Sunday, May 6, 2018

home(t)raveling: déjà dix mois (c'est tout?)


Tout le monde nous le dit depuis bientôt un an (à ce propos: dix mois déjà, on a du mal à y croire et ça donne le tournis!), mais quand le gros du travail est fait, commence une errance in-finie dans les limbes des finitions qui n'en finissent jamais de ne pas être tout à fait finies...

depuis la "fenêtre" du w-c: l'étable propre et rangée!
Heureusement pour nous, on n'en est pas là et on est loin d'en voir le bout du début - de la fin, je veux dire. Néanmoins, à peine montée et installée la colonne vertébrale de notre cuisine, on a senti comme un petit coup de mou. Soudain, on avait un évier confortable, un robinet avec de l'eau courante froide ET chaude, un frigo, une gazinière, des couverts et des ustensiles - le tout dans une seule et même pièce! Le luxe absolu. Et là, après un classique silence d'environ une demi-heure, on a fait une pause (d'environ 120 heures). "Ça y est" diront certains "ils s'amollissent dans le confort, ils se posent déjà, ils sombrent dans la douce quiétude d'une appaisante routine" - Uderzo & Goscinny, sortez de ce corps! Eh bien, non! On a juste pris 5 jours pour descendre à Barcelone en coup de vent puis remonter à Clermont-Ferrand dans la foulée (pour le D.U de phytothérapie de Wallis. Futuna, qui avait des traductions à faire, était aussi du voyage: si on peut jouer les #digitalnomads, pourquoi s'en priver?) Et oui, on sait: notre impact écologique, notre bilan carbone, tout ça. En même temps, on co-voiture dès que possible, on traîne en train(s) un peu aussi - quand ils circulent (facile, je le reconnais*) et question avions, on a pris trois vols intra-Europe et deux vols longs courriers chacun au cours des cinq dernières années, les 3 intra-Europe pour des raisons strictement professionnelles, soit dit en passant. C'est pas si terrible. Ou si. Enfin, y'a pire. Piètre consolation... Bref. Au retour, on s'y est remis mais bon, entre ça et le "vrai" travail (comprendre "le-rémunéré-et-pas-juste-pour-la-satisfaction-personnelle-que-procure-le-bricolage-fait-avec-amour"), on a à peine eu le temps de dire au revoir à avril et de saluer le fameux joli mois de mai, aka "ce pont qui dure du 30 avril au 1er juin", comme disait notre ami G., anglais grimpeur, brasseur, cat lover, Ariégeois d'adoption et... comme il avait raison! Alors on surfe sur une vague de jours fériés, d'artisans sur répondeur et de déchetterie fermée. Et faute de soleil, on bricole plutôt en intérieur.

- Pour s'échauffer et se réchauffer, première tâche : une grande séance de rangement et de nettoyage de l'étable. Parce qu'on y avait accumulé tout et n'importe quoi pendant l'hiver, d'abord ; parce que les palettes et le petit bois divers s'entassaient sans ordre ni logique parmi les sacs éventrés de ciment, chaux et plâtre, ensuite ; parce que les pigeons ré-installés en notre absence et prenant leurs aises dans la charpente depuis, avaient couvert le sol d'une couche bigarrée de fiente et de plumes, enfin. Dégueulasse. Répugnant. Inadmissible. Indigne. Donc, de l'ordre on a (re)mis. Et tout ce petit monde au pas, aussi. Voilà pour la (re)prise en jambes et la (re)mise en mains!

petite séance de burinator ; mai 2018 , cinquantenaire de "sous les pavés, la plage" ; à peu près égalisé ; comme on fait son lit (de sable)...
- Ensuite, on a relancé le chantier "authentiques tomettes d'époque (et en costumes) héritées de nos chers C. et L. Début décembre, on avait déjà préparé un petit carré de 6x6 (soit 1,60m de côté environ) pour y déposer le w-c, histoire de tâter un peu le terrain, de tester la pose traditionnelle sur lit de sable et chaux, et de se geler les fesses tout l'hiver! Mais notre objectif de buanderie-cellier étant aussi ambitieux que le tas de tomettes est énorme sous le hangar, on s'est remis au boulot. D'abord, en défonçant la vieille dalle moche sur quelques mètres carrés supplémentaires (6 ou 7 pour  être précis). Ensuite, en pelletant tout ça dans une brouette et en l'évacuant au jardin. Enfin, en égalisant et nivelant au mieux avec du sable. En parallèle, on a commencé à préparer des tomettes: trempage à l'eau et au vinaigre, grattage, nettoyage, décapage et séchage au soleil: à 13 tomettes et demie du mètre carré, il vaut mieux être patient. Voilà! La suite au prochain numéro...

cure de jouvence pour tomettes vintage: avant (croûte de chaux incluse); pendant (Wallis en costume et en action) ; et après (snif!).
 - Enfin, et ce sera tout pour ce court épisode, on a monté les cloisons de la future salle de bain du premier étage. Rails et montants bien d'aplomb et bien d'équerre (l'air de rien, la correction de l'équerrage nous enlève presque 7 centimètres au fond de la pièce, mais pour être tranquilles et poser le bac à douche dans un angle droit, ça vaut le coup!) ; une fois n'est pas coutume, laine de roche qui gratte mais qui est moins sensible à l'humidité que la laine de bois ; quelques plaques de plâtre collées directement au MAP (histoire de gagner de précieux centimètres puisqu'on pourra isoler par l'extérieur et que la largeur de la pièce est juste) ; quelques saignées et gaines électriques qui manquaient et une magnifique porte recyclée, qui sera décapée, poncée et traitée en temps utile - le cadre, lui, est prêt et posé! On a même fini par trouver comment résoudre (en improvisant un peu dans le feu de l'action) un petit problème technique de compartiment électrique encombrant. Mais chut: faut en garder pour plus tard...

c'est l'histoire d'un Futuna qui monte une cloison en placo et Wallis lui dit "accroche-toi à la Makita, je retire l'échelle". Désolé!
préparation de l'ancien cadre de porte pour l'adapter à l'épaissuer de la nouvelle cloison: un coup de défonceuse et le tour est joué!
sous vos yeux émerveillés et presque en temps réel, la cloison du fond et celle du palier, avec la porte récupérée et remontée!

Bon, ces deux semaines sont passées très vite et on a l'impression de ne "rien" avoir eu le temps de faire. En même temps, les journées n'ont que 24 heures et c'est pas comme si on pouvait les consacrer intégralement au chantier. Faut bien manger (ça, pas de danger qu'on oublie!), faut bien dormir (pour l'instant, aucun problème de ce côté-ci) et faut bien, de temps en temps, trouver des prétextes pour fêter des trucs avec des amis - comme l'anniversaire de notre cher G., par exemple, qui tombait pile le jour de l'inauguration de notre cuisine! On vous laisse avec ce très bel instantané signé S., le grimpeur-carreleur-musicien qui sait aussi saisir la magie d'un moment au pied levé et au quart de tour! Sinon, dans ce tout jeune salon, on n'a pas encore de rideaux et c'est une bonne chose ; le plafond est haut et c'est pas plus mal ; le détecteur de fumée n'est pas encore installé et ça tombe plutôt bien..

anniversaire avec un grand A: tatin de Wallis, bougie de compète et émerveillement de gosses...

À bientôt pour la suite!
Bon(s) pont(s) et plein de bises,
F. & W.


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* À propos de la grève à la SNCF: et pour que ce soit bien clair: notre soutien inconditionnel aux grévistes, non au démantèlement des services publics, après les autoroutes et les barrages, maintenant les chemins de fer, demain les universités et les hôpitaux: y'en a marre de voir le patrimoine public de ce pays - construit par nos parents et grands-parents, payé, amorti, remboursé et entretenu avec nos impôts - offert ou bradé à des intérêts privés qui vont invariablement faire s'envoler les tarifs et laisser se dégrader les infrastuctures, jusqu'à ce qu'on nous demande "à tous", une fois de plus, de faire un petit effort pour en payer les réparations ou la remise à flot. Et - soit dit en passant - merde à celui qui le lit et qui n'est pas d'accord: ma tolérance s'arrête là où commencent les idées "ni-de-droite-ni-de-gauche" et les fausses vérités (ou les vrais mensonges) sur l'argent qui ne se crée pas par magie!