Thursday, March 21, 2019

home(t)raveling: semaine 90

on boucle le cube (et on s'comprend)

Certains diront qu'on a du mérite d'ailleurs (de s'comprendre - tout le monde ne peut pas en dire autant). Traduction: quand on parle de "boucler" ou "fermer" le "cube", on fait référence - ci-après dénommée "le cube", donc- à l'habitation qui voit le jour avec la première tranche de travaux. Grâce aux conseils et l'accompagnement de nos super architectes et amis barcelonais, A. & M., on a découpé (sur le papier, hein) notre grande ruine en plusieurs ruines d'une taille plus raisonnable, auxquelles on s'attaque un front à la fois, ou presque. Parce que si on s'installe i-ci en pensant toute la journée à i-ça, on deviendra fous!

une surprise nous attendait en rentrant de la maternité...
Bref, la première phase, c'était de faire une boîte dans la boîte. Autrement dit, une habitation "petite" (un peu moins de 90 mètres carrés / un peu plus de 900 square feets, trémie d'escalier comprise) pour 3 personnes, à savoir: cuisine-salon-salle à manger et petite salle d'eau au Rdc, deux chambres et une autre salle d'eau au premier étage. Une fois celle-ci rénovée, bien isolée, propre et finie dans des délais 'raisonnables' histoire qu'on puisse s'installer et vivre confortablement malgré l'énorme chantier tout autour, on pourrait envisager le reste des phases sereinement. L'idée de 'rapide' finalement, c'est qu'il nous aura fallu grosso modo 2 ans et l'arrivée d'une troisième membre de l'équipe pour la boucler ; mais bon, les 6 mois qu'on avait prévu feraient rire aux larmes n'importe quel auto-constructeur/rénovateur. Et comme en plus, la division en zones/phases est relative et qu'on a été obligé de toucher à d'autres trucs avant qu'ils ne tombent ou parce qu'ils étaient tous connectés ; et comme en plus on a globalement bossé "en dehors" (travail rémunéré s'entend) un mi-temps chacun en moyenne ; et comme en plus, on a essayé de faire d'autres trucs genre voir des amis, faire du spo... Non, ça en fait pas trop, hélas. La tranche se termine, on va donc pouvoir reprendre une vie normale. Passons. Quand Tonga nous a rejoints, Futuna venait de finir (de justesse) une chambre pour nous trois. Mais en arrivant de la maternité, la deuxième, elle était comme ci-contre, là.

Il a donc fallu s'en occuper. La vider, remplacer les lattes de parquet trop abîmées (en utilisant celles qu'on avait récupérées en refaisant le sol de la salle de bain), poncer tout ça, vitrifier tout ça, découper et poser des plinthes, poser le radiateur sous la fenêtre, passer la couche de peinture finale sur les murs et au plafond, poser les appareillages des prises de courant et interrupteurs, jointer, isoler, fermer et "finitionner" (hum!) le caisson au-dessus de la fenêtre, normalement refuge à frelons asiatiques et cas d'école de pont thermique, habiller un peu la cheminée condamnée et faire de l'atelier provisoire du premier étage une pièce propre. Un beau défi avec les nuits des premiers mois et le délicieux raz-de-marée de la nouvelle vie à trois! Ça nous a pris une partie de l'hiver mais on y est arrivés:

Délignage/découpe des plinthes en chêne ; pose radiateur et tablette pour rebord de fenêtre ; nettoyage cheminée et vitrification parquet.

Pendant ce temps, de toutes façons, on vivait à nouveau retranchés dans la pièce d'en bas, pas bien loin du poêle. Quoique cet hiver-ci fut inédit: plutôt clément, en famille et avec un volume conséquent de trucs supplémentaires à caser dans ces 30m2: une table à langer, des couches, une bassine pour le bain, des cartons d'habits trop petits-trop grands-pas de saison-à trier-à donner-à rendre... On a donc décidé de finalement fusionner et faire se rejoindre les deux zones propres, en tache d'huile* et en tordant le cou au dernier chantier (vraiment) salissant de la phase 1: nettoyer et rafraîchir les murs et plafonds de la cage d'escalier et s'occuper du palier du RdC, juste entre l'escalier et la petite coquette et vieille rustique salle de bain d'en bas. Le premier pas, facile et cathartique, était de faire tomber le dernier bastion de faux-plafond dudit palier d'en bas. Bim! Lattis plâtré, poussière et souvenirs d'un lointain passé où l'isolation des plafonds se faisait avec des rafles de maïs, des feuilles mortes et... des crottes de rongeurs!

de gauche et à droite et sans plus de détours: avant, pendant (en bas), pendant (faux-plafond) et pendant (en haut)... l'après arrive! ;)
Charge de travail, de fatigue et de mal au dos oblige, on a choisi de se faire un peu aider pour cette étape. Faut dire que "peindre" veut dire, en réalité, décaper/gratter de vieilles peintures et de vieux enduits, ragréer/redresser de vieux murs en plâtre, boucher plein de trous et de fissures, enduire et - finalement - "peindre". Le tout en hauteur et en déséquilibre dans l'escalier, dans des délais raisonnables et compatibles avec une nouvelle vie à trois déjà mouvementée et à cheval entre le RdC et le premier... Bref, ce sont les frères C. qui sont venus nous prêter main(s) forte(s) - et quelles mains! On n'aurait jamais fait ça ni si vite ni surtout si bien, sans eux, sans leur organisation redoutable et sans leur bonne humeur. On les remercie chaleureusement, on leur doit une fière chandelle et un résultat proche de la perfection: il a bien fallu qu'on fasse quelques ratures et qu'on colle quelques défauts ici et là, sinon ils seraient partis en nous laissant une cage d'escalier toute neuve! Ah, les gens qui travaillent bien, j'vous jure.


quand un petit "avant/après" vaut mieux que de longs discours:
la cage d'escalier, colourful et lumineuse... même en pleine nuit - CQFD!
Avec l'escalier rafraîchi et pimpant dans son vert wakame (ça ne s'invente pas!) lumineux comme l'arrivée du printemps, on n'avait plus guère d'excuses pour ne pas célébrer la vie, le bonheur et tout le reste. On est donc montés reconquérir le premier et y prendre nos quartiers, bin... définitifs? Comme il y avait plein d'espace libéré dans le salon et qu'on avait déjà été obligés de vider la cage d'escalier de tout le bordel entassé ce qui y était soigneusement rangé, on a enfoncé le clou, monté une grande étagère dans la chambre 2 et on l'a chargée à bloc. On a rempli le placard de la chambre 1 et fait le vide puis un grand nettoyage de printemps des sols aux plafonds, fenêtres ouvertes et chansons aux lèvres. L'épisode suivant, ce sera de finir le faux-plafond du palier RdC et de la future salle de bain d'en bas, et de fini-gnoler quelques bricoles dans la salle. Mais ce sera pour l'épisode suivant!


ce moment où on peut -enfin!- passer le dernier coup d'aspirateur de chantier et le premier coup d'aspirateur domestique,
monter une étagère, la dépoussiérer avec un chiffon doux, ouvrir des cartons et poser des trucs propres sur le rayonnages...


Voilà. Un petit pas pour nous,
pas grand-chose de neuf
pour l'humanité...
On vous embrasse,
les 3 Un(t)ras



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* L'effet tache d'huile si cher à Wallis, c'est un concept de cercle vertueux de progression des zones propres et rangées qui, développé par Wallis et pour Wallis, plairait certainement beaucoup à Mary Kondo. En résumé, c'est le fait qu'on peut étendre petit à petit les zones finies et propres, en y stockant du propre et en libérant de la place dans une zone sale pour pouvoir la nettoyer et la rénover, jusqu'à ce qu'elle soit propre elle aussi et habitable et habitée et qu'elle permette à son tour de déplacer des choses au point de pouvoir attaquer une nouvelle zone, jusqu'à ce que blup! blup! elles deviennent toutes coalescentes et que la propreté se propage presque toute seule par contagion sympathique. Bon, cette dernière étape ne se vérifie que pour des maisons sphériques dans le vide à des températures proches du zéro absolu, mais on peut toujours rêver... :)