Thursday, May 17, 2018

home(t)raveling: semaines 45 et 46.

demi-plan de travail en chêne poncé et huilé cherche sa moitié pour union à mi-bois.
Décidés à surfer sur cette vague aussi surprenante qu'inespérée de posts publiés en tenant les délais, on vous propose la suite des fronts ouverts la dernière fois, c'est à dire il y a deux semaines - c'était hier, ça fait une éternité, le temps passe trop vite, l'univers n'en finit pas de se refroidir tout en s'étirant, tout fout l'camp, c'est plus c'que c'était mon bon monsieur et d'ailleurs le fond de l'air est frais. En parlant d'univers qui se refroidit et de fond de l'air effraie, ici les températures de ces quinze derniers jours ont oscillé entre 6, comme les cordes d'une guitare - Bobby Lapointe dirait "c'est beaucoup, ce n'est pas trop" et 14, comme deux fois sept. Effrayant, non? Et comme le soleil n'a pas daigné se montrer (sans doute parce qu'il avait peur de se mouiller), on en a profité pour avancer la future salle de bains, la future buanderie et les futures chambres. Rien qu'on ne puisse faire avec du soleil, hein, soit dit en passant. Mais voilà. De toutes façons, vu le nombre de jours ouvrés entre les ponts dernièrement, la probabilité de voir débarquer un plombier ou tout autre artisan à l'improviste incitait plutôt à nous concentrer sur nos chantiers personnels et à ne pas dépendre d'une intervention extérieure. "Fais le carrelage de quelqu'un, tu avances les travaux de sa cuisine. Apprends-lui à carreler, tu débloques les travaux du reste de sa maison." Facile! C'est parti, doncques z-et hop:

la pose à sec, "juste pour voir" et pour finir de niveler et préparer le terrain: un peu de sable, trois coups de maillet et hop! c'est pas si mal.

1- la buanderie et l'atelier tomettes vintage: on a vaillamment continué à gratter, nettoyer, décaper, tremper et sécher des tomettes jusqu'à en avoir un tas généreux. Puis comme on avait déjà à peu près gratté, sablé et égalisé le sol, on a commencé la pré-pose - sans chaux ni eau ni rien, juste pour voir un peu comment elles s'agençaient et prévoir les corrections, rattrapages et ragréages de rigueur. Quelques contrôles de niveau, aussi, pour essayer de se rapprocher au maximum de la planéité et de l'horizontalité, tout en sachant que la perfection est l'ennemie de l'auto-rénovation - chez nous en tout cas! Le résultat étant plutôt convaincant, on va concrete-iser à la chaux... bientôt!

à travers la cloison et la porte, la future sdb tout habillée de rêve vert...
2- la salle de bain et son écrin de placo vert: il restait un peu d'électricité à passer et c'est fait (pour la typique petite lumière au-dessus du miroir du lavabo, parce qu'on veut bien être originaux mais des fois, les trucs conventionnels genre "un miroir pour se regarder en face du lavabo pendant qu'on se brosse les dents avec une source lumineuse juste au-dessus", c'est quand même éprouvé, fonctionnel et pratique... Donc, il y avait aussi la cloison à habiller autour de la porte, mais ça n'a guère avancé parce qu'on se tâtait (et on se tâte encore - quoique jamais en public, hein!) pour y mettre tout plein de briques de verre qu'on avait récupérées, mais dont "on savait pas trop si ça serait joli ou hyper ringard". Et puis encore tout le placo à coller au MAP sur les parois latérales. Il fallait aussi - et enfin - faire les trous pour fixer les futures étagères du petit placard à côté de la porte, parce que vu qu'il serait (est déjà d'ailleurs) assez étroit, ça serait difficile de rentrer avec la perceuse après la pose du placo. Il en manque à ce jour quelques bouts (de placo) pour le haut des murs, découpés mais pas MAPés pour cause de traduction inopinée et urgente. Puis la jonction murs/plafond et quelques trous à MAPer, les briques de verre à poser ou à oublier jusqu'au prochain chantier, et tout l'habillage du w-c à faire (en placo aussi)... tout ça avant de faire venir le jointeur pour, eh bin, jointer, et le plombier pour, eh bin, plomber. Il ne nous restera plus qu'à carreler et peindre l'ensemble et hop! On aura une salle de bain! Le genre de truc qui avance bien, mais ne se voit pas beaucoup. Nos estimations raisonnables nous disent que pour fin juin... Et pour l'instant, on se contentera de cet état des lieux en (une) image.

Futuna en plein travail ; chutes et découpes ; work toujours in progress ; côté chambre d'amis ; et côté chez nous: placard presque fini.

3- la cloison de séparation entre les chambres avec son placard/penderie: pas grand-chose à dire, c'est rigolo et pas très compliqué, même en partant de zéro en plein milieu d'une pièce. Tracer la cloison au sol avec règle et équerres ; visser les rails (horizontaux) dans le parquet ; commencer à découper et poser quelques montants (verticaux) ; les fixer après les avoir mis bien d'aplomb et d'équerre, marquer l'emplacement des rails au plafond ; poser des chevilles à placo pour fixer les rails au plafond et vérifier que tout ça tient bien. Comme les plafonds sont à plus de 2,50m et comme nous l'a conseillé le maçon, on double les montants. Et comme on prévoit de poser des étagères dans le (et autour du) futur grand placard, on pose un montant tous les 40cm au lieu de tous les 60cm (en gros, 60cm c'est l'écart standard et 40cm, c'est la nouvelle recommandation). Le seul truc, c'est qu'il faut tomber pile tous les 1,20m puisque c'est la largeur d'une plaque de plâtre. Faut aussi alterner les jonctions entre deux plaques, pour qu'elles ne tombent pas au même endroit de part et d'autre de la cloison - question de rigidité et de résistance mécanique. Bon, c'est pas sorcier, faut prendre le temps. Pour nous (on est plutôts lents), le truc complet a supposé environ 4 personnes.jours soit un gros weekend, avec un truc qui avançait bien au début et des finitions assez chronophages.

Wallis en mode demolition (wo)man et union à mi-bois consommée pour 2 demi-plans de travail poncés, huilés et réunis!

4- c'était pas prévu, mais c'est arrivé quand même: en grattant et décapant les chouettes petits placards autour de la fenêtre de l'escalier au second, on a vu que leurs montants en bois étaient bouffés et pourris. On a donc creusé un peu et découvert que le linteau de la fenêtre était complètement pourri d'humidité et qu'il faudrait le changer à l'occasion. Hum... Du coup, on a enlevé les demi-chevrons qui soutenaient les placards, puis les habillages du linteau. Et rendus là, les placards en maçonnerie n'étaient plus tenus à rien et on a dû les casser. Ouais! Encore des gravats, et pas mal d'enduit à (re)faire en perspective, puisque l'humidité qui a bouffé le bois a aussi abîmé tout le plâtre du mur nord entre le premier et le second. Une bonne surprise, en définitive... On a aussi profité d'un dimanche de pluie pour - enfin! - préparer et poser le plan de travail de l'ilot central dans la cuisine, et faire un dossier au futon qui sert désormais de canap', en attendant mieux. Des fois, faut savoir perdre du temps pour... le plaisir d'en perdre.




Et pour conclure, on vous laisse avec un petit time-lapse du montage de la cloison, pas tout à fait tout à fait intégral, puisque la batterie de l'appareil photo nous a abandonnés en cours de route et que le temps qu'on s'en aperçoive, bien sûr... Reste à poser les devants de montants avant de jointer tout ça au MAP, à faire l'enduit de finition et la peinture. On posera ensuite l'étagère à 2,30m de hauteur pour y monter les rails de portes (en 200cm de large), puis la penderie (en 140cm par 60 de profondeur) et les étagères intérieures (en 55cm par 35cm) ; et enfin, tout à droite, des étagères pour une petit coin bibliothèque en dehors du placard et en 35cm de profondeur aussi - ce qui correspond au renfoncement du coin bureau de la chambre d'amis: on lui a rendu un peu de l'espace qu'on avait grignoté pour agrandir, honteusement et sans scrupules, notre chambre.


C'est tout pour aujourd'hui.
Bon re-re-pont, profitez-en!
Plein de bises de nous 2,
W. & F.


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* À propos de cette photo de la future sdb: vous n'aurez pas manqué pas de remarquer (ou si?) que l'ancienne porte menant à la ruine (au sens propre, hein!) a disparu comme par miracle. Un petit pas pour le chantier, un grand pas pour notre tranquilité psychologique, puisqu'il est désormais impossible d'accéder à la maison depuis la ruine et réciproquement. Ça va nous permettre d'isoler correctement toute cette zone, aussi, et de peut-être nous les geler un peu moins conserver un peu mieux la chaleur l'hiver prochain... Voilà!


Sunday, May 6, 2018

home(t)raveling: déjà dix mois (c'est tout?)


Tout le monde nous le dit depuis bientôt un an (à ce propos: dix mois déjà, on a du mal à y croire et ça donne le tournis!), mais quand le gros du travail est fait, commence une errance in-finie dans les limbes des finitions qui n'en finissent jamais de ne pas être tout à fait finies...

depuis la "fenêtre" du w-c: l'étable propre et rangée!
Heureusement pour nous, on n'en est pas là et on est loin d'en voir le bout du début - de la fin, je veux dire. Néanmoins, à peine montée et installée la colonne vertébrale de notre cuisine, on a senti comme un petit coup de mou. Soudain, on avait un évier confortable, un robinet avec de l'eau courante froide ET chaude, un frigo, une gazinière, des couverts et des ustensiles - le tout dans une seule et même pièce! Le luxe absolu. Et là, après un classique silence d'environ une demi-heure, on a fait une pause (d'environ 120 heures). "Ça y est" diront certains "ils s'amollissent dans le confort, ils se posent déjà, ils sombrent dans la douce quiétude d'une appaisante routine" - Uderzo & Goscinny, sortez de ce corps! Eh bien, non! On a juste pris 5 jours pour descendre à Barcelone en coup de vent puis remonter à Clermont-Ferrand dans la foulée (pour le D.U de phytothérapie de Wallis. Futuna, qui avait des traductions à faire, était aussi du voyage: si on peut jouer les #digitalnomads, pourquoi s'en priver?) Et oui, on sait: notre impact écologique, notre bilan carbone, tout ça. En même temps, on co-voiture dès que possible, on traîne en train(s) un peu aussi - quand ils circulent (facile, je le reconnais*) et question avions, on a pris trois vols intra-Europe et deux vols longs courriers chacun au cours des cinq dernières années, les 3 intra-Europe pour des raisons strictement professionnelles, soit dit en passant. C'est pas si terrible. Ou si. Enfin, y'a pire. Piètre consolation... Bref. Au retour, on s'y est remis mais bon, entre ça et le "vrai" travail (comprendre "le-rémunéré-et-pas-juste-pour-la-satisfaction-personnelle-que-procure-le-bricolage-fait-avec-amour"), on a à peine eu le temps de dire au revoir à avril et de saluer le fameux joli mois de mai, aka "ce pont qui dure du 30 avril au 1er juin", comme disait notre ami G., anglais grimpeur, brasseur, cat lover, Ariégeois d'adoption et... comme il avait raison! Alors on surfe sur une vague de jours fériés, d'artisans sur répondeur et de déchetterie fermée. Et faute de soleil, on bricole plutôt en intérieur.

- Pour s'échauffer et se réchauffer, première tâche : une grande séance de rangement et de nettoyage de l'étable. Parce qu'on y avait accumulé tout et n'importe quoi pendant l'hiver, d'abord ; parce que les palettes et le petit bois divers s'entassaient sans ordre ni logique parmi les sacs éventrés de ciment, chaux et plâtre, ensuite ; parce que les pigeons ré-installés en notre absence et prenant leurs aises dans la charpente depuis, avaient couvert le sol d'une couche bigarrée de fiente et de plumes, enfin. Dégueulasse. Répugnant. Inadmissible. Indigne. Donc, de l'ordre on a (re)mis. Et tout ce petit monde au pas, aussi. Voilà pour la (re)prise en jambes et la (re)mise en mains!

petite séance de burinator ; mai 2018 , cinquantenaire de "sous les pavés, la plage" ; à peu près égalisé ; comme on fait son lit (de sable)...
- Ensuite, on a relancé le chantier "authentiques tomettes d'époque (et en costumes) héritées de nos chers C. et L. Début décembre, on avait déjà préparé un petit carré de 6x6 (soit 1,60m de côté environ) pour y déposer le w-c, histoire de tâter un peu le terrain, de tester la pose traditionnelle sur lit de sable et chaux, et de se geler les fesses tout l'hiver! Mais notre objectif de buanderie-cellier étant aussi ambitieux que le tas de tomettes est énorme sous le hangar, on s'est remis au boulot. D'abord, en défonçant la vieille dalle moche sur quelques mètres carrés supplémentaires (6 ou 7 pour  être précis). Ensuite, en pelletant tout ça dans une brouette et en l'évacuant au jardin. Enfin, en égalisant et nivelant au mieux avec du sable. En parallèle, on a commencé à préparer des tomettes: trempage à l'eau et au vinaigre, grattage, nettoyage, décapage et séchage au soleil: à 13 tomettes et demie du mètre carré, il vaut mieux être patient. Voilà! La suite au prochain numéro...

cure de jouvence pour tomettes vintage: avant (croûte de chaux incluse); pendant (Wallis en costume et en action) ; et après (snif!).
 - Enfin, et ce sera tout pour ce court épisode, on a monté les cloisons de la future salle de bain du premier étage. Rails et montants bien d'aplomb et bien d'équerre (l'air de rien, la correction de l'équerrage nous enlève presque 7 centimètres au fond de la pièce, mais pour être tranquilles et poser le bac à douche dans un angle droit, ça vaut le coup!) ; une fois n'est pas coutume, laine de roche qui gratte mais qui est moins sensible à l'humidité que la laine de bois ; quelques plaques de plâtre collées directement au MAP (histoire de gagner de précieux centimètres puisqu'on pourra isoler par l'extérieur et que la largeur de la pièce est juste) ; quelques saignées et gaines électriques qui manquaient et une magnifique porte recyclée, qui sera décapée, poncée et traitée en temps utile - le cadre, lui, est prêt et posé! On a même fini par trouver comment résoudre (en improvisant un peu dans le feu de l'action) un petit problème technique de compartiment électrique encombrant. Mais chut: faut en garder pour plus tard...

c'est l'histoire d'un Futuna qui monte une cloison en placo et Wallis lui dit "accroche-toi à la Makita, je retire l'échelle". Désolé!
préparation de l'ancien cadre de porte pour l'adapter à l'épaissuer de la nouvelle cloison: un coup de défonceuse et le tour est joué!
sous vos yeux émerveillés et presque en temps réel, la cloison du fond et celle du palier, avec la porte récupérée et remontée!

Bon, ces deux semaines sont passées très vite et on a l'impression de ne "rien" avoir eu le temps de faire. En même temps, les journées n'ont que 24 heures et c'est pas comme si on pouvait les consacrer intégralement au chantier. Faut bien manger (ça, pas de danger qu'on oublie!), faut bien dormir (pour l'instant, aucun problème de ce côté-ci) et faut bien, de temps en temps, trouver des prétextes pour fêter des trucs avec des amis - comme l'anniversaire de notre cher G., par exemple, qui tombait pile le jour de l'inauguration de notre cuisine! On vous laisse avec ce très bel instantané signé S., le grimpeur-carreleur-musicien qui sait aussi saisir la magie d'un moment au pied levé et au quart de tour! Sinon, dans ce tout jeune salon, on n'a pas encore de rideaux et c'est une bonne chose ; le plafond est haut et c'est pas plus mal ; le détecteur de fumée n'est pas encore installé et ça tombe plutôt bien..

anniversaire avec un grand A: tatin de Wallis, bougie de compète et émerveillement de gosses...

À bientôt pour la suite!
Bon(s) pont(s) et plein de bises,
F. & W.


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* À propos de la grève à la SNCF: et pour que ce soit bien clair: notre soutien inconditionnel aux grévistes, non au démantèlement des services publics, après les autoroutes et les barrages, maintenant les chemins de fer, demain les universités et les hôpitaux: y'en a marre de voir le patrimoine public de ce pays - construit par nos parents et grands-parents, payé, amorti, remboursé et entretenu avec nos impôts - offert ou bradé à des intérêts privés qui vont invariablement faire s'envoler les tarifs et laisser se dégrader les infrastuctures, jusqu'à ce qu'on nous demande "à tous", une fois de plus, de faire un petit effort pour en payer les réparations ou la remise à flot. Et - soit dit en passant - merde à celui qui le lit et qui n'est pas d'accord: ma tolérance s'arrête là où commencent les idées "ni-de-droite-ni-de-gauche" et les fausses vérités (ou les vrais mensonges) sur l'argent qui ne se crée pas par magie!


Friday, April 20, 2018

home(t)raveling: setmanes 40, 41... y 42



Allá al país basc (falta un enllaç aqui*...), hi vam viure tres llunes plenes, que no és poc: la del febrer i les dues del març. Per poc, no vam arribar per la del gener, ja que encara érem a casa, pelant-nos de fred mentre se'ns estava assecant el arrebossat de la saleta de baix. Hi vam passar, tot plegat, l'equinocci de primavera i ben pocs dies de sol, fins que vam decidir que ja era hora de tornar a casa...
 
(em sap molt de greu, ja que voldria seguir en català, però per desgràcia no soc capaç de fer-ho i tornaré al castellà)
 
camí d'Ítaca, un altre dia qualsevol al cor de l'hivern basc, un(t)raveling i veterinanding amb el 2c15 entre ovelles i muntanyes...

Y pues, como bien imaginarán - que muy difícil de imaginar, no es - volver a Ítaca y volverse a encontrar con una cocina así de precaria, es decir: en el rellano a pie de escalera, sin punto de agua ni pica y fregando platos en la bañera, como hicimos durante los últimos 3 meses (desde que le quitamos el agua a la cocina para poder preparar la pared 'técnica'). Aquí, hay quien dirá: "mira que hubiera sido fácil montar la pica un poco más rápido". A aquel, le contestaremos que montar la pica significa tenerla, así como el grifo. Que eso significa haberlos mirado, comparado, escogido y comprado. Que montarla significa tener listo un plan de trabajo para recibirla. Que eso significa haber decidido entre melamina barata, madera laminada, madera maciza, gránito, acero inox, resinas compositas y hormigón. Decisión que supone mirar y comparar características, robustez y durabilidad, precio, energía gris y sostenibilidad, presencia de compuestos tóxicos, volatiles y pertubadores endocrinos, ciclo de vida y reciclaje, etc.

entre 15 de noviembre y 15 de abril: la 'cocina' ANTES...
Decidirse, encargar, comprar e instalar. Resulta que para instalar un plan de trabajo en una cocina, es bastante imprescindible tener alguna estructura o mueble en el que colocarlo. Y eso supone decidirse entre elementos de cocina estándar o hechos a medida, podiendo ser unos hechos por encargos o por nosotros mismos. Y en esta decisión intervienen el mismo tipo de consideraciones que en el anterior paso, pero también entrarían el tiempo y la habilidad requeridos al contemplarse una opción casera a lo DIY... Una vez resueltas todas estas preguntas, 'tan solo' queda la realización. Eso y poner baldosas en la pared alrededor de la (famosa) pica que sal-pica. Nuevamente: modelo, material, color, tamaño, diseño, origen, pedido, entrega e instalación.

Aquí, hay quien dirá: "pero mira que hubiera sido fácil montar cualquier pica en cualquier otro rincón de la casa". A aquel, le contestaremos que sí, que era una opción. Que lo queríamos hacer y que seguimos con intención de hacerlo. Pero que para hacerlo antes, había que montar una pica en la buanderie. Con lo que había que hacer llegar y evacuar el agua en un punto de este espacio, sin tener bien bien claro qué forma y qué uso iba a tener a medio plazo (el espacio), ni dónde resultaría útil y práctico tener dicha pica en un sitio que serviría de almacén con estanterías, tendría la lavadora y un w-c, pero sería también el camino de acceso al jardín y un sitio donde, seguramente, uno se pondrá y quitará los zapatos. Pensarlo requería tiempo y no era una prioridad... También implicaba tener el suelo hecho y en su altura final para poder colocar dicha pica (que teníamos preparada desde hacía rato, de hecho). Tener el suelo hecho significaba terminar de romper la actual placa de hormigón con burinator, evacuar más o menos 3 o 4 metros cúbicos de grava y gravilla con pala y carretilla, traer y esparcer arena, nivelar, limpiar y rascar las baldosas de tierra que recuperamos en casa de nuestros queridos C. & L., colocarlas, pegarlas y juntarlas con método tradicional en mezcla de cal y arena. Y finalmente, una vez logrado todo esto, aún faltaba la intervención del lampista para conectar el agua. Siendo algo muy pequeño como para ocuparle un día (o incluso medio) y viendo lo que costaba organizar las cosas con él, suponía quemar un cartucho para algo que a la larga, no nos interesaba tanto ni era tan urgente...

pica patas arriba ; atención al detalle ; primera tanda ; zócalo vertical ; tiling masterclass with S. ; juntando la esquina ; ¡et voilà!

En fin, el propósito de este tostón de líos y árboles de decisión era ilustrar - por si fuera necesario - hasta qué punto la auto-renovación supone un Tetris® mental y un malabarismo multifactorial bastante agotadores. Eso era parte del árbol para llegar a solucionar el problema #17: "tener agua y un sitio donde fregar los platos". Así que entenderán cómo hemos podido estar 4 meses fregando platos arrodillados delante de la bañera, cuando se den cuenta de que mientras tanto, coexistían cantidad de problemas como, por ejemplo:

#05 - "estamos a 15N, hay nieve en el jardín y no hay ventanas en la salita donde vivimos"
#14 - "la ropa está esparcida en cajas, mochilas y bolsas apiladas y las pocas prendas al alcance están cubiertas de polvo, serrín o manchas de hieso"
#23 - "hace frío, solo hay una fuente de calor puntual en la planta baja y la escalera se lo traga todo hacía arriba"
#07 - "habría que encontrar una manera de gestionar la plaga de palomas que se nos está yendo de las manos"
#32 - "se amontonan los reciclables y desbordan las respectivas cajas para cartón, cristal y envases"
#11 - "mear por la noche es una epopea ya que dormimos en una tienda de campaña en la segunda planta y el w-c está en un espacio abierto de la planta baja, a temperatura exterior"
#01 - "cierto, nunca hemos pasado la segunda capa de blanco en el techo de la salita** y cuanto más tardemos, más lleno de cosas estará y más complicado será"
#18 - "hay que preparar urgentemente el dossier para la declaración de obras porque ya llevamos 10 meses acá y el ayuntamiento terminará reclamándolo"
#26 - "para poder avanzar con el cuarto de baño, hay que conseguir una sierra circular y sacar el parquet antiguo ; pero antes hay que decidir dónde irá la nueva pared ; pero antes hay que ver si..."

módulo bajo pa' recibir el futuro armario eléctrico ; isla central coloca' y colla' ya ; extractor conectao y cajones altos encarrilaos: ¡amo' bieng!

Bueno, un poco de ruido mental para compaginar con el trabajo, la salud y todo lo demás. Nada de otro mundo. Pero resulta, a estas alturas, que uno no puede realmente imaginarse desde fuera hasta qué punto es físicamente y mentalmente agotador. Te dicen "¡Qué guay! ¡Qué suerte! ¡Me encantaría, tío!" Un poco como cuando íbamos en la furgo y parecía que solo existía la foto bonita desayunando al sol en Dolomitas rollo #Instagramforever, sin las duchas de noche en medio del bosque a mediados de noviembre, con una palangana de agua tibia, tras cuatro días de excursión por allí... A ver: es cierto que ambas experiencias son 1- fruto de una decisión vital, elegida y plenamente asumida, 2- un privilegio y 3- una fuente de gran satisfacción y felicidad. Pero bueno, también tienen su contrapartida, en la que normalmente no se suele poner mucho enfoque y que es fácil de ocultar a la hora de hacer valoraciones desde fuera.... Ese, pues, era el panorama al que aterrizamos en Ítaca a principios de abril, con cierto regustín a depre inverníl. Pero esta vez recargadas las pilas, llenos de entusiasmo, con ganas de mover las cosas y empezar la segunda ronda de la fase 1 de esta pequeña Sagrada Familia nuestra. Así que a trabajar nos pusimos:

módulo bajo para recibir el armario eléctrico, acabado ; estantes a medida ; casi listo ; plantilla para alinear manijas y ¡manijas puestas!

Y, miren: mientras compartíamos este momento de sinceridad y cansancio (tan benignos como estacionales, hay que reconocer), la cocina se fue montando como por acto de magia: véan la succesión de fotos que le dan aire a nuestras logorreas. Camino de vuelta del vasco, recogimos la pica/plan de trabajo de inox y empezamos la maratón cociníl montando los módulos que llevaban semanas muertos de asco amontonados en sus cajas en un rincón. Una vez colocado, collado y sellado el plan de trabajo, tuvimos la suerte de contar con la providencial ayuda de nuestro querido S., músico, escalador y baldosero emérito: entre conciertos, gira catalana y grabación de un nuevo proyecto, vino a darnos una masterclass express de embaldosamiento! Con una buena razón de llamar al lampista y con la sierra circular que nos dejó S. entonces, aprovechamos para cortar y quitar un buen trozo del parquet en el rellano de la primera planta. Pudimos así y en este orden: limpiar y tratar las vigas descubiertas ; rellenar de aislante el espacio entre ellas ; cortar, colocar y fijar el suelo (aglomerado hidrófugo de 22mm) en "todo" el futuro pequeño cuarto de baño (1,75 x 2,90 = unos 5 metros cuadrados) y finalmente marcar en el suelo la posición del plato de ducha, el w-c y la pica. Fue entonces cuando se alinearon planetas: el lampista nos dedicó un pequeño agujero de última hora en su planning, vino a conectar la pica de la cocina y aprovechó las 2 horas que le sobraban para empezar a ubicar canalizaciones y desagües en el embrión de cuarto de baño. Pica + grifo = ¡listo! ¡Milagro! ¡It's alive, alive!

cuando "para construir, hay que empezar destruyendo", preparando, aislando y acondicionando el suelo del futuro cuartito (azul) de baño.

Dedicamos todavía un par o tres de días más a montar el resto de muebles de cocina, a preparar zócalos, tabletas y paneles embellecedores, a colocar la campana extractora y finalmente, a instalar oficialmente nuestra cocina EN la cocina: sin duda un pequeño paso para la humanidad pero un gran paso para nosotros. Hubo un sábado en el que bajamos del ático todas las cajas de cosas de cocina, platos, utensilios varios y tesoros olvidados del ajuar. Lo abrimos todo religiosamente, limpiando y ordenándo cada cosa antes de elegir cuidadosamente qué iría dónde - qué cajón, qué armario o hacia el hangar para el próximo verano - y qué iría a la Ressourcerie... para seguir viajando.

Llegó entonces este domingo 20A en el que, como tal celestial barbudo en el séptimo día de su pequeña Sagrada Familia personal, nos tomamos la tarde libre: sentados al lado de la estufa, contemplamos la feina feta ¡i ben feta!

desde el 15 de abril en adelante (aunque faltan pequeños -y no tan pequeños- acabados): proudly introducing la cocina DESPUÉS!

Sembla que aixo és tot per avui, companys
Tornarem aviat amb més noticies...
Cuideu-vos molt tots,
¡Us estimem!
F. & W.


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* acerca del enllaç que falta: el que passa aqui és que el post encara no s'ha escrit - i tampoc s'escriurà sol, tu... paciència doncs!


** acerca del problema #01: como podrán apreciar, si bien no siempre antendemos necesidades en el orden establecido, no nos olvidamos de las prioridades... En exclusiva para ustedes, con cariño, con mucho arte, con estilo y sobre todo, con pintura natural i ecológica, problema: ¡resuelto!