Showing posts with label Riga. Show all posts
Showing posts with label Riga. Show all posts

Tuesday, August 9, 2016

Jusqu'au bout du monde (4 sur 8)


... Riga - Moscou: peu à pas et pas à peu!

on en était restés au sac à dos à pattes, pret à monter dans le train...
Si vous avez lu l'épisode précédent (et si vous ne l'avez as fait, il n'est jamais trop tard pour bien faire: soit en espagnol, soit en cliquant sur l'un des liens de traduction automatique de Google en bas de page, pour une expérience poético-lexico-psychédélique), vous aurez constaté qu'il mentait un peu sur la marchandise et qu'en fait de lanternes, il vendait quelques vessies. En effet, son titre aguicheur "Riga -Moscou" a de quoi laisser sur sa faim plus d'un lecteur, dans la mesure où l'aventure s'arrête à la montée dans le train, soit à la louche 1000 km plus tôt qu'annoncé... Réparation s'imposait et c'est chose faite avec ce post qui sera - parole, parole - aussi court et concis que possible! On y va:

Une fois à bord, nous trouvons facilement nos places: la 43 et la 44, couchettes superposées en long (dans le sens de la marche) vers le milieu d'une voiture de troisième classe. C'est le même type de wagon ouvert que celui qui nous attendra au départ de Moscou: une soixantaine de couchettes superposées sur deux niveaux et organisées par six: deux fois deux transversales (perpendiculaires à la marche) autour d'une fenêtre avec une tablette et deux longitudinales, accolées à la fenêtre d'en face (comme les nôtres, donc). Celle du haut s'escamote tandis que celle du bas se replie en deux sièges et une tablette: c'est le format que nous avons choisi, histoire de ne dépendre de personne quant à nos horaires de repas, de coucher ou de lever...

il a l'air vide comme ça, notre wagon, mais les voisins ne vont pas tarder à arriver...
Nous sommes à peu près a mi-chemin entre les deux points névralgiques de la voiture: en tête, le samovar - source permanente et apparemment intarissable d'eau chaude (bouillante) ad lib pour les thés, soupes de nouilles instantanées et autres merveilles lyophilisées - et en queue les toilettes, qui pour ce trajet et d'autres à venir (plus longs et lors desquels l'hygiène deviendra un point plus critique) doivent s'utiliser avec intelligence et un redoutable sens du timing... Mais nous aurons le temps d'apprendre: un proverbe espagnol dit "sabe más el diablo por viejo que por diablo" et ce n'est pas par hasard... En un rien de temps (juste celui nécessaire à nous installer un peu), on est en rase-campagne: les bouleaux défilent déjà par la fenêtre, que les rayons du couchant enflamment d'une lumière presque boréale. Malgré un ciel plutôt menaçant, le soleil nous aura accompagnés jusqu'à la tombée du soir, encore précipitée par notre cap résolument à l'est-sud-est. Après un thé de rigueur, nous avalons rapidement notre soupe de nouilles respective, agrémentée des trop rares delikatessen du marché de Riga qui ont résisté à nos assauts répétés de la journée... La contemplation silencieuse du paysage qui défile se partage le gâteau avec l'observation discrète mais minutieuse de nos voisins de wagon: comment ils s'installent; ce qu'ils mangent; leur tenue de train; la langue qu'ils parlent et le volume de leur bagage. C'est de bonne guerre puisque leur curiosité à notre égard est, manifestement, très comparable à la nôtre... La nuit commence tôt, le monde extérieur s'efface et l'univers se résume bientôt à notre noyau de six couchettes. On fait les lits, on roule la viande dans le torchon et pleins d'excitation comme des gosses le soir de noël, on se rend vite compte que s'endormir n'est pas une option sérieuse!
ici commence l'hégémonie du bouleau; ici repose le sens du mot "monotonie".

La fatigue et le bon vieux tchoucou-tchoucou auront pourtant raison de nous puisque des voix fermes mais courtoises, suivie d'uniformes vert sapin, nous réveillent un instant plus tard. Nuit noire dehors, le train est arrêté au milieu de nulle part. De hautes grilles surmontées de barbelés nous enveloppent comme une espèce de couloir ou de nasse et les voix affublées d'uniformes révèlent bientôt des mains gantées qui s'agitent en réclamant sans ambiguïté nos passeports. Il s'avère que ce ne sont que les Lettons qui nous laissent quitter l'UE, non sans faire quelques blagues que nous ne comprenons pas mais auxquelles nous rions de bon cœur... Jusqu'ici tout va bien et comme disait papi: "on mange notre pain blanc". On tâche donc de se rendormir bien vite, pressentant que le répit ne durera guère. Mais Futuna commence à être nerveux: il gigote, il trépigne sur sa couchette, il renifle, il a les coussinets humides... La mère Russie lui file l'angoisse, un peu de parano et des sueurs froides: on nous écoute, on nous fiche, on nous surveille, on nous attend au tournant, on en a après nous et on nous soupçonne surement déjà de quelque chose! Afin de pouvoir parler librement tout en évitant de dévoiler notre jeu, on convient alors d'un code secret. Comme il n'est pas question d'évoquer directement les habitants du pays (les R----s), ni leur monarque (Vla----- Pou----), sans quoi on se retrouverait en prison avant d'avoir eu le temps d'épeler Goulag (qui à l'envers se lit Galoug! c'est drôle!). À partir de maintenant, on les appellera donc les Po-ke-mon. Et leur souverain tout-puissant, Pi-ka-chu. En pleine hystérie de lancement de l'app' Pokemon Go!, il faudra au moins un Alan(ov) Turing(ovitch) pour craquer notre Enigma à nous. Hin hin hin (rire jaune)...

to eat purée or not to eat purée?that is the question...
Le réveil suivant arrive effectivement assez vite et est effectivement moins affectueux. Pour entrer chez les Pokemon, il y a deux vagues de contrôles: la première, c'est les douanières des customs. En tout cas, c'est le seul mot qu'on comprend au milieu d'un flot de choses poétiques et très très cyrilliques. Il faut leur remplir un fascicule imprimé en Russe (dont l'encre n'est pas sans rappeler, d'ailleurs, celle des Pif et Hercule ou des Placid et Muzo de notre enfance: à la fin de la lecture, on en a plus sur les doigts que sur le papier) dans lequel on certifie que "да" ou "нет" tout un tas de choses. Puisque les voisins ont l'air de répondre "нет" et que la tendance générale est plutôt à n'avoir rien à déclarer, on met "нет" en tremblant dans toutes les cases: on espère qu'aucune ne stipule "poisson fumé", "livre subversif d'un prix Nobel d'économie" ni "réchaud à alcool". On signe en transpirant à grosses gouttes et on tend le truc dégoulinant à la préposée qui ne le regarde même pas, l'enfourne dans une pochette plaquée sur son sein et quitte la voiture en claquant les talons. Ouf! La sensation d'être le héros de Midnight Express qui aurait réussi à embarquer dans l'avion, sans la drogue scotchée sur le bide évidemment, mais avec la peur au ventre quand même... Et là, les choses sérieuses commencent: la police de l'immigration entre en piste! Même paysage désolé et mêmes corridors de grillages barbelés que chez les Lettons, mais avec en plus des mecs armés partout autour du train, dehors, et des spots hyper-puissants qui éclairent comme en plein jour. On se dit que le mec qui s'est donné la peine d'arriver jusque là en douce ne va certainement pas décider de s'évader ici et se mettre à courir, mais on ne sait jamais. Bref, le dispositif est impressionnant. On nous prend donc les passeports, on regarde à peine les dix mille documents: laisser-passer, invitation, voucher et autres certificat d'assurance médicale, pourtant tous obligatoires, requis, indispensables et nécessaires. C'est à se demander pourquoi on s'est emm- à les obtenir... Avec le passeport et une sorte d'ordinateur portable à manivelle porté en bandoulière par un préposé pas peu fier de son joujou hi-tech, la mère Russie se livre donc à un contrôle en règle de notre identité: numéro de visa, nombre de dents, date de la première cuite, âge du capitaine, pointure en degrés Farenheit... tout y passe et j'en passe. Finalement, tout au bout d'une chaînette attachée au coffret en bois léger qui contient son ordinateur analogique à manivelle, le préposé pas peu fier finit par agripper un tampon qui pendouillait quelque part loin loin loin au niveau de ses genoux. Il le presse avec application sur son coussinet encreur et - langue tirée dans un rictus de concentration - avec une dextérité qui me fait encore frissonner quand j'y repense, pan! il vise notre visa d'un sceau rouge comme l'étoile; rouge comme la place; rouge comme l'armée...
bienvenue à Волоколамск darladirladada! y'a du crachin et des wagons, darladirladada! 

Le temps de faire de même avec le reste du wagon et avec tous les autres wagons - ils étaient venus nombreux nous attendre à la frontière (comme si quelqu'un les avait avertis, vous voyez bien qu'on est fichés!), ça ne prend donc qu'un temps somme toute très raisonnable - ils se replient, les portes claquent, les freins cliquettent, les chiens et les kalachnikovs s'effacent, les spots s'éteignent et le train s'ébranle. Les barbelés, eux, ne bougent pas et ne sont bientôt plus qu'un lointain souvenir embrumé et confus, tandis que les ronflements reprennent comme si de rien n'était. C'est fait: on est entrés. On est à Pokemon-land et à partir de ce moment, Futuna n'aura plus qu'une seule idée en tête ressortir; plus qu'une unique obsession: quitter le pays!

La nuit se poursuit pourtant sans histoires, tous dorment du sommeil du juste et avec les premiers rayons du soleil, on ouvre les yeux sur un nouveau monde: Волоколамск! Encore quelques petites heures de rien du tout à rouler à faible allure sous un ciel gris, à travers des banlieues industrielles grises, le long de barres d'immeubles grises - et assez gigantesques pour reléguer Le Corbusier au rang de père spirituel du mouvement Tiny Houses - et on entre dans Moscou. Le nom fait rêver, la gare Rizhskaia un peu moins, mais on y est: on est arrivés au paradis des matriochkas, le pays où les couloirs du métropolitain sont grands comme la grotte de Lombrives, ses escaliers comme le gouffre de Padirac et sa décoration est digne d'une cathédrale néo-baroque ou d'un cinéma Utopia! Dès qu'on aura réussi à retirer des roubles et à trouver notre ligne de métro, on file retrouver A., notre hôte CS pour les prochains jours et on vous raconte tout ça très bientôt! Скоро увидимся!
matriocka, matriochat et matriochouette sont dans un bateau ; premiers pas dans le métro du peuple: mais, on dirait Versailles!



¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$


20 francs le kilo

Notre section spéciale (hashtag 20 francs le kilo) pour tous les fans de comptes, les stressés du budget (serré) y ceux qui seraient piqués par la curiosité - ou par le virus - du voyage sans avion(s)... Ils trouveront donc ici et dans cet ordre: la vérité, toute la vérité et rien que la vérité (arrondie, sans virgules et avec parfois quelques oublis mineurs et fortuits, il est vrai). Mais dans les grande lignes, voilà ce que ça donne :

 - Riga-Moscou (train Latvian Railways): 17 heures / 950 km / 75 (x2 personnes) 150 euros.

Soit environ 16 centimes d'euro du kilomètre (et par personne) et le gîte pour 1 nuit résolu!


Friday, August 5, 2016

Hasta el fin del mundo (3 de 8)


... Riga - Moscú: poco a paso



y ¿quién hubiera dicho que Riga al revés, se lee Agir?
Si tuviéramos que resumir nuestro tiempo en Riga en pocas palabras, podríamos decir (i) que fue cortito; (ii) que fue un agradable paseo entre edificios de principios de siglo restaurados (o no), parques exuberantes y espectaculares puentes sobre el río Daugava; (iii) que pasamos agradables momentos con unos anfitriones de Couchsurfing muy simpáticos; (iv) que fue un juego del escondite con el sol y la lluvia: ¡ahora tú! ¡ahora nosotros! y (v) que si todavía se respira un ambiente de ciudad pequeña, tranquila y auténtica, tal vez se debe a que la misma historia que la marcó, también la debió proteger -no hay mal que por bien no venga, dicen por allí. Otros podrían opinar, no sin razón (no sé por qué, pero me encanta eso de sugerir contra-argumentos como si quisiera, en français dans le texte: me tirer une balle dans le pied), que ¡vaya topicazo cutre eso! y que las cenizas que "marcaron" a la ciudad romana de Pompeya, también la "protegieron" durante 2000 años! Además, si lo resumiéramos todo en pocas palabras, este post ya se nos acabaría, tan solo nos quedaría pegar tropocientas fotos una debajo de la otra y ¡gràcies i bona nit!, lo que tampoco tendría tanta gracia. Así que lo haremos durar un poco, ¡venga!

Wallis, aka el petate con patas, busca y encuentra la casa de nuestros anfitriones de Couchsurfing: bonita y escondida en un patio secreto.
Nos quedamos estos días en una casa de madera algo destartalada -los muros exteriores, el suelo, los troncos de los árboles: todos estaban cubiertos de moho. Era un apartamento en el primer piso de un grupito de casas de ladrillo y madera, muy cerca de Alexander iela, una calle ancha y muy activa que baja directa al centro. Por acá iban y venían un montón de autobuses anticuados, con un zumbido entrecortado por la sacudida de los adoquines y pasada la esquina, el reino del tranvía. Con el cansancio y la lluvia que nos recibió nada más bajar del autobús, el primer día nos pareció todo un poco triste.
tranvía, adoquines, edificios y demás vestigios en pasado anterior...

Pero al volver a salir de casa de V. y R., la pareja de Couchsurfers que nos acogía, el sol reapareció e iluminó las cosas de la calle con una luz de atardecer precioso - a eso de las seis o las siete, es decir, atardecer de las altas latitudes - y todo cambió de golpe. O mejor dicho, todo recobró repentinamente el color y la vida. Aún así, pasar por Riga en agosto es como pasar por Barcelona el día que nieva en años: representa poco del tiempo cotidiano del lugar. Por el barrio de estos chicos, todo parecía empezar a florecer. Algunos bares, algunas tiendas -todos al estilo hipster, un poco como lo que ha proliferado en Berlín o Barcelona. Era esta estética despreocupada, hasta infantil y con mensajes sin duda elaborados, pero que podrían encajar perfectamente en cualquier lugar, porque están totalmente desconectados de la historia y de la cultura locales. Habló Eduardo Galeano de como la globalización capitalista se comió las identidades de los lugares y los pueblos -al igual que lo hizo la ocupación soviética aquí o en Asia central. Las calles en cuadrícula, bastante anchas y luminosas, pero a menudo desoladas, daban una impresión parecida al Berlín de principio de los 2000, aunque con menos vegetación. Muchos de los edificios de Riga que se alineaban a lo largo de esas calles debían ser relativamente recientes: viejos pero no tanto como para que alguien o algún gobierno hubiera decidido restaurarlos -ni siquiera mantenerlos. Hasta daba la sensación que unos cuantos habían sido abandonados y luego re-ocupados después de una década o más. Algunos, incluso, se habían quedado aquí en medio, estando directamente hechos cenizas: el tristemente famoso efecto Pompeya...

En Francia, el anuncio decía "Seb, c'est bien". Aquí, Seb tiene aires constructivistas.
Y es que, en todas partes estaba muy presente el recuerdo de la ocupación rusa. A pesar de que más de la mitad de la población habla ruso, cuando Letonia organizó hace unos años un referéndum para la inclusión del ruso como lengua co-oficial, una enorme mayoría de la gente votó por el No. Los 90 resonaban aún muy fuerte en la memoria del país: alguien nacidos en los ochenta salió de la URSS con diez o doce años, y excepto los nacidos a las puertas del siglo XXI, todos deben tener muy presente la asfixia de la ocupación. Bueno, todos los que se quedaron, porque parece ser que los flujos migratorios han sido importantes también: con el inicio de la época soviética y con su fin, con la política de desplazar poblaciones, o más recientemente, con la crisis financiera del 2008, el pequeño país por poco se queda desierto.

InterregnumAsfixia cultural.
Por lo visto, la ocupación rusa representó para los letones una forma de aniquilación silenciosa de la que no quieren guardar más recuerdo que el necesario para evitar que algo así les vuelva a pasar.
Hay en Riga varias plazas, monumentos o estatuas en lugares públicos por la paz y por las personas que murieron en las sucesivas revoluciones en contra de la ocupación por otros.

de los efectos del sol y del color sobre la experiencia del peatón a pie de calle: el caso Wallis. Un(t)raveling et al. ; 2016.
A los pocos minutos de salir de casa, entramos por casualidad en un supermercado Rimi donde compramos unas bolas de carne deliciosas, con especias varias como eneldo y otras que ni reconocimos. En otros Rimis de los otros muchos que tiene la ciudad, no volvimos a encontrar nunca una sección tan exuberante de comidas preparadas, ni una señora tan amable para servírnoslas (y lamentablemente, tampoco supimos volver a encontrar este Rimi en particular). Tant pis... Nos refugiamos en un café durante un ataque de lluvia de estos cortos pero convencidos y al volver a casa, encontramos a V. y R. listos para ir a pasear el perro, caminata aperitiva y pretexto para charlar un poco de la ciudad, del barrio, del pasado, del presente y del futuro... Cocinamos (verduras) en casa, cenamos juntos y todos cansados y con grandes planes para el día siguiente, nos fuimos a dormir bastante temprano... Fue una noche fresca, de estas en las que se está a gusto calentito en el saco de plumas, pero dejando la ventana abierta para disfrutar del contraste sacando un brazo del saco de vez en cuando...
llegada matutina al mercado central, buscando el pescado desesperadamente...

Aunque no habíamos conseguido librarnos de la lluvia hasta la tarde, el día siguiente fue precioso desde buena mañana unas muy artísticas pero amenazadoras nubes avanzaban desde el este. Tenían un poco la pinta de esos cumulonimbos de verano que aunque no hagan saltar tormentas sueltan agua por allí donde pasan de lo pesados que son. En fin, aún así tuvimos casi todo el día para pasear por el centro y a lo largo del río Daugava. Empezamos el paseo temprano, acercándonos a lo que parecía el mercado: un mercado enorme, uno de los más grandes y antiguos de Europa por lo visto. Desayunamos allí donde vimos viejos desayunando y al rato de estar sentados, con las campanadas de las nueve, entraron varios grupos de turistas en avalancha detrás de su respectivo guía. Entre otros grupos, identificamos a unos italianos que, perdón por el cliché, se tiraron a las paradas de quesos frescos, probando la ricotta letona con ansiedad y llevándose alguna muestra, todo eran caras de satisfacción... Intentamos escapar de la manada anglo-latino-germano-hablante, esquivándola entre las paradas de setas y frutas del bosque y dirigiéndonos más hacia el sur, donde esperábamos encontrar -porque tenía que haberlo en alguna parte- el pabellón del pescado. Lo encontramos al final, en la última nave (gigantesca) de lo que había sido anteriormente un hangar para zeppelins: ¡y qué espectáculo! Ahumado, secado, salado, aporreado, marinado... en general poco pescado fresco, pero nunca habíamos visto tantos pescados conservados de tantas maneras distintas y en tan poco espacio.

voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches ; y aquí: ¡todos los filetes de pescado salado que puedas imaginar!
Había pescados secos hasta metidos en jarras de plástico como ramos de flores; hepato-páncreas secados de vete-a-saber-qué especie; salmón ahumado pero con más gamas, precios y calidades que el jamón ibérico en Montesierra; pescados abiertos por la mitad como momias, o como los frangos assados en Portugal; sin hablar del abanico de colores de todas las salmueras de la creación... Era de repente haber entrado en una biblioteca de Alejandría del conocimiento ictícola: un mundo paralelo en el que toda actividad humana giraría en torno a unos inmensos laboratorios de investigación en gastrono-taxidermia ictínea. Saciados y con la mochila llena de delikatessen para pasar el día, abandonamos el recinto del mercado y salimos al aire libre, a entregar nuestros brazos color blanco-guiri a un sol de julio, nórdico pero bastante decente ya a estas horas de la media-mañana.

arte comprometido: gravados flamencos con alta carga ideológica.
Paseamos un largo rato por la orilla del Daugava, un auténtico museo al aire libre. Cruzamos para llegar hasta la impresionante Biblioteca Nacional, donde una exposición temporal de pintores flamencos aprovechaba la oportunidad para dar las gracias al mecenas alemán que había regalado los gravados y para recordar cuánto de europea era Riga antes de la ocupación y cuán importante era para Letonia poder reivindicar y recuperar poco a poco -paso a paso- esta cultura europea. No que nos pareciera fuera de lugar la reivindicación, en absoluto. Al contrario, este grito tan profundo y tan dolido surgiendo en el folleto de una inocente y poco comprometida exposición de gravados naturalistas flamencos, de forma tan sutil e irresistible, nos estremeció. Resultaba impactante esta necesidad de reafirmar su pertenencia histórica, política, social y cultural a una Europa que, muy cómodamente, había apartado la mirada y se había olvidado durante treinta años de todo lo que le quedaba "al otro lado del muro". Como si siempre hubiesen sido pueblos lejanos, distantes y sin vínculos con ella. La misma Europa* que, muy cómodamente, aparta la mirada y planta cercas de alambrado para no tener que asumir las consecuencias de las guerras y tragedias que siembra por doquier. Para no tener que asumir sus responsabilidades. Para no tener que estar a la altura de la historia, a la altura de la imagen que pretende vender, a la altura de las lecciones que quiere dar.

el Daugava; soldados y Biblioteca nacional: no se sabe bien si la liberan o la quieren tapar; Riga al natural; arte en estado de semi-libertad.
Volvimos a cruzar el río y solo al toparnos con ellos de nuevo y en masa, en las callejuelas detrás del museo de la ocupación, nos dimos cuenta de que los turistas no se aventuraban mucho por la orilla izquierda. Fue llegar al casco antiguo, todo rebosante de productos de consumo ready-made y de cultura global desechable, y no poder andar sin darnos con los codos en mochilitas o conos de helado. Solo entonces, entendimos que Riga había entrado ya en la fase crónica de la enfermedad que se llevó por delante a ciudades como París, Barcelona, Roma y tantas otras antes. Tiendas, restaurantes y servicios para turistas; buses, guías y visitas para turistas; bicis, segways y patinetes para turistas; atracciones a medida para turistas, galerías de arte para turistas, folclore disecado para turistas. Solo que aquí, el puñado de monumentos emblemáticos reproducidos ad nauseam en todos los soportes habituales aún no habían perdido su carácter real, tangible. Aún mantenían firme su anclaje en el adoquinado de la ciudad. Fuimos a consumir nuestro botín de mercado, a escribir una primera tanda de postales y hacer una mini-siesta en un banco de otro parque, ya que el primero por el que pas(e)amos -con un cierto parecido al des Buttes-Chaumont- estaba muy lleno de gente...

Riga en versión verde que te quiero verde: façon Buttes-.Chaumont, rollo hiedra pasional y en modo visita guiada con micrófono y amplificador de pilas...
Luego, bien entrada ya la tarde, fuimos hasta la estación, donde Riga nos regaló más arte al aire libre (una bonita exposición de fotos de jazz) y una última visita a un último Rimi (en vano, aunque algún tesoro encontramos al final*) antes de entrar en la estación y acercarnos al andén para esperar al primer plato de resistencia de nuestra dieta sin aviones: el tren de noche Riga-Moskva! Adiós Unión Europea, hola Rusia. La noche prometía ser larga y Futuna ya se estaba poniendo nervioso por si nos iban a dejar entrar, por si nos iban a poner micrófonos, por si nos espiaban desde la camilla de al lado, por si las recientes tensiones y disputas varias entre Francia y Rusia, o entre sus dirigentes, le iban a traer problemas, etc. Por suerte, el txucu-txucu siempre ha tenido un fuerte efecto soporífero sobre él y hasta le costó a la policía de fronteras despertarle a eso de las dos de la madrugada para revisar su documentación. Pero eso es otra historia...

el petate con patas busca su vagón, a punto de empezar el tramo más largo de su largo viaje...



¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$


10 duros el kilo

Nuestra sección especial (hashtag 20 francs le kilo) para los fans de números, los preocupados por el presupuesto o los que tienen curiosidad por hacer camino sin aviones... Encontrarán aquí, pues, la verdad, solo la verdad y toda la verdad (redondeada y sin comas, eso sí):

 - Riga-Moscow (tren Latvian Railways): 17 horas / 950 km / 75 (x2 personas) 150 euros.

O sea unos 16 céntimos de euro por kilómetro (y por cabeza) y 1 noche menos de la que preocuparse... 



______________________________




* la misma Europa que, con un cinismo brutal y sin la más mínima pizca de pudor, (ex)pone a la venta y ofrece para el entretenimiento de sus propios hijos un juguete así. Cuando no pasa una semana sin tragedias y muertes en el Mediterraneo. Este lo encontramos de casualidad en el Rimi de la estación, buscando las irrepetibles (e irrepetidas) bolas de carne con especias del primer día... Bueno, nada permite concluir que haya sido un despropósito o el trabajo de un becario milennial: a lo mejor está hecho intencionalmente para que los niños europeos puedan reproducir las noticias de la tele en sus juegos...

Thursday, August 4, 2016

Hasta el fin del mundo (2 de 8)


... Berlin - Riga: el duo dinámico de la D.B.


Empezamos, pues, el resto de nuestro largo no-viaje por la vida (y por tierras y por mares) en un tren lujoso* y muy limpio de la Deutsche Bahn con rumbo a Warszawa. Eso de empezar el resto de nuestro no-viaje por la vida, que conste que lo hacemos cada mañana. Mucha gente lo llama cotidiano, a veces sin mucho entusiasmo y hasta en ocasiones, con desprecio. Pero el no-viaje al fin y al cabo, es proponerse mirar un poco con esta misma mirada boba de mochilero eufórico cosas como el mercado de cada sábado en T.-sur-A. (y no solamente el del fondo de la Cochinchina o donde Krishna se dejó la alpargata al salir del baño) ; es decidir que te vas a comer la tortilla de patatas del huerto con la misma fascinación y el mismo frescor en las papillas que si de una papaya salad de por allí se tratase. Y que al estar por allí, recibirás el cotidiano con la misma sonrisa tranquila que en casa, sin necesitar que cada día sea un derroche de consumir gente, lugares, productos y servicios puestos a tu alcance para tu disfrute guiríl. En fin, si empezamos así, no llegamos ni...

emprediendo una vez más el resto del no-viaje e inmortalizando el momento!
Mientras tanto, estamos rodando hacia Warszawa en un silencio que tan solo perturba el txucu-txucu de los ejes. Y, bueno... también lo perturba bastante, si hay que serles sinceros, una discusión en inglés -tragicómica y algo molesta- entre el revisor alemán y dos piltrafas hispanohablantes que pretenden ir de listos. Allí vendiendo la marca España por Europa, ¡Ole! Los llamaremos el Duo Dinámico (DD). Viajan sin billete. Bien. En un tren internacional, claro. Unos auténticos genios. En la otra esquina, con el uniforme impecable i el bigote convencido de quien cumple su deber: el revisor de la Deutsche Bahn (que llamaremos DB). Los DD le cuentan en un inglés macarrónico a DB que le dieron sus últimos 60 euros (cada uno) a un desconocido en la estación para que les comprara los billetes en la máquina y el tío les dio "eso" (le enseñan a DB dos folletos del horario del tren) y pues, se pensaron que era el billete y ahora, claro, no les queda un duro:

"Pero quiere decir usted que eso ¡no son billetes de verdad? y ¿Qué significa eso, señor revisor? 
¿Que nos estafó esta persona allí? pero ¿Qué haremos entonces?
Usted nos tiene que ayudar a recuperar nuestro dinero y a lavar nuestro honor!"

Etc., etc., con gemidos y muecas incluidos. DB respira hondo y les repite a DD que eso no es un billete y que sin billete, no se puede viajar en este tren. Que la opción número 1 es comprarle a él, ahora, dos billetes, que costarán 70 euros por cabeza. Entonces los DD vuelven a empezar: ¡que sí que han comprado billetes! le dieron sus últimos 60 euros (cada uno) a un desconocido en la estación para que les... ¿Os suena de algo? Ya... A nosotros también. Estoico, DB explica que eso no son billetes y que -opción númer 2-, de no poder o no querer comprarle billetes a él en el tren, no solo van a tener que bajarse en la próxima, sino que también se les multará allí por viajar sin billete.

cuando entras en otro país y todo resulta más chulo en blanco y negro...
Y los DD que hacen: se ponen a llorar que ¿cómo? ¿una multa? pero... que si no tienen más dinero porque se lo gastaron todo para comprar estos folletos de horario billetes, y fueron víctimas de una estafa en la estación y en lugar de ampararles, la institución de la Deutsche Bahn les pretende hacer más precario aun... Por suerte, DB está hecho un maestro zen ya: sin enfadarse, les da información valiosa sobre toda la multitud de problemas que les espera allí donde pare el tren. Y los DD -que mientras tanto han reclutado a un grupo de compatriotas pos-adolescentes de pocas luces que se improvisan intérpretes piltrafa-inglés para ayudarles- se empiezan a sentir tan orgullosos de ser el centro de atención del vagón (y de haber juntado a su alrededor a semejante manada de chiquillos ansiosos de prestarles auxilio) que les revelan a los chavales, con guiños entendidos y muecas de comedia dell'arte, que se están quedando con DB y que ¡Ole! lo bien que se lo montan para viajar gratis, ¿verdad? Nosotros interrumpimos acá su programa para comunicar nuestra posición al respecto: insistimos en que, si vas a subirte a un tren con la intención de no pagar, uno: no lo hagas, y dos: de verdad, no lo hagas. Ahora, tres: si lo vas a hacer, y sería mejor que no lo hicieses, usa tu criterio para elegir bien la linea. Que no incluya, por ejemplo y para empezar, un cambio de país y/o una frontera física. Que no sea, evidentemente, alguna vez en la que te encuentras con la firme intención de llevar alguna cosa ilícita encima -lo que tampoco recomendamos, por supuesto. Que no sea un día en el que tienes prisa o algún compromiso, tampoco.

Pero bueno, con la tontería, nos entretienen casi hasta la frontera y la llegada a Warszawa no pilla desprevenidos. Mientras Futuna se había adentrado en la resaca de sus recientes vértigos, Wallis mantenía (y aguantó un buen par de horas) una conversación en alemán con una mujer rusa en estado de carencia relacional y de choc pretraumático: casada con un Alemán y llevando años en Alemania, volvía a la idealizada y amada patria por primera vez en años. No hablaba inglés, estaba tan emocionada como angustiada, tenía que hacer cambio con demasiado equipaje y no sabía bien ni cómo ni dónde con todo esto.

el skyline local desde la estación central: clase al gran estilo Gotham City.
No se le ocurría nada mejor que ladrarle todo su estrés del momento en ruso al joven revisor polaco de turno -al que escuchar agresividad redirigida en el idioma del gran vecino invasor, le provocaba un terror y un rechazo arquetípicos: ¿cómo no? Bref, una tragedia de desencuentros y despropósitos en toda regla, que Wallis procuraba arreglar con los recuerdos de aquel semestre de alemán que tomó en 2002, sacados de Ford sabe qué sútil circonvolución del cortex de la memoria. Al abrir ojo, Futuna le miraba con una admiración, enamorada y absolutamente boba, pensando algo así como: "Pero qué maravilla de mujer... ahora como no cargue con la mochila ya y se baje del tren pitando, va a terminar en Moscú con ellos o en el vagón-cárcel con los dos piltrafas de antes".

¡Warszawa! Arropada con Historia contemporánea, fruto del amor entre una sirena y un pescador, dónde resuenan nocturnes de Chopin y ruedas de monopatín en los adoquines... ¡Cúanta riqueza, cultura, historia, arte, belleza! Por desgracia, solo estuvimos por los alrededores de la estación unas horas de la tarde y hasta bien entrada la noche, cuando un autocar Lux Express nos recogió y se/nos lanzó carretera arriba: con rumbo al norte y nada menos que la promesa de un romántico desayuno en Vilnius. Larga noche de piernas dobladas en butacas de terciopelo cansado y de pelis dobladas en polaco, en pantallas de LCD diminutas. La llegada a Vilnius una hora y media antes de lo esperado pintaba a buena sorpresa, a pesar de la llovizna fina y helada que caía. Resultó ser que la estación de buses "Panorama", no estaba cerca del Centro, sino cerca de un Centro Comercial periférico e incomunicado, pero cuyos lavabos (lujosos) y cuyo único-bar-que-vimos-abierto (con croissants recién horneados) cumplieron con lo esperado y nos hicieron más felices que a la Rizitos de oro la casa de los tres osos.

arquitectura contemporánea-concept en Warszawa: farolas "cuchara sopera china", wavy shopping-mall y re-cuchara.
El bus que retomaba el servicio a partir de Vilnius era idéntico y el viaje fue, sino más cómodo, al menos más corto (dormido, todo se te pasa rápido). El paisaje nos llamó la atención al parecernos muy nórdico ya: dominación incontestable del abedul en el paisaje. Muchos árboles abedules; mucha agua bajo todas sus formas: lluvia, evidentemente, pero también ríos, charcos, lagos, riachuelos, marismas, pozas, canales... Así que reflejándose y casi deslizándose por la superficie de tantas aguas, el bus nos dejó finalmente en toda la gloria de un mediodía inesperadamente soleado en pleno centro de Riga. En las espaldas las mochilas y en mano, el último bote de nuestro ya famoso chutney de tomate verde (casero, del huerto, seguramente orgánico y sin duda hecho a mano y con amor), regalo para nuestros hosts de Couchsurfing, tan simpáticos como veganos, nos lanzamos hacia su casa y a descubrir la ciudad...

lo que más se exporta de la marca España: duo dinámico y... ¡trio español!
(encontrado en un supermercado de Riga)



¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$¥$


10 duros el kilo

Nuestra sección especial (hashtag 20 francs le kilo) para los fans de números, los preocupados por el presupuesto o los que tienen curiosidad por hacer camino sin aviones... Encontrarán aquí, pues, la verdad, solo la verdad y toda la verdad (redondeada y sin comas, eso sí):

 - *Berlin-Warsaw (tren Deutsche Bahn): 6 horas / 600 km / 65 (x2 personas) 130 euros.
 - Warsaw-Riga (autocar Lux Express): 15 horas / 750 km / 30 (x2 personas) 60 euros.

En total: 1350 km y 190 euros, o sea unos 14 céntimos de euro por kilómetro (y por cabeza) y 1 noche menos de las que preocuparse...



_________________________


* ...