chez nous, sous prétexte qu'elle est "profession de santé" ; qu'il y a au coin du jardin un parking de 25 places ; et que non: marcher 20 mètres de plus ne va mettre en péril ni le planning chargé de sa journée, ni le volume imposant de son gros c-- flasque mal empaqueté dans des leggings à fleurs horribles! Voilà! Après, si elle n'était pas là, c'est sûr que l'univers aurait inventé un truc pire à mettre à la place: un trou noir béant, une Charybde hurlante, une puits de pétrole en feu, une hydre, un chancre purulent et fétide ou un machin radioactif.

le truc tant attendu qui finalement va hyper vite: la pompe s'installe ; les maçons s'installent ; ça pompe sec! ; ça ratisse sec! ; ça lisse sec!
Une fois encore, tout est allé très vite: la toupie a finalement pu terminer sa manoeuvre et rentrer dans le jardin après que l'infirmière a terminé sa visite quotidienne chez Mme C. du-numéro-5-un-peu-plus-bas-dans-la-rue. Au passage, elle (la toupie, pas Mme C.) en a même profité pour enlever le vieux pommier malade et tordu qui faisait de vilaines petites pommes à cochons et qui avait eu le mauvais goût de pousser sur son passage il y a 25 ans au moins. Si seulement elle avait pu enlever aussi le Citroën Cactus! Passons... Dans une parade nuptiale courte mais d'une rare intensité, la toupie est venue presser son arrière presque aussi large que celui de l'inf tout contre le pare-choc de la pompe City. Celle-ci, après avoir déplié son bras articulé jusque dans l'étable, a introduit sans plus de détours son manchon d'aspiration dans le bac collecteur de la toupie. On n'a pas filmé la suite, que l'on n'aurait pas osé publier ici de toutes façons. On vous laisse donc ci-dessus quelques images représentatives du processus, ainsi que le résultat, ci-dessous (à peine lissé et après une semaine de séchage, les tasseaux retirés et les saignées bouchées).

tout juste terminée, la dalle est lisse comme un billard, mais sans le feutre vert canard et avec une pente ; et ça sèche doucement.

Conclusion:
Quand on coule une dalle, il faut apparemment attendre au moins 28 jours pour le séchage. C'est incompressible. On peut marcher dessus dès le lendemain, mais il faut attendre 28 jours quand même. C'est comme ça, point barre.
Donc après avoir fini et mis un peu d'ordre, ils sont repartis vers un autre chantier, en promettant de revenir bientôt: "au printemps vous verrez, on sera de retour, le printemps c'est joli pour maçonner des mours**". Vous voyez le genre. Reviendront-ils? Reviendront-ils pas? Pour nos coeurs déchirés sera-ce le dernier naufrage?
On est en droit de douter et de s'inquiéter, car faut dire qu'on a pris, à peine le mois de séchage écoulé, un sacré bourre-pif en ouvrant la porte: et vlan! dans la g-. On est tous confinés. Et les maçons: pareil.
Alors? Est-ce que le printemps sera parti depuis longtemps déjà? (réponse: oui)
Et surtout: faudra-t-il donc qu'on aille se réchauffer à un autre soleil? (réponse: vous verrez bien)
On vous laisse ici une piste pour répondre à cette terrible question et pour supporter cette insoutenable attente.


si sur la dalle de février, en avril tu échafaudes, l'été n'est plus très loin...


Voilà pour ce chapitre 2 en béton armé!
On conclut bientôt avec leur re-retour,
Le bouquet final, le coup de grâce.
Et d'ici là: on vous embrasse,
Wallis, Tonga & Futuna




________________________________________



* C'est pas qu'on soit des fans inconditionnels de David Lynch, mais on vous propose de recevoir par courrier un unicum: une carte postale exclusive et rien que pour vous. Il suffit pour cela de nous donner les titres des 3 films dans lesquels apparaissent ces 3 citations cultes. Trop facile? Bah oui, quand même. Surtout avec le réalisateur: il en a fait combien, Lynch, des films, hein?

** On espère de tout coeur que là où elle est, Barbara nous pardonnera ce jeu de mot archi-nul. Il ne reflète pas notre admiration pour elle. C
ette chanson est une des plus belles qui aient été écrites. Sa voix, comme son nez, une des plus singuières jamais porté(e)s.



Monday, December 30, 2019

pendant ce temps, ils envoient du lourd (1 sur 3)

ép.1: joyeux noël les singes!


Y'a des jours comme aujourd'hui, on s'sent léger (c'est pas souvent qu'on s'aperçoit qu'ce monde pourri reg...). Et y'a des fois dans la vie, c'est bien de reconnaître qu'on n'est pas (ou au moins, qu'on ne se sent pas) à la hauteur. C'est cool de déléguer, c'est bon de compter sur ceux qui peuvent, c'est utile et citoyen de faire fonctionner l'économie locale en période de fêtes. Et ça repose. Mais surtout, surtout, surtout: c'est sage de savoir choisir ses batailles... ;-)

au rdc: le plancher pourri vu d'en bas et au 1er: le bordel vu d'en haut! les portes peintes au plomb, à la benne! et les vieux fossiles, dehors!
Bref, depuis 2 ans et demi que l'idée nous trotte dans la tête et nous démange dans les picotements des fourmis de nos jambes, on a fini par se décider à demander des devis et à faire intervenir une entreprise de maçonnerie pour venir s'attaquer à un gros morceau: la vieille dépendance à moitié en ruines qu'on appelle l'étable. The barn. El establoКоровник. Et pour cause, c'en était une il y a encore seulement 60 ans! L'idée est brillante, le plan est sans faille. Bon, on peut le dire d'autant plus facilement qu'ils ne sont pas de nous! On a donc ce morceau de dépendance d'environ 50m2 au sol, un premier niveau avec poutres et solivage en très mauvais état et plus rien au second niveau. Une façade s'ouvre sur le jardin et la montagne par une grande porte pourrie au r-d-c, une grande porte de fenil pourrie au premier et un vieux bardage pourri au second. Quant à la toiture, elle est complètement... pourrie: volige, chevrons, pannes et demi-ferme. Couverture en vieilles tuiles canal glissées, moussues, fendues ou juste absentes.

perspective du premier, vidé avec l'aide providentielle de G. le premier été.
Tout est à jeter et à refaire. Or, comme dirait notre empereur qui sait le prix des choses dans la vie: tout refaire, "ça coûte un pognon de dingue"... Bref, il s'agit d'un des (rares) points noirs de la maison à notre arrivée et c'est un poste de budget auquel on ne voulait pas s'attaquer tout de suite. Donc on a attendu 1 hiver, 2 hivers et 3 hivers. Beaucoup de fuites, de l'eau qui goutte et coule chez nous et sur les murs mitoyens avec les voisins... Un gros budget pour remettre tout ça à neuf, pour avoir au final un volume dont on n'a pas vraiment l'usage puisque des mètres carrés de dépendances en ruines à retaper, on en a! C'est là que l'équipe du CAUE 09 nous a super bien conseillés (en particulier L., une des architectes que l'on remercie encore!). M. & A. se sont chargés de donner forme au projet, auquel on rêve depuis notre installation. Et donc, nous y voilà! Les maçons sont venus attaquer LE chantier la semaine avant noël: couler une poutre et un poteau en béton armé, qui recevront plancher hourdis et dalle de compression. Bien sûr, on nous dira, le BA c'est moins romantique qu'une ossature bois (qu'on aurait d'ailleurs pu mettre en oeuvre nous-mêmes avec des amis ou un p'tit chantier participatif). Et l'énergie grise est très supérieure à celle d'un matériau éco-bio-local. C'est tout à fait vrai mais là aussi - comme il dit - faut savoir choisir ses batailles!

donc, après avoir tout vidé en un weekend: en bas c'est bien, en haut on dirait la Sagrada! oui, je sais, je sais. M'enfin belles poutres s'pas?
Du coup, et pour reverdir un peu notre blason - genre: on se sent coupables avec notre projet tout béton, ou bien? On a isolé 90 m2 de planchers/plafonds et 150m2 de toiture sous rampants en laine de bois éco-bio -sourcée ; on a choisi de se chauffer avec un poêle à bois à haut rendement et avec du bois kilomètre zéro ; on a choisi des huisseries à double-vitrage performantes, fabriquées en France à partir de bois français issu de forêts gérées durablement ; on a utilisé de la chaux pour toutes les rénovations d'enduits et éliminé le béton partout où on a pu. Mais avec 3 voisins sur 2 murs mitoyens et du bâti ancien qui a travaillé au fil des ans et des époques, ça nous rassure d'opter pour une solution qui apporte de la cohésion et de la résistance mécanique à l'ensemble. En plus, le béton supporte mieux et plus longtemps d'éventuelles infiltrations d'eau, qui peuvent survenir (surviendront?) à long terme. Bref, un vendredi aprème, coup de fil du maçon "bonjour, on attaque lundi. joyeux noël!" et Futuna a passé son weekend à démonter en urgence le solivage du premier. Et bien entendu, à vider TOUT le bo--el stocké dans l'étable!

le trou dans le sol, énooooorme ; le poteau et sa poutre, prêts à être coulés ; les 2 seuils des 2 portes, relevés, armés et de niveau!
Ils sont arrivés un beau matin de juillet décembre, ils ont garé leur camion et déchargé leur matos. Puis tout est allé très vite: direct, ils ont fait un grand trou dans le sol. Un bon mètre cube à son pépère, pour y ferrailler la fondation d'un poteau en béton armé - qu'ils ont d'ailleurs coulé, pas le jour même mais presque. L'idée c'était de placer ça à l'aplomb de la ferme, perpendiculairement aux (et juste en-dessous des) vieilles poutres existantes: une poutre en BA maçonnée dans l'angle du pigeonnier et dans le mur du fond. Avec son poteau à mi-portée, elle recevrait les poutrelles sur lesquelles seraient posées les bassines de la structure hourdie. Ils ont donc préparé le coffrage pour couler tout ça et, en parallèle, ils ont repris le bas des 2 vieilles portes pour les monter à la hauteur des poutrelles. LA bonne idée a été de poser les poutrelles à 90º par rapport au solivage original. Pour réduire la portée, donc le coût. Mais aussi pour soulager le linteau de la porte d'entrée, un peu limite et auquel on préférait ne pas toucher...

sous tous les angles de vue possibles: la poutre coulée (et bien coulée) avec son ferraillage pour fixer poutrelles et grillage sous la dalle.
Y'a pas à dire, voir bosser des pros qui savent ce qu'ils font, c'est agréable. Et ça met quand même pas mal en confiance. Du coup, avant qu'on s'en soit rendu compte, ils avaient coulé le bidule et ils étaient repartis fêter noël dans leur famille respective - c'est-à-dire chacun dans la sienne. Enfin, ça on ne le sait pas: l'histoire ne s'est pas donné la peine de le dire. M'enfin en tout cas, ils nous ont souhaité un joyeux noël et nous ont dit - chaleureusement - "à la semaine prochaine". Quand ils sont revenus, on avait encore de la bûche et un restouil de foie gras dans le frigo. C'est une façon de parler, hein. Pour dire qu'on n'a pas eu le temps de s'en rendre compte et qu'ils étaient en train de trouer les murs pour préparer les ancrages périphériques des poutrelles, puis de poser les bassines tout bien alignées, puis le grillage de la dalle de compression, puis finalement des liteaux fixés sur des plots de béton, histoire de marquer le niveau de la dalle finie tout en respectant une pente à un % et quelque. De la musique pour les yeux!

donc, après 10 jours, Noël compris, on est passés à ça en vue de dessous, puis en vue de dessus: c'est prêt à couler!

Et puis, bin, voilà pour cette année 2019! plutôt bien remplie, démarrée sur les chapeaux de roue et finie, euh, sur les chapeaux de roue aussi. Maintenant, on va vous souhaiter de bien finir l'année vous aussi.
De notre côté, on attend de leurs nouvelles:


pour couler la dalle, dès qu'ils auront une date
avec la toupie et la pompe de M. Lafarge;
puis on passera à la suite mais ça
(vous connaissez la chanson),
c'est une autre histoire!
bises de nous 3,
W., T. et F. 





Sunday, December 31, 2017

home(t)raveling: MES 6 - ¡medio año ya!

una tregua navideña (fica bem...)

Recién vueltos de dos semanitas en nuestro querido país vasco y de un par de días por el centro de Francia*, aterrizamos en casa cansados, exhaustos, petados, fatigados y agotados. A ver, eso del cansancio ¿no se acaba nunca o qué? Antes de caer enfermos, nos reunimos para decidir - como aquellos que salieron de sus respectivas trincheras para cantar cánticos por estas mismas fechas el siglo pasado - celebrar una (merecida) tregua navideña.

el cuarto de baño libre de amianto ¡y con 2 puentes térmicos!
Descansar, pasarnos la máxima posible cantidad de horas diarias en la cama y, en buenos mamíferos que no dejamos de ser, salir de ella solamente cuando el hambre o aquellas otras necesidades biológicas más fundamentales (aunque menos decibles) nos lo exigiesen. Esa tregua también incluía estrenar (y disfrutar de) un nuevo calentador de agua eléctrico, instalado justo el día de nuestra salida para allí la provincia 64: promesa de duchas al gran estilo hammam, de espesas nubes de vapor y de pieles enrojecidas. Ese era el plan. Y la estufa de leña encendida las 24 horas del día, y comidas ricas, y una dieta hipercalórica para recomponernos un poco. Parecía un sueño a la vez que una necesidad vital para Wallis, mientras que a Futuna, le seguía torturando el cristiano interior en forma de una incoercible culpabilidad por no estar trabajando en la obra. Con mucha diplomacia y algo de chantaje, él consiguió negociar con Wallis hasta acordar una corta lista de tareas sencillas, centradas todas en proyectos pequeños y limitadas a la planta baja. Ahí van:

- si bien no era nada de otro mundo, la primera resultaba ser MUY útil para poder luego avanzar el futuro cuarto de baño de la primera planta. Se trataba de quitar el resto de tubería de fibrocemento que quedaba de la antigua taza del water: un codo a 90º empotrado entre el falso techo y la pared, horrible, viejo y medio desconchado. Tras vaciar el cuarto de baño de la planta baja de nuestras cosas y reventarlo (el codo de tubería, no el cuarto de baño!) con martillo y mascarillas, pudimos extraer fácilmente los trozos y evacuarlos todos, no sin haberlos envuelto en triple capa de bolsas de plástico celladas con cinta americana... Con este paquete - y el correspondiente viaje al centro provincial de almacenamiento del amianto - nos quitamos de encima ya todo el peligroso material de casa, podiendo así empezar una nueva vida sin escalofríos ni pesadillas. La contrapartida se nos reveló a la noche del mismo día: dos agujeros enormes, por donde se escapaban irremediablemente todo el vapor y el poco calor que se lograba generar en el cuartito. ¡Adios hammam de nuestros más dulces sueños! El agua sí salía muy caliente y duchar se volvió una actividad algo más soportable, pero por lo que era de la temperatura del aire, aun nos faltaba para las 5* Gran Lujo.

un clásico del DIY un(t)raveling: los muebles de palets! aquí estanterías eficaces y robustas, con poco tiempo y un toque envejecido rústico.
- desde los primeros momentos del verano y la entrada en la casa, siempre mirábamos al pequeño armario de debajo de la escalera imaginando una despensa cuca, práctica y cómoda... No obstante, no llegaba nunca a ser un puesto digno de nuestros cuidados y atención, al haber siempre cosas más grandes, más importantes, más urgentes, más prioritarias o - simplemente - más más. También se fue llenando a lo largo de estos 6 meses** con mucha porquería por ordenar, cosas varias sin utilidad, objetos sin lugar definido, cajas de cartón por despachar, sobras de electricidad, electrodomésticos para tirar o reciclar, etc. Vaciarlo y limpiarlo integralmente nos ocupó todo el primer día de la tregua, sin prisa y aprovechando para tomar decisiones, tirar, reciclar o ressourcerie-ar. Luego vino el etapa de limpiar, lijar y tratar las bigas y el "interior" de la escalera, no sin haber rascado el rebozado, el suelo y las piedras del fondo del armario (las mismas que sobresalen en la callejuela de atrás - auténticas piedras de morrena glaciar, sobre las que está construido todo el pueblo). Tras aplicarle en dos pases una buena capa de rebozado tradicional "parisino" (hieso aligerado con cal), solo nos quedó fabricar e instalar unas estanterías de palets de estas que nos encantan y pasarles dos capas de aceite de linaza para dejarlas bien protegidas. El cuarto día, guardamos allí todo "lo de la cocina" que ocupaba lugar en el pasillo y pudimos volver a la cama a descansar.

jardín invernal con cada vez menos hiedra, un saúco y un avellano a medio podar y con Joan Manuel, el joven ciprés en su rincón románico.
- aprovechando uno de los escasos días soleados de estas vacaciones navideñas, le fuimos a dedicar unas horas al jardín ; aunque claramente no las suficientes si pretendemos arrancar con un huerto esta primavera. Pero bueno, siendo pragmáticos y aceptando lo que hay: estaba bienvenido cualquier esfuerzo invertido en limpiar los muros y el pie de los árboles, podar los frutales y avellanos, acondicionar el rincón #románico_mediterráneo de Joan Manuel (el pequeño, querido y muy bonito ciprés que plantamos en noviembre) o seguir erradicando la hiedra que invadió el jardín a lo largo de los últimos veinte años. También nos pusimos, aunque en otro día, más gris y frío, a ordenar un poco el hangar. Verán: en cualquier obra medianamente grande, si no se lucha activamente contra él, el caos termina absorbiéndolo y llevándoselo todo. Donde conviven materiales, herramientas, fungibles, animales, plantas, elementos y actividad humana generadora de suciedad y desechos, la entropía tiene las de ganar... ¡y lo sabe! Bien sea reagrupar herramientas, ordenarlas, hacer viajes y viajes y más viajes de "coger una cosa, llevarla a su sitio y volver a por otra", decidir "el sitio" de muchas cosas que aún no lo tienen, o hacer pilas de "cosas para subir arriba", "cosas para bajar abajo", "cosas para la déchetterie" y "cosas para el almacén de materiales que se pueden reciclar o pueden servir para luego", poner orden es una de las tareas más satisfactorias que hay en el mundo. Digo yo.

pequeña victoria sobre la entropía: hangar ordenado y limpio desde el almacén de maderas hasta el salón-comedor de verano.
- finalmente en estos días de vacaciones y fiestas, también nos visitaron amigos queridos. Teníamos muchas ganas de vernos, de que nos visitaran y de que conocieran la casa. Así que les avisamos, a los unos y a los otros, de la "relativa" precariedad de nuestra instalación, de nuestra ubicación a las afueras de la comfort zone y de la cruel ausencia de una cocina y un cuarto de baño decentes. También les avisamos de que faltaban espacios de los que se conocían habitualmente como "habitaciones"... Una vez puestas sobre la mesa estas cuestiones y ante su reafirmado entusiasmo, decidimos que sí, adelante, fueran a pasar un par o tres de días aquí con nosotros. Primero, fueron A. y M., de gira de navidad desde su lejana Rennes: compartimos días de frío, de mal tiempo, de no-poder-ir-a-escalar, de jugar a juegos al lado de la estufa (entre cuales el trepidante y estresante Pandemia, que nos encantó) y de comer bien. Un día después de marcharse ellos, llegaron C. y L. (nuestros queridos "vecinos" del Lauragais) con sus 2 adorables L. y J.,  a los que se sumaron los parisinos extraviados J.-B. y A. Todas juntas, despedimos el año informalmente, pero con buen humor, calor humano y unas tandas de Boggle acompañadas de infusión de tila muy pero que muy intensas: - ¿Un plan de noche vieja al estilo geriátrico? - ¡Pues sí, por favor!

la cocina, versión navideña: con el precioso dodecaedro estrellado recibido (con mermeladas y una calabaza) a cambio del viejo calentador.

Dicho eso y siendo "fríamente" realistas (nunca mejor dicho, ¿verdad?), tuvimos que reconocer que - sin sorpresas - el entusiasmo y las ganas de reencontrarse no lo podían todo ; de que existían unos mínimos de comodidad indispensables para la convivencia de cuatro adultos, ni hablar de la de seis adultos y dos niños ; y de que lo que en verano se puede gestionar fácilmente desde el hangar y bajo el sol, en invierno se vuelve algo más delicado. Aun así, les agradecemos muchísimos a A., M., C., L., J.-B. y A. su flexibilidad, su resiliencia y su buen rollismo ante una situación que anunciamos de antemano pero que igualmente era... demanding.

Lección aprendida, nos esperaremos pues a que vuelva el buen tiempo y/o a que la obra de la primera fase esté del todo terminada (o casi) para recibir más visitas.

¡Para el bien de todos! ;)


Con esto y con un gran abrazo
para entrar bien en el año
nos despedimos.

Volveremos en 2018
con más aventuras
¡Les queremos!
F. & W.


____________________________



Esto de las escapadas por el 63 (#ClermontFerrandrepresent), habrá que contároslo un día también. - ¿Contar Oslo? pero ¿Que tiene que ver Oslo con Clermont-Ferrand? se pregunta el otro que no se entera mucho. Y con la paciencia que nos caracteriza, le contestamos: - El frío polar, tienen en común. - ¿un Oslo polar, en serio? ¡Nunca hubiera imaginado que se puedan avistar osos polares en el Puy-de-Dôme! etc. etc. etc. La conversación puede seguir así por horas. No es mala persona pero a veces, no se entera. Y dice el Budista que no hay nada al fin de la pacienca: al fin de la paciencia, hay paciencia...


** Acerca de estos 6 primeros meses: pues sí, aunque nos parezca mentira o simplemente difícil de creer, ya llevamos unos 183 días, es decir la mitad de un año, desde que nos entregaron las llaves de esta gran y bella ruina de nuestros sueños. Medio año home(t)raveleando, y nos asombra ver fotos y recordar como estaba aquel 29 de junio. Sabemos que tardaremos muchos años más, pero también aprendimos que incluso para llegar al fin del mundo, hay que dar un primer paso y salir de casa… Así que, ¡seguimos caminando!


Friday, December 25, 2015

Riding a three-cat open sledge...


With the less wintery winter we remember and the very first Christmas Full Moon your Un(t)ravelers will ever see - last one was on Dec. 25th 1977 -, we are delighted to wish you all the following (see below) and much more for both what's left of 2015 and the New Year 2016!




See us wave our hands at you in pure amazintastic joy, as our triplicated old-but-still-in-shape-and-beautiful K-cat flies us around above the snowy valley of l'Ariège! Come closer, for we don't easily talk loud and here's our three step recipe for happiness:

1- Keep moving, exploring and discovering, in a word: un(t)raveling! Remember it's not about where you're going, nor how far you get. It's about how you look at the world around you, here and now. Follow the brilliant suggestion of Cheryl's mother in Wild (higly recommendable movie, btw!) and put yourself in the way of beauty...

2- Do cruise the way that is best for you. You know better than anyone whether it's on a bicycle, in a Marco Polo Mercedes-Benz, with skis or on horseback! Our sledge is not necessarily the one for you, and vice versa... Find yours, ride yours! And if you ever need instructions for a DIY sledge, just ask! Come build it here in the yard: you'll have a chance to try it with an actual cat and (hopefully soon) actual snow. Every chemist knows it: using the right vehicle is key to success!

3- Make sure you are surrounded at all times (well, give them a break every now and then, e.g. when you go to the restrooms) by nice, loving and smiling people. Don't forget to be nice, loving and smiling with them too, in return! People make the world, ya know, go round... And that's pretty much it: this is about all the best, most profound wisdom we are capable of, from us to you: appropriate vehicle, genuine curiosity and the gift of Others. So, enjoy this very Merry Christmas and the great coming Happy New Year too!


Ah, and of course: here's your load of funky good time, fellahs!




Don't forget to have a look at the cold full moon tonight: step outside, breathe the fresh air, look up and say hello to the bearded old man if you see him...


With love, peace and a warm hug,
Wallis & Futuna

Wednesday, January 8, 2014

a Magdalenian's dream (in cuevicolor)

Un post court (relativement), pour expliquer un peu le thème de notre carte de vœux mouture 2014 et y joindre quelques images originales.

L'air de rien - como quien no quiere la cosa -, les jours passent et le 31 arrive. Wallis avait très envie qu'on se fasse un igloo afin d'y recevoir dignement la nouvelle année. On en parlait avec de l'émotion dans la voix, on avait aiguisé la pelle et on pensait même s'offrir une scie à neige. Et puis Futuna (qui écrit ces quelques lignes) était un peu réticent et se disait qu'une cabane de berger, un abri de montagne, un refuge non-gardé: en un mot, n'importe quoi qui fut dans la neige et un peu loin de la foule MAIS avec un vrai toit voire un bas-flanc et une cheminée, ça ferait tout aussi bien l'affaire. Il faut dire que Futuna avait eu par le passé de douloureuses expériences de nuits glacées sous la tente ou en bivouac et si pourtant on a coutume de dire "chat échaudé craint l'eau froide", il lui semble - au contraire - que celui qui craint le plus l'eau froide, c'est celui qui y a goûté... Enfin bon, si je commence comme ça, on ne verra jamais le bout de la journée du 31. Ni la queue du 1er.

quelques brumes matinales sur la vallée de la Courbière
On en a donc repéré deux, de cabanes ouvertes. Des qui nous plaisaient bien et que leur situation rendait compatibles avec le projet... On a vérifié un peu leur état sur l'indispensable bible des cabanes pyrénéennes, on a pensé à des randos tranquilles pour patauger un peu dans la neige le matin du 1er, puis on a préparé nos sacs. 31 décembre, fin de matinée, on se met en marche. Las, moins d'un kilomètre après le hameau de la Freyte, la petite route qui remonte la vallée de la Courbière se transforme soudain en patinoire, les employés communaux n'ayant pas jugé utile - pour d'obscures raisons - de la déneiger ni de la dessaler au-delà de la petite prise d'eau EDF où on se baignait, l'été, avec la colo (-nie, pas -scopie, évidemment). De douloureux souvenirs du 30 décembre précédent (3 heures à essayer de dégager le TRANSITion à la fois planté dans le verglas ET embourbé dans un fossé sur la piste de l'orry de Prats-Balaguer avec les Veronikas, sans couverture téléphone et le soir qui tombait, jusqu'à l'arrivée providentielle et inespérée d'un 4x4 équipé d'un treuil et de beaucoup de bonne volonté) nous incitent à la prudence et humblement, mais non sans quelques larmes dans les yeux, on fait demi-tour. Un couple de Tarnais en Clio, tous pneus-neige dehors, skis de rando sur le toit et sacs à dos sur les sièges arrière nous croisent (et narguent) comme on redescend. Plus de regrets: même si on avait mal garé la furgo sur le bord gelé de la route et marché presque 2 heures de plus que prévu pour arriver à la cabane, on l'aurait sans douté trouvée déjà occupée et j'imagine qu'ils n'auraient pas eu plus envie que nous de partager leur ermitage du bout du monde et leur réveillon à la into the wild... Rideau.

Bon, retour à la case Rabat. 31 décembre, 14 heures: ladies and gentlemen, le moment est venu de trouver un plan B! Heureusement pour nous, le Tarasconnais regorge de trésors et vestiges préhistoriques... En effet, il y a environ 14.000 ans, l'Ariège était déjà peuplée de montagnards barbus, somme toute assez semblables aux grimpeurs et éleveurs de chèvres, fringues en microfibre et téléphone portable en moins, peut-être... Nos lointains ancêtres ariégeois, plus connus sous le nom de Magdaléniens, avaient choisi les nombreuses grottes du département (celles de Niaux et du Mas d'Azil sont sans doute les plus célèbres) pour leurs quartiers d'hiver. Là, couverts de peaux de bêtes, ils venaient peindre leurs scènes de chasse, passer les longues nuits d'hiver au coin du feu et tuer le temps en s'épouillant mutuellement. Ils furent de prolifiques artistes et de véritables visionnaires, créant le graffiti art et élevant le pictural rupestre à un niveau, hélas, jamais égalé depuis. Plus d'un Banksi ou d'un Mr. Brainwash doit rêver aujourd'hui de voir ses fresques non seulement préservées mais aussi visitées et portées aux nues après 140 siècles d'existence. J'ouvre une parenthèse pour recommander ici le très dérangeant documentaire "Exit through the gift shop" (2010), qu'on a vu plutôt par hasard 2 ou 3 jours plus tôt et dont l'écho nous résonne encore, à défaut de nous faire vraiment raisonner... hum... 





Un gros WTF? et quelques vraies interrogations... Mais je m'égare... Revenons à nos Magdaléniens: leurs peintures et gravures couvrent aujourd'hui encore les murs de grottes et galeries dans toutes les vallées de l'Ariège, particulièrement autour de Tarascon. Et je comprends soudain pourquoi on appelle galeries d'art ces endroits où l'on suspend aux murs des tableaux aspirant à la vie éternelle. De leurs 3000 ans d’occupation et d'activité dans la région, les Magdaléniens nous ont également laissé une impressionnante collection de gravures et sculptures, outils de silex, armes de chasse, objets de décoration et de culte, et autres instruments de musique! Pour ceux qui le souhaitent, le web regorge d'infos très intéressantes. Et pour les plus curieux, il y a aussi ce rapport sur l'occupation récente (moyenageuse et postérieure) des grottes et cavités ariégeoises... Immergés jusqu'au cou dans ce bouillon néolithique, l'inspiration ne fut pas longue à venir nous chatouiller derrière l'oreille: si eux le faisaient, pourquoi pas nous? On s'est dit qu'on se devait de rendre un petit hommage à ces premiers pyrénéistes, en célébrant la dernière nuit de l'année dans une grotte, avec un bon feu de bois et un beau morceau de barbaque et les étoiles au-dessus de nos têtes!

Mais revenons à ce 31 décembre 2013, 14 heures. À partir d'ici, nos critères sont clairs et précis: la grotte doit être ouverte et non exploitée, ni touristique, non couverte de peintures rupestres inestimables, facile d'accès et - de préférence - inoccupée pour la Saint-Sylvestre. Facile. On en a une à portée de main, à 15 minutes du parking et avec une vue imprenable: la grotte des Enchantées de Calamès!


le "château" de Calamès, tout simplement!
Ah, Calamès! Une fois encore, ce château en ruine perché sur son quié débonnaire nous réserve une bonne surprise. Toute une vie en Ariège pour ne le découvrir que si tard... Quand je pense que pour notre première visite (3 jours d'août sous une pluie battante avec Arnaud, à 3 dans la furgo sans pouvoir - ou si peu - toucher du caillou) nous a pratiquement fait passer l'envie d'y retourner. Et c'est en train de devenir, peu à peu, lentement mais sûrement, notre site préféré dans la région: facile d'accès, bien exposé, des villages tranquilles et des points d'eau à proximité, des coins où se garer et passer quelques jours sans se faire emm... et de quoi occuper plusieurs vies de spéléologue! Enfin... après avoir ramassé du bois, on va se garer au parking habituel - celui des grimpeurs - et on attend que la nuit tombe pour gagner incognito l'entrée de "notre" tanière d'un soir... 


dernières lueurs du dernier jour de l'année, sur le roc du Sédour et les sommets au-dessus de Tarascon.

Armés d'une vieille couverture, d'une côte de bœuf et d'une bonne bouteille de pinard (ainsi que de tous les à-côtés qui égayent traditionnellement une bonne grillade préhistorique: moutarde aux fines herbes, fleur de sel, poivre au moulin, pain de campagne, huile d'olive vierge et feuille de chêne), on fait le tour du propriétaire.
On allume un feu à l'entrée et on commence à se réchauffer. On sonde l'obscurité, toute oreilles dehors, pour détecter d'éventuelles sirènes de pompiers: rien. On tentera même une petite incursion vers le centre de la terre: lampe frontale fatiguée, sandales ouvertes et infiltrations d'eau après les pluies des jours précédents nous font renoncer après une centaine de mètres, j'ai envie de dire "quand même". On y retournera avec des moyens, c'est promis. La côte de bœuf, épaisse et persillée, chante au-dessus des braises, le feu éclabousse la voûte et les bougies à l'entrée du boyau donnent un air solennel au tableau. Orion occupe le haut de l'écran, juste en face de nous, ce doit être le sud ou le sud-est, et derrière nous, de l'autre côté de la vallée, la Grande Ourse au-dessus de la crête sombre du Prat d'Albis, danse sur sa queue. Il y a étonnamment peu de bruit sur Tarascon et bien vite plus une voiture ne passe... Minuit arrive vite, nous prend presque par surprise. Et 2014 commence comme 2013 a fini: quelque part entre ici et aileurs, au milieu de nulle part, un peu hors des sentiers battus, en pleine nature et loin du tumulte et de la foule! Pourvu que ça dure...
dans la grotte des Enchantées.